« Et si on parlait d’une seule voix en 2022 ? » – Live spécial présidentielle avec Mathilde Imer et Priscillia Ludosky

Émission du 09/06/2021

À l’automne prochain, les citoyens sont appelés à désigner leur candidat pour défendre la justice sociale, le climat, et restaurer la démocratie. Ce dispositif inédit, en marge des partis, s’appelle la Primaire populaire. Pour l’évoquer, Aude Lancelin a reçu en direct Mathilde Imer, porte-parole, et Priscillia Ludosky, Gilet jaune et soutien du projet

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11 Commentaire(s)

  1. Pas d’accord avec Priscillia sur  » les partis, c’est de la merde » parce que clivants… quand on veut faire de l’écologie radicale, c’est forcément clivant !
    Une partie d’EELV ou LFI portent des mesures ultra clivantes, ils sont qualifiés de Khmers verts par la droite… Reconnaître que le capitalisme est à la source des problèmes sociaux et environnementaux, c’est clivant car bon nombre de gens ne voudront pas regarder la réalité en face !

    Quand à organiser une primaire populaire avec la gauche et la droite… on est dans la confusion totale. Comment concilier des points de vue contradictoires ? des capitalistes et des anti-capitalistes ? des écologistes qui veulent changer de système économique et ceux (à droite) qui veulent juste du capitalisme vert, un peu de tri par çi par là pour faire bien …? je ne comprends pas

  2. Tentons de rester calme !
    Donc, j’ai eu un choc au cours de cette interview : Priscilla !!!! Elle a dit, elle a asséné « Les partis c’est de la merde », sans aucune nuance; tout le monde dans le même sac ! Las ! elle est en train de perdre un supporter jusque-là inconditionnel ! Mais elle est fatiguée ou quoi ? Fatiguée sans doute, comme elle l’affirme à plusieurs reprises en cours d’interview ! Militer dans un parti serait d’ailleurs moins fatiguant car il y a une infrastructure en place qui aide l’action de chacun ; il y a une division du travail qui – quoi qu’en pensent certains anarcho-nihilistes mal politisés – constitue une force productive considérable, même s’il y a certaines frustrations inévitables associées à cette division. Un peu de frustration n’est pas mortel.

    Ce mouvement des gilets jaunes a été une nécessité, un besoin, une aubaine politique. Rien, strictement rien, ne doit en être renié. Blâme à ceux qui ne l’ont pas soutenu, et honte à ceux qui l’ont combattu.

    Mais ce mouvement des GJ accouche d’une nouvelle étape qui en révèle des côtés positifs et d’autres négatifs. Le grand élan est passé, et le mouvement, ou ce qu’il en reste, passe à une étape qui en révèle les contradictions déjà présentes à l’époque même de la fureur initiale. Et voilà que, paradoxalement, en passant à une nécessaire étape d’organisation (le fameux vote populaire, « populaire » semblant se démarquer habilement et faussement des votes « partisans »), il renie le fait organisationnel de la politique, cad il renie carrément les partis politiques et les nuances d’opinion qui traversent le peuple !!! Voilà un bel exemple de ce qui s’appelle « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Ce ne sont pas les partis qui salissent l’eau du bain, c’est le fonctionnement et la structure sociale, cad la loi du marché et la domination de classe de la bourgeoisie.

    Les partis sont nécessaires. Si le grand débat, par exemple, a fait émerger des propositions écologiques pertinentes, c’est que ses propositions existaient déjà dans la société, dans les médias, qu’elles avaient eu aussi l’aval de certains partis qui s’étaient positionnés et avaient créé « du » débat ; et même si elles ont été produites scientifiquement par des spécialistes, des scientifiques, a priori neutres, c’est parce qu’eux-mêmes savaient qu’ils pouvaient compter sur l’appui de certaines forces politiques, cad des partis (de gauche, essentiellement, puisque toutes les conclusions scientifiques indiquent indirectement que la catastrophe écologique actuelle est imputable à l’ économie de marché et à l’affaiblissement de l’Etat par l’économie de marché). D’ailleurs, concernant les idées, les GJ les plus pertinents en viennent à se marxiser sans le savoir (François Boulo).

    Mais quelles sont les idées initiales et tenaces de GJ, outre les 10 points ?
    – Tout d’abord, de façon chronique, le refus de représentants !
    – La peur d’être récupérés par les partis !
    – Et aussi, l’idée de mettre l’accent sur … les idées, les idées considérées comme suffisantes pour créer un courant de révolte sur des objectifs ponctuels (car on ne croit pas à la révolution qui nécessite obligatoirement un parti et une vision solide et globale à long terme).
    Actuellement tout cela est porté par une figure emblématique et puissante des GJ : François Boulo. François Boulo qui a de fortes chances d’être désigné par un vote populaire. François Boulo qui a évolué quant aux idées économiques et sociales (marxisation). Mais qui croit à peine aux leaders, et encore moins en l’organisation. Autant dire qu’il va dans le mur. Ce qui est de la merde, ce ne sont pas les partis qui encouragent les révoltes, ce sont les révoltes sans autres perspectives que la révolte et/ou des intérêts catégoriels.

    On croit rêver face à l’idée de désigner des leaders non volontaires !!!! donc un leader à qui les idées seraient imposées par un comité … d’arrière-plan ; un comité de surveillance, donc une division du travail (comme dans les grandes entreprises).
    Mais, que diantre ce comité de surveillance ne se positionne-t-il pas comme leader lui-même ? C’est facile de fixer des objectifs partiels sans se mouiller dans leur réalisation qui achoppera forcément sur des contradictions imprévues et ingérables. On voit bien que ce montage tend à positionner le leader comme un exécutant. Y’a quelque chose qui cloche là-dedans ! Heureusement que Mélenchon a refusé ce piège. Je le soutiens et voterai pour lui, même s’il n’est pas révolutionnaire ! Il a fait preuve ici d’une grande maturité, car on l’a clairement pris pour un con en lui proposant de se « soumettre » à cette primaire. Quel foutage de gueule (non étonnant d’ailleurs de la part de ceusses qui détestent les partis ! La stratégie est ici très claire) !

    Non, nous ne sommes pas tous égaux en matière de leadership politique, ni en matière de réflexion intellectuelle : ce qu’ont fait Marx et Lénine, tout le monde n’aurait pas pu le faire ; y’a pas de honte à ça ! la vie et l’égalité sociale sont des combats auxquels participent des participants inégaux, combats où chacun trouve sa place au sein d’une organisation ; c’est dans le processus de construction d’une organisation que chacun doit être à sa place en fonction de ses forces (être à sa place, ça veut dire « réussir » dans cette place, cad être satisfait soi-même tout en satisfaisant les attentes de l’organisation). Mais refuser la force productive cad le pouvoir d’agir d’une organisation, c’est de la folie douce ! Tout ce qui fonctionne bien se fait au sein d’une organisation qui procède à un minimum de division du travail.

    Cette évidence n’est pourtant pas saisie par tous les gilets jaunes car les GJ réunissent des catégories sociales légitimement mécontentes mais différentes ; cad qu’en leur sein, l’implicite de classe n’existe pas : méfiance, crainte d’être critiqué ou dominé par une autre catégorie sociale au sein du mouvement etc …. Entre le salarié pauvre, le salarié aisé (cadre, prof agrégé, …), le petit bourgeois non capitaliste, parfois pauvre, mais parfois aisé (profession libéral, petit paysan, autoentrepreneur, …), le bourgeois petit capitaliste cad employant des salariés (petit entrepreneur, et même cadre supérieur ayant des employés de maison pour payer moins d’impôt), il n’y a pas que des points communs, loin de là ! Ce qui explique l’impossible entente sur un représentant et sur des objectifs.

    Priscilla ressaisis-toi !

    1. Suis d accord avec tes remarques. Plus j y reflechis , plus je pense , et c est paradoxal pour Priscilla qui dénonce les Partis, que si les appareils du PS, des Verts, du PCF, de la CGT (car je connais certains des cadres CGT qui ont participé a l élaboration de la plate forme) sont, eux , favorables à la primaire, c est avant tout pour isoler LFI. C est pour eux une simple manoeuvre electorale. Ils misent eux aussi sur le fait qu aucun mouvement populaire réel qui les déborderait ne pourra se construire si près des elections , eux mêmes oeuvrant pour diviser a tour de bras (voir ce que j appelle les cagades de la Gauche)

      1. Oui, il y a là-dedans une tentative de division, donc d’affaiblissement. C’est très très grave. Que le PS et les Verts soient des saligauds et rament pour le binôme Macron-LePen, ça c’est dans l’ordre des choses ! Mais que le PCF et la CGT brouillent ainsi les messages, là je ne comprends pas.

      2. C’est sûr, voilà ce que dit une militante CGT (qu’individuellement je respecte totalement, car les militants y font un excellent et utile travail syndical) sur l’interview, par QG, d’Emmanuel Todd qui, lui, dans l’interview, dégueule sur Mélenchon en le mettant – rien que ça – au même niveau que Macron :

        Annick Jeannette-Stiti dit :
        8 juillet 2021 à 17 h 08 min

        Merci E. TODD vraiment excellent. Analyse, justesse du propos, humour et bon esprit. Je suis bien d’accord avec vous et j’ai également jubilé à la vision de cette baffe vengeresse et me suis roulée de rire à l’écoute des propos ridicules des pseudo-analystes politico-médiatique suite aux dernières élections ; je me sens moins seule de ce côté ci.
        J’attends avec impatience votre prochain ouvrage.

  3. Je comprends parfaitement la démarche, mais, disons le comme ça, j’y crois pas malheureusement. Je me reconnais dans les objections de Jacques Soyer, qui, lui, est prêt à s’y investir malgré tout. C’est tout en son honneur. En fait, ça me rappelle l’initiative de François Boulo d’il y a un peu plus d’un an. J’y ai cru, je l’ai suivi en tant que GJ… et force a été de constater son échec. La dynamique populaire ne pouvait s’enclencher qu’à partir des GJ, en créant un rapport de force extérieur aux partis, s’adressant à toutes et tous, y compris aux appareils des partis, rassemblé autour d’une plate forme. J’espérais que l’ADA 6 prévue en 2020 et malheureusement annulée pour cause Covid puisse relayer l’initiative Boulo. Notre groupe GJ avait fait une contribution ADA6 en ce sens. C’en n’a jamais pris le chemin. Un mouvement populaire à un an des présidentielles, c’est trop court. L’abstention a pris des proportions titanesques, signe, pour moi, d’un réel découragement, d’une banalisation de la marche vers la fascisation du régime. Ajouté aux cagades de la Gauche (13 mai Darmanin-flics-RN-PCF unis), le discours Castex applaudi par tous les députés solidaires du gvt après la claque Macron, la manif confusionniste anti-RN (et finalement, servant Macron « seul rempart crédible contre RN »), tout ça est décourageant. Je voterai Mélanchon, mais vraiment, vraiment, par défaut. Je sais, je ne suis pas en phase optimiste, et pourtant je me retrouve en manif tous les samedis avec les GJ. Je ne lâche rien… mais, tout autour, ce sont les autres qui lâchent.

  4. Bravo MESDAMES,
    Enfin une lueur d espoir…merci de l intérêt que vous portez aux français que nos élites méprisent…
    .je formule le souhait que votre projet se réalise…….MAIS le pot de terre est toujours cassé par le pot de fer………BON COURAGE .

  5. Une initiative intéressante et je veux bien y participer. Il faut tout tenter. Toutefois, je formulerai quelques réserves ou suggestions :
    1 – l’implication dans le processus ne sera possible que pour les français disposant d’un revenu leur permettant d’accéder à Internet. Donc critiquable, par les médias, pour son manque de représentativité.
    2 – Les conditions actuelles du système médiatique français ne permettra pas d’offrir une visibilité suffisante du projet.
    3 – La stratégie envisagée, en créant éventuellement une nouvelle « candidature de changement » viendra encore affaiblir la candidature qui était en 2017 la mieux placée pour éviter le néolibéralisme et le capitalisme outrancier (ce que j’appelle toujours la gauche, ou la vraie gauche – pour moi le PS et une partie d’EELV ne sont plus de gauche – effectivement ce mot gauche, depuis Hollande, rend la communication plus difficile, d’où ma parenthèse). En 2017, si Hamon (PS) ne s’était pas maintenu, JLM était certainement au second tour et nous aurions une nouvelle constitution. En 2012, le PS nous « bassinait » avec le vote utile, cette fois le vote utile c’est bien LFI.
    4 – En écoutant les attentes des deux invitées, je constate que le programme l’AEC (construit avec beaucoup de partisans et ouvert à tou(te)s celles et ceux qui veulent l’améliorer, en s’impliquant dans « Action populaire » et dans « Nous sommes POUR ») répond à leurs attentes. Notamment avec cette proposition de mise en place d’une constituante.
    5 – La stratégie que je conseillerais est d’aider la candidature LFI en demandant que la constituante soit intégralement composée de citoyennes et citoyens tirés au sort. Puis dans un second temps, si JLM est élu, faire pression pour le tirage intégral de la constituante (si pas obtenu dans l’évolution de l’AEC) et faire pression aussi pour venir alimenter les constituants de toutes les idées issues des GJ ou du Vrai débat, auquel j’ai participé.
    6 – Pourquoi soutenir la candidature de JL Mélenchon ? Comme je l’ai déjà écrit, c’est le vote utile pour exclure le RN et Macron (ou une copie de ce dernier vendue par les médias télévisuels). Il est relativement bien connu des français (dans ma ville, pourtant celle de Darmanin, il est arrivé en tête avec 28%). Il « bénéficie » des attaques des médias, mais on le laisse quand même parler, ne serait-ce que pour faire de l’audience.. En sera-t-il de même pour les initiateurs de Prmaire populaire ?
    7 – Voilà certainement pourquoi la stratégie n’est pas acceptée par LFI. Ils savent aussi (voir le cas Hamon) qu’une primaire présente des dangers. Il faut aussi penser à toute l’énergie dépensée par les militants et les élus FI pour sortir des griffes du néolibéralisme et se retrouver à proposer un programme bien en deçà du leur est chose difficile à accepter.

    Pour terminer, je ne peux pas passer sous silence un sentiment que j’éprouve en écoutant les invitées (surtout Priscillia) : leur position anti-parti et leur investissement dans leurs projets respectifs sont tels qu’elles n’ont certainement pas l’occasion de suivre la vie parlementaire et les productions des différents partis politiques. Ceci écrit, je ferais ma part pour répondre à leur demande et je visiterai leur site. Je voterai en choisissant comme candidat JL Mélenchon, si je ne suis pas tenu de signer un engagement pour ne défendre que leur dix propositions.
    Et enfin, j’attire l’attention des deux invitées sur le caractère peut-être malicieux de tous ces partis, dits de gauche, qui ont accepté de jouer le jeu 😉 : c’est un bon moyen, pour ces partis qui ont peur de JLM de l’enfoncer. JLM fait peur aussi à Macron, ce qui explique les attaques subies (je ne suis pas étonné que Génération-S n’ait pas répondu – Hamon regrette peut-être son maintien de 2017 ;-)).

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