« La police est l’enfant chéri du pouvoir depuis au moins vingt ans ! » par Paul Rocher

23/09/2022

La police nationale voit ses moyens augmenter continûment, tandis que les passages à l’acte meurtriers de ses agents se multiplient en France, parfois lors de simples contrôles routiers. Syndicats ultra-puissants, socialisation par la violence, le racisme et le sexisme, Paul Rocher expose dans son nouvel essai, « Que fait la police? », qui paraît aux éditions la Fabrique, tout ce qui fait dérailler une institution plus que jamais chouchoutée par l’État à mesure que les politiques néolibérales sont moins acceptées par les populations

« Police nationale, milice du capital ! » Ce slogan fameux, qui a retrouvé un écho au sein du mouvement des Gilets jaunes, décrit bien le rôle de la police dans le cadre du capitalisme, comme l’analyse Paul Rocher dans son nouveau livre « Que fait la police ? Et comment s’en passer » (La Fabrique), paru le 9 septembre dernier. Pour QG, l’économiste tient à montrer à quel point la police est chouchoutée par l’État pour maintenir l’ordre établi, favorisant ainsi l’impunité en matière de racisme et de sexisme institutionnels, de violences policières. À ses dires, il y aurait un moyen de gérer l’ordre public sans la police, en s’inscrivant dans une dynamique de sortie du capitalisme. Interview par Jonathan Baudoin

Paul Rocher est économiste et diplômé de Sciences Po. Il est l’auteur des essais suivants: Que fait la police ? et comment s’en passer (La Fabrique, 2022) et Gazer, mutiler, soumettre. Politique de l’arme non létale (La Fabrique, 2020)

QG: Ces derniers mois, plusieurs personnes ont été tuées par la police suite à des « refus d’obtempérer » lors d’un contrôle routier. En quoi ce phénomène peut faire écho aux thématiques que vous développez dans votre nouveau livre « Que fait la police » ?

Paul Rocher : Bonne question. Pour commencer, si la police s’est placée au centre du débat public, c’est précisément parce que les policiers se voient reprocher des actes violents. Il me semble que ce qui se passe dans la police est une sorte de banalisation du recours à la violence. 

D’abord, si vous prenez les policiers, une majorité des gens qui décident de vouloir devenir policiers ont une conception uniquement répressive de leur métier. Ces personnes ont un goût pour la violence. Ensuite, la socialisation professionnelle est centrée autour de l’autorité, de la force. Puis il y a le fait que les dépenses d’équipement pour les policiers sont en très forte augmentation. Cela concerne tout type d’armes et l’accès à celles-ci facilite le recours à la violence.

On pourrait ajouter aussi la dimension raciale. On connaît très bien le fait qu’il y a, en France, une discrimination de cet ordre institutionnalisée au sein de la police. Certains de nos concitoyens sont, en quelque sorte, plus dans le viseur de la police que d’autres. Cela peut créer un effet performatif car quand on soupçonne d’office les personnes noires et arabes, le recours à la force est facilité.

QG: Eu égard aux données budgétaires que vous analysez dans votre essai, peut-on dire que la politique des gouvernements successifs depuis 2002 est : « Fermez des écoles, ouvrez des commissariats » ?

On pourrait le dire schématiquement ainsi, en effet. Plusieurs statistiques indiquent très clairement que depuis les années 1990, mais encore plus depuis 2002, les dépenses publiques pour les services de police sont en très forte augmentation : +35%… On est très loin du discours sur le « manque de moyens » dont la police serait la victime. En réalité, la police est l’enfant chéri des gouvernements depuis au moins 20 ans ! 

« Depuis 2015, chaque année est une nouvelle année record du nombre de policiers » Photo : Jeanne Menjoulet

Dans le livre, je montre que la part des dépenses dédiées à la police est en augmentation continue dans le budget de l’État alors qu’à l’inverse, pour ce qui est de l’éducation, on a une baisse continue. On peut déduire, à partir de ces données, qu’on remplace des enseignants par des policiers. Par ailleurs, on n’a jamais eu autant de policiers qu’aujourd’hui. Depuis 2015, chaque année est une nouvelle année record du nombre de policiers et selon les dernières annonces, en 2023, il y aura encore quelques milliers de policiers en plus, ainsi que pour les années suivantes. 

QG: Selon une étude de la Dares datant de 2016, 49% des policiers (nationaux ou municipaux) étaient syndiqués. Est-ce que cette syndicalisation importante dans la police explique le niveau de salaire plus élevé dans ce métier que dans le reste de la fonction publique ? 

Commençons par un constat. Les policiers, selon la Cour des Comptes, sont mieux payés que les fonctionnaires de catégorie équivalente. Une augmentation là continue depuis 2013, avec la revalorisation salariale des policiers. Est-ce à relier à l’activité des syndicats de police ? Sans doute, d’une manière ou d’une autre, même si les syndicats de police ont la particularité, dans le débat public, d’avoir des revendications particulièrement corporatistes. Ils insistent sur l’accroissement de marges de manœuvre pour le recours à la force, et parlent très peu d’amélioration des conditions de travail. Ce sont, en quelque sorte, des revendications contre le reste de la société qui subit très fortement les violences policières. 

On peut mentionner l’étude de l’Observatoire des street medics, la seule étude exhaustive dont nous disposons sur les violences policières, qui couvre la période des Gilets jaunes jusqu’au début de la contestation de la réforme des retraites. Soit une période d’un an et demi. L’Observatoire montre qu’environ 25.000 personnes ont été blessées par la police, dont 3.000 ont eu besoin des urgences. Si on ajoute les gaz lacrymogènes, plus de 300.000 personnes ont été blessées par la police. C’est la conséquence concrète des revendications des syndicats de police. C’est dans ce contexte-là qu’on peut inscrire l’augmentation du recours à l’arme conventionnelle, au pistolet, qui a fortement augmenté depuis 2017. Ces revendications particulières sont portées par les syndicats ayant beaucoup de membres (Alliance, Unité SGP, Unsa Police, etc.). 

Mais il ne faut pas oublier que l’État a intérêt à promouvoir et soutenir ses forces de police parce que dès lors que les politiques néolibérales consistent à redistribuer la richesse à l’envers, à prendre aux pauvres pour donner aux riches, le consentement à l’ordre établi s’affaiblit. Si l’État ne peut plus vraiment agir par consentement, il reste la force. Pour pouvoir utiliser la force, il faut des policiers nombreux, bien équipés, et plutôt contents dans leur travail. De ce point de vue-là, on peut dire qu’il y a concordance d’intérêts entre l’État et les syndicats de police. 

« Si l’État ne peut plus vraiment agir par consentement, il reste la force. » Photo : Kristoffer Trolle

QG: Est-ce que la police est réformable, notamment à travers sa formation ?

Pour savoir si le fonctionnement de la police peut être amélioré, je voudrais tout d’abord rappeler qu’en réalité, les policiers d’aujourd’hui sont mieux formés que dans le passé. Il suffit de voir le niveau d’éducation des policiers qui sont beaucoup plus nombreux à avoir fait des études supérieures. Cela participe d’ailleurs également à leur revalorisation salariale. Ensuite, selon les études sur l’institution policière, les policiers sont une partie de la population bien particulière, qui se caractérise par une vision autoritaire de la société, un goût pour la violence. En outre, les policiers n’acquièrent pas seulement les techniques du métier durant leur formation, mais reçoivent également une vision du monde. Cela signifie que si un policier n’est pas intentionnellement raciste, il apprend, durant sa formation, que la manière d’être « un bon policier », c’est de faire plus de contrôles d’identité vis-à-vis de certains publics plutôt que d’autres. La socialisation professionnelle du policier, c’est aussi d’être impressionné par les supérieurs, les collègues, ce qui débouche sur un esprit de corps, à la fois très étanche vis-à-vis de l’extérieur et très homogène à l’intérieur. Cet état d’esprit favorise l’impunité car les policiers tendent à se couvrir mutuellement.

De la même manière, ce que nous disent les études disponibles, c’est que le virilisme, le sexisme, sont des véritables piliers de l’activité policière. L’institution transmet cela à ses agents et c’est pour ça qu’on se trouve dans une situation où des policiers refusent très souvent d’enregistrer des plaintes pour agression sexiste ou sexuelle. Ou bien également dans une situation où des policiers sont plus souvent auteurs de violences conjugales. On a une institution qui crée des problèmes qui sont d’ailleurs dénoncés dans la société. La question de la formation me semble constituer le mauvais point de départ car en réalité, elle n’est qu’une conséquence alors qu’il faut s’intéresser à la cause, qui est l’institution en tant que telle.

QG: À la fin de votre livre, vous donnez en exemple des situations en Afrique du Sud ou en Irlande du Nord où l’ordre a pu se faire sans la police. Néanmoins, de nombreux écueils limitent ces expériences. Pensez-vous réellement que cela puisse être généralisable à l’avenir, en France comme ailleurs dans le monde ?

Pour commencer, je tiens à signaler que le livre montre qu’il n’y a pas de lien entre la présence policière et la baisse de la délinquance. Comme le disent les politologues ou sociologues spécialistes de la police, il y a un échec systématique à trouver une connexion entre le nombre de policiers le taux de criminalité : la police n’assure pas la sûreté. Au vu de ces constats, ce que traduit l’augmentation impressionnante des moyens pour la police en France, c’est une réorganisation autoritaire du pays, où les policiers ont une emprise dans le quotidien de la population.

Manif contre la « Loi Sécurité globale », Paris, 28 novembre 2020. Photo : Jeanne Menjoulet

Par conséquent, se pose la question de savoir s’il est possible d’envisager la gestion de l’ordre public autrement que par la police. Je me suis intéressé à des expériences en Afrique du Sud et en Irlande du Nord, où les populations ont décidé de s’organiser en-dehors, de contourner la police. Ce n’est pas une solution miraculeuse, mais cela permet de tirer quelques pistes. Celles qui me semblent les plus intéressantes sont que pour gérer l’ordre public, sans reproduire les travers de la police, il faut un lien étroit entre ceux qui sont en charge de l’organisation de l’ordre et leur environnement immédiat, leur quartier, leur commune. On est loin de la « police de proximité », dont on parle souvent en France, qui consiste uniquement en une appropriation policière des interconnaissances locales à des fins répressives. Or, dans ces deux expériences, la gestion de l’ordre est faite en fonction des besoins de la population. Bien évidemment, il s’agit de protéger les victimes de déviances. Mais il s’agit aussi de savoir pourquoi ces déviances peuvent exister. 

Ensuite, sur le plan plus organisationnel, ces deux expériences montrent qu’il est crucial d’établir un principe de rotation. La gestion de l’ordre ne devrait plus être, comme elle l’est aujourd’hui, un métier. Mais une fonction remplie à tour de rôle par les différents membres de la société. Cette rotation aurait pour effet bénéfique d’éviter toute logique d’esprit de corps qui favorise l’impunité et le fait que des policiers puissent être tentés de couvrir leurs collègues. 

Enfin, envisager un monde sans police ne peut pas être réalisé sans une transformation sociale plus large car comme le montre l’expérience historique, qui est développée dans le livre, l’existence de la police est immédiatement liée à la naissance du capitalisme, qui est constamment menacé par sa propre progéniture. À savoir, les perdants systémiques de cet ordre, que sont les salariés, les travailleurs. Mais, dernière mise en garde, une transformation sociale plus large n’est pas une garantie que l’ordre public sera organisé par une institution non-oppressive. C’est pour cela qu’il est important de s’intéresser aux particularités de la police actuelle pour savoir ce qui pose problème et ce qu’il faudrait, éventuellement, éviter si jamais l’on voulait un ordre social plus harmonieux.

Propos recueillis par Jonathan Baudoin

Photo en une : Jacques Paquier

À lire aussi

5 Commentaire(s)

  1. Article intéressant mais qui me laisse un peu sur ma fin.

    Notamment j’aurais aimé que soit approfondie cette notion « les policiers sont une partie de la population bien particulière, qui se caractérise par une vision autoritaire de la société, un goût pour la violence.  » qui est redit plus loin « les policiers sont une partie de la population bien particulière, qui se caractérise par une vision autoritaire de la société, un goût pour la violence.  »

    D’où ma question qui sont ces gens ? Et là j’aurais aimé que l’on nous apporte des données chiffrées comme par exemple les milieux sociaux dont sont issus les policiers ? est-ce que ce sont essentiellement des fils et des filles de parents force de l’ordre (policiers, gendarmes, militaires) ou d’où sortent-ils ? de même viennent-ils de la ville ou de la campagne ? y a-t-il des régions surreprésentées dans les effectifs policiers comme la Bretagne, ou la Corse (en gros d’anciennes régions défavorisées où être fonctionnaire permettait une ascension sociale voire simplement de vivre) enfin des données sur le type d’études faites : est-ce que ce sont surtout des anciens juristes ou résidents d’universités en sciences humaines qui ne trouvant pas de travail ou ne voulant pas faire le travail correspondant à leurs études font flics ou est-ce des vocations ?

    J’aurais donc aimé plus de détail afin de pouvoir établir un portrait robot du policier si il existe et comprendre à qui on à faire.

    Autre point soulevé « Cela signifie que si un policier n’est pas intentionnellement raciste, il apprend, durant sa formation, que la manière d’être « un bon policier », c’est de faire plus de contrôles d’identité vis-à-vis de certains publics plutôt que d’autres.  » Quid des policiers issus des minorités ? quel % représentent-ils notamment dans les différentes strates hiérarchiques ?

    Voilà un peu ce qui me laisse sur ma fin. Pour le reste j’ai fort heureusement peu d’interactions avec la police les rares que j’ai eus me laisse un sentiment mitigé. Autant quand il répondent à un appel pour par exemple du vandalisme comme récemment ils me sont plutôt positif (en espérant que ce ne soit pas eux qui ont commis le forfait en question, car après tout après les pompiers-pyromanes qui sait s’il n’y a pas des flics-voyous ? d’ailleurs en voilà un sujet non abordé dans l’article la présence des ripoux dans la police. Et on peut malheureusement pensé que plus il y a de flics, plus il y aura de ripoux même si le % reste inchangé mais qu’à force d’avoir des personnes au-dessus des lois, qui ont du pouvoir (dont un pouvoir léthale), et qui n’ont pas été recruté sur leur moralité ou vertus, de tels risques seront plus grands). Autant comme la fois où ils me contrôlât sur le parking de la fac (ce qui remonte déjà à près de 22 ans déjà) m’accusant à tort d’être un vendeur de drogue et se moquant de moi, ils me sont négatifs. Je dois dire que je me souviens encore de ce groupe de flics en civiles (d’ailleurs c’est bizarre d’être contrôlé par des flics qui ne sont pas en uniforme) qui m’ont fait bénéficié de la présomption de culpabilité, du simple fait que je cherchas la voiture de mon frère sur le parking dans une nuit noire et alors qu’il était en retard. D’ailleurs n’importe qui m’ayant parlé à cette époque de manière respectueuse aurait réalisé que j’étais innocent et juste un jeune garçon de 18 ans perdu dans cette fac.

    Au final je dirais que la police m’est quand même globalement antipathique, et que sans vouloir faire du délit de faciès je trouve qu’il y a une forte proportion de tête à claque, Et que quand Christophe Dettinger les a enchainés à mains nues malgré leur bouclier et leur casque, j’éprouvas une certaine forme de délectation. D’ailleurs je pense que si j’étais sculpteur je ferai une sculpture de Christophe mains nues contre les gendarmes équipés et je la nommerai « un peuple debout n’est jamais désarmé » ou « le triomphe de l’être sur la tyrannie ». Pour ma part si j’étais d’une meilleure constitution je voudrais bien en boxé (sur un ring et dans les règles quelques uns). Ceci dit chacun doit faire avec ses moyens et à défaut je me contenterai d’écrire jusqu’au jour où il me mettront peut-être en prison voire pire. Cela étant dit n’oublions jamais que quand des compatriotes se battent entre eux, les seuls gagnants sont les ennemis de la nation et le perdant est le pays. Et que dans une société civilisée, le règlement des différents devrait être pacifique, juridique ou sportif mais jamais violent. Le problème de fond est un problème démocratique, de représentativité, de dirigeants/d’élites qui œuvrent pour le pays et non leur caste. Et aussi il faut le dire un problème de justice aux ordres, cela on a pu le constater avec ce cas.

    Quant à savoir si on peut les remplacer (les policiers) ou les reformer…il faudrait commencer par le pouvoir politique auquel ils sont soumis et qu’ils protègent. En démocratie, il y a en théorie la possibilité du vote. Or on voit que Macron a été réélu et Darmamin reconduit…c’est à se demander si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et s’il ne faudrait pas partir. Mais pour aller où ? En tout cas si on prend les manifestations chez nos voisins, il semble quand même que par exemple les policiers allemands, italiens, espagnols, britanniques, belges, suisses, n’éborgnent pas leur compatriotes, et que leurs citoyens ne vont pas manifester la peur au ventre. D’ailleurs même en Russie on n’a pas vu de choses pareilles. Cela m’a un peu fait penser aux manifestations de Seattle à vrai dire. Y aurait-il quelque chose en commun entre les forces de l’ordre françaises et américaines ? en voilà aussi une question.

    1. J’ai apprécié lire ce commentaire qui questionne autant qu’il informe.

      « Y aurait-il quelque chose en commun entre les forces de l’ordre françaises et américaines ? » lance t-il en finale.

      On se souvient de Sarkozy et ses réformes qui ont « americanisé » le comportement des policiers à l’égard des civils sans histoires en instaurant le « vouvoiement » et autres codes de tenue qui visaient à renforcer la distanciation et l’affirmation de l’Autorité. Depuis quand vous cherchez à vous expliquer face à un contrôle même benin, l’officiant vous soupçonne de vouloir le corrompre et abat le rideau de fer. Plus moyen d’établir un simple échange humain avec la maréchaussée, qui met davantage en vue ses armes et sa froideur reptilienne. Un comportement typiquement US. On ne discute pas avec un flic aux Usa, on obtempère car il a toute latitude pour sortir son arme. Même lorsqu’il vous interpelle parce que vous traversez à pied la rue au vert.

      Des films goguenards comme « La septième compagnie » avec Louis de Funes sont impensables aujourd’hui, en Amérique comme en France. « Les Ripoux » de Claude Berri mettant affectueusement en scène deux flics pourris, preuve s’il en est du lien qui existait avant entre le Police et sa population, ne ferait plus salle comble et serait même peut-être décrié. Le public a évolué aussi. Depuis les GJ et les manifs antipassvax, « tout le monde déteste la Police ». Elle s’est retranchée derrière des rangées de boucliers CRS. Elle s’est cloisonnée et aujourd’hui elle se militarisme. Elle se durcit comme se durcit le régime, creusant davantage l’écart avec le peuple. Jusqu’où ? Jusqu’à l’affrontement ? Elle est issue du peuple, elle aussi. Saura t-elle s’en souvenir ?

      1. Merci Eric.

        Je ne suis pas surpris que Sarkozy l’américain, celui-là même qui méprisant des Français (qui le lui rendaient bien) tout en faisant des courbettes à Obama (qui lui aussi le rendait bien à sa manière en l’humiliant) cherchait à américaniser les forces de l’ordre au regard de sa fascination pour ce pays et particulièrement sa matraque. Celle-ci ira jusqu’à envoyer un de ses enfants à l’académie militaire de Westpoint (je suppose que c’est lui qui a payé les frais de scolarité ? à moins que ce ne soit Kadhafi ?)

        Cela est en effet une piste. Mais je pense qu’il y en a d’autres. Comme par exemple le fait que les robocop français et américains se ressemblent dans leur matériel, indique sans doute qu’il y a des fournisseurs communs, français et/ou américains, mais plus américains quand on voit par exemple les tasers made in USA (en voilà une belle invention). C’est par ailleurs un marché énorme, avec des salons qui se tiennent comme pour les militaires.

        Autre piste on sait que les policiers sont formés tout au long de leur carrière, ils reçoivent tout un panel de formation, or soit celles-ci sont communes aux deux pays avec des sous-traitants internationaux à la Mc Kinsey, soit que les doctrines d’intervention et les modalités s’influencent, il y a des auteurs, des idéologues sur ces questions (surtout dans le sens copier ce qui se fait aux USA).

        Inutile de rappeler l’histoire et la proximité historique entre les USA et la France qui de nos jours s’est clairement transformé en vassalité. Néanmoins ce sont parfois les USA qui copient le pire de ce qui vient de France. Par exemple Trump a fait plus que s’inspirer de Le Pen, allant reprendre ses concepts comme la préférence nationale, son pays d’abord, la stigmatisation des étrangers… De même la gauche française (le fameux UMPS) s’inspire beaucoup des démocrates américains. Obama a validé Macron allant soutenir sa candidature, ce qui pour tout français averti du fait qu’Obama ne défend que les intérêts américains, aurait du les alerter. On voit aussi que les démocrates avec leur matraque fiscal, juridique, leur fanatisme LGBTQ ont une grande proximité avec la gauche française.

        Au final je pense bien qu’il y a une communauté de valeurs, de biens, de méthodes, d’une rive à l’autre de l’atlantique. Pensons par exemple au spot publicitaire de l’armée française ou à leur stratégie de recrutement qui a allégrement copié celle des USA avec quelques années de retard.

        Or quand on connait la réalité des forces de l’ordre américaines, cela devrait nous inquiéter au plus haut point. Et on voit sans surprises que d’un coté à l’autre, il y a la volonté de toujours plus d’emprisonnement, de répression des masses paupérisées et d’une utilisation particulière de la « violence légitime ». Souvenons-nous que quand la police française jetait des algériens à la seine, de l’autre coté les américains exerçaient aussi une répression sur les mouvements des droits civiques pour les noirs. Et que les deux à cette époque était en bon terme avec le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

        D’un coté avec l’histoire d’oppression des noirs (dont il faut rappeler que la Louisiane était un des pires endroits pour eux) et de ce coté avec les colonies puis les descendants de l’immigration, il semble qu’il y ait une logique commune qui a perduré au cours de l’histoire. Celle d’opprimer les plus faibles mais surtout de faire perdurer les injustices notamment sociales. Fox News et Cnews même combat sans surprise là aussi. D’un coté ce sont les hispaniques, les noirs qui sont responsables de tous les maux, ici ce sont les arabes et les noirs. Partout la même répression, la même violence, et donc la même matraque.

  2. Article assez glaçant qui jette un pavé dans la mare : malgré les moyens et avantages dont elle dispose, « la police n’assure pas la sûreté ». Alors à quoi sert-elle ? À soutenir un État autoritaire ?

    Question. Qu’en est-il de la gendarmerie ? Ce corps attaché à la sécurité est il dans les mêmes dispositions et le même état d’esprit que La Police Nationale ? Mathieu Rigouste rappelait dans une iTV sur QG l’an dernier (video intéressante à visionner en complément de cet article : https://qg.media/emission/des-quartiers-populaires-jusquau-covid-la-ferocite-policiere-quartier-libre-avec-mathieu-rigouste/) que la Police Nationale fut créée en 1942 sous Vichy et qu’elle porte dans ses gènes la matrice de ce régime. On ne s’étonnera donc guère de ce qui est dénoncé ici.

    Autre question, complémentaire de la précédente. Sur quel territoire se déploie principalement la Police ? Dans les mégapoles où se concentrent les lieux de pouvoir il me semble. Dès lors il me paraît clair que la sécurité qu’elle sert est d’abord celle du régime et de ses dignitaires. La population n’a qu’à bien se tenir, la police veille armée sur la ville. Désormais avec blindés, surveillance robotisée, traçage numérique et tutti quanti. Sur la ville…! Mais dans les campagnes, les territoires comme on dit, qui veille sur qui sur quoi et avec quels moyens ?

    Une remarque en guise fin. Les GJ ont surgi sur les ronds-points périphériques et se sont déversés dans les villes où ils ont échoué leurs vagues contre les rangées de CRS et les murs des médias. Les convois de la liberté au Canada et en France ont pu occuper massivement les routes et se déployer sur de larges portions de territoire, mais ils ont de même été stoppés aux portes de la Capitale par de vieux blindés aujourd’hui remplacés par 91 engins de guerre, et ont fini ridiculisés par les médias dominants. Sur quel terrain et dans quelle dynamique se jettera ou s’engouffrera la prochaine vague populaire qui tentera de mettre à bas ou changer le pouvoir ? Des deux côtés les forces mutent. La police s’arme, se blinde et durçit le ton et les médias se murent dans les contrefaçons. Que fait le peuple ? Il semble attendre qu’on lui dise « par ici la sortie »… ou l’entrée dans Paris.

Laisser un commentaire