« Affaire Lyhanna : la justice est-elle coupable ? »Avec Aurélien Martini et François Boulo
Émission du 06/07/2026
Il y a des drames qui, au-delà de l’horreur qu’ils inspirent, agissent comme des révélateurs de l’état de nos institutions. L’affaire Lyhanna est de ceux-là. Le principal suspect, Jérôme Barella, déjà mis en cause dans d’autres procédures, a immédiatement été placé en détention provisoire. Alors qu’une émotion légitime s’emparait du pays, le pouvoir exécutif s’empressait de mettre en cause l’institution judiciaire, accusée d’inaction. Gérald Darmanin pointait du doigt des « fautes professionnelles » avant même les conclusions des inspections. Emmanuel Macron balayait la question du manque de moyens en invoquant des hausses de budget sous sa présidence. Les violentes charges contre les magistrats se succèdent, la justice française est devenue un bouc émissaire pour les politiques. Pour en parler, François Boulo a reçu Aurélien Martini, magistrat et secrétaire général adjoint de l’Union Syndicale des Magistrats (l’USM)
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2 Commentaire(s)
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Il y a 2 millions de textes normatifs en France, et cela ne cesse de s’accroître. A pénaliser tous les comportements, il n’est pas étonnant que la Justice sature.
côté pile: fin 2017 je vais échanger avec des homologues allemands à Erfurt et je m’empare d’une brochure qui explique qu’il y a 21000 magistrats dans ce pays. (de 83 millions si ma mémoire est bonne, contre 8000 alors dans un pays de 67 millions d’habitants)
Côté face: M. Boulo vous répétez le mantra du manque général de moyens sur tout et sur rien. Notre magistrat du syndicat du « mur des cons » a très bien dit que si l’on dit que quelque chose est prioritaire, il faut dire ce qui ne l’est pas. Donc je m’interroge sur votre observation: dans ce pays où le taux de prélèvements obligatoire est le plus élevé et où le déficit budgétaire est proche de 6% du PIB, quel secteur de dépenses n’est pas prioritaire?
Je ne m’attendais pas à ce que votre invité le dise, ce n’est pas son rôle, à juste titre, mais je crois que dans votre rôle de débateur, cette réflexion eût été pertinente.