Pour accéder à ce contenu veuillez vous connecter ou vous abonner

Macron ou le séparatisme des riches – Quartier LibreAvec Monique Pinçon-Charlot

Émission du 12/05/2022

Emmanuel Macron gouverne pour les 10 % les plus riches. Un constat que démontre la sociologue Monique Pinçon-Charlot dans ce grand entretien avec Aude Lancelin. Auteur de nombreux livres sur la classe bourgeoise avec son époux Michel, comme le best-seller « Le président des ultra-riches », notre invitée expose la « stratégie du choc » présidentielle. Gilets jaunes, Covid, retraites, toutes les crises du quinquennat ont été marquées par de violentes répressions, une pensée unique dans les médias, et une complicité sans faille avec le CAC 40. Monique Pinçon-Charlot met en lumière une lutte des classes où l’élite se serre les coudes et porte les coups. À voir absolument !

À voir aussi
À voir aussi

13 Commentaire(s)

  1. Un pur moment de bonheur, même si les constats et les perspectives sont sombres. Quelle femme charmante, quel couple émouvant et attachant !… Comme je regrette de ne pas avoir accès au film, dont le beau titre effectivement est un petit poème à lui tout seul. Merci Aude, toujours parfaite à tous égards, pour cet entretien dont la lumière n’est pas absente, parce que les Pinçon Charlot sont aussi doués pour le bonheur. C’est une autre leçon dont nous devons nous inspirer !

  2. Monique Pinçon-Charlot est limpide ! Du « communisme à deux » ( jolie formule pour son histoire d’amour et de travail avec son mari ) à sa description de l’oligarchie qui s’auto-contemple en son « miroir de l’excellence », là où « il n’est plus besoin de démocratie » tant les gens se soutiennent  » dans l’entresoi  » d’une solidarité de classe sans « faille », il se pratique, comme Monique Pinçon-Charlot le dit, pertinent paradoxe ;-), le « communisme du bois de Boulogne. » Aude Lancelin reprendra cette expression à la fin de l’entretien pour appeler à « créer une sorte de cercle du bois de Boulogne » du peuple de gauche. 🙂
    Pour Monique P-C qui se dit écartée, et qui l’est !, des médias, on peut imaginer que le dernier prétexte a dû être sa courte participation ( vite regrettée quand elle en a compris le piège ! ) au documentaire à tonalité complotiste  » Hold-Up »…
    Mais en vérité, leur travail d’investigation, accompli pendant des décennies sur l’oligarchie, joint à l’engagement résolument à gauche du couple de sociologues est la véritable raison de cet éloignement ( comme celui d’autres esprits libres évoqués par AL dans l’heure ). On apprécie d’autant plus l’invitation de QG et cette interview.

  3. Monique Pinçon-Charlot est limpide ! Du « communisme à deux » ( jolie formule pour son histoire d’amour et de travail avec son mari ) à sa description de l’oligarchie qui s’auto-contemple en son « miroir de l’excellence », là où « il n’est plus besoin de démocratie » tant les gens se soutiennent « dans l’entresoi » d’une solidarité de classe sans « faille », il se pratique, comme Monique Pinçon-Charlot le dit, pertinent paradoxe ;-), le « communisme du bois de Boulogne. » Aude Lancelin reprendra cette expression à la fin de l’entretien pour appeler à « créer une sorte de cercle du bois de Boulogne » du peuple de gauche. 🙂
    Pour Monique P-C qui se dit écartée, et qui l’est !, des médias, on peut imaginer que le dernier prétexte utile aux censeurs masqués, 😉 a dû être sa courte participation ( vite regrettée quand elle en a compris le piège ! ) au documentaire à tonalité complotiste « Hold-up » …
    Mais en vérité, leur impressionnant travail d’investigation, accompli pendant des décennies sur l’oligarchie, joint à l’engagement résolument à gauche du couple de sociologues est la véritable raison de cet éloignement ( comme celui d’autres esprits libres évoqués en fin d’heure par AL ). On apprécie d’autant plus l’invitation de QG et cette interview.

  4. voilà encore ou il m’a semblé bien bon de se sentir désiré ‘ensemble ‘ ,,

    au fil de ces échanges et partages plein de vérités (retour à l’histoire et sincérité des ces propos là ) énonçés avec clarté et simplicité ,, c’est avec un regard chaud et bienvenu que j,en viens à marcher ,, plus en avant ,,!!

    quelque chose doit changer ??????

    , graçe aux pas de notre intervenante et à l’accompagnement précieusement posé (merci de ce retour vers Brecht et Sénéque,, )
    grace à Aude qui nous rappelle ,, ‘que nous avons à nous ‘serrer les coudes ‘

    .j’ai noté et relevé avec une joie simple des expressions sensibles au coeur de l’humain que nous sommes ,et qui viendront à forger ,, dans cet »ENSEMBLE »
    …………. en restant respectueux à l’égard des combats divers ,,,
    ……. .. .en sortant de nos divisions ,,et en reconnaissant qu’elles sont instrumentalisées ,,
    …….. …en ouvrant des débats et de la complémentarité..
    ……… en osant dire ,, que oui ,,il est grave aujourdh’ui de ne plus pouvoir s’exprimer librement ;; ,,

    j’ai trouvé ici un partage de belle envolée qui dévoile bien sur,, l’ inquiétude sur le ‘CELA’ qui nous attend encore ,
    j’ai trouvé aussi , un sentier ou nous pouvons choisir de marcher POUR et AVEC les autres d’oû qu’ils viennent ,,

    ……..; belles suites d’heures à QG ,à AUDE ,,et à tous commentateurs et abonnés ,,

    la Vie se vit là en union en ce moment de volonté de changement, dans nos réflexions communément partagées ,, éclairant le chemin,,,,
    pareilles à ces petites lampes dont les jardins et balcons aiment à faire vibrer les lumiéres ………………..
    ………………… dameB

  5. Six semaines qu’il n’a pas plu dans ma contrée. J’ai troqué la scie et le marteau pour la pelle et la faux et depuis j’enchaîne les journées de labeur au jardin comme un forçat. « Salut le bagnard ! », me hèle mon voisin quand il rentre de sa journée de travail. « T’en es où de ton carré potager ? Faut te dépêcher mon gars ! Si tu plantes pas maintenant, rien ne poussera ! La Nature a ses lois. Si tu les respectes, t’auras des chances d’avoir quelque chose dans ton assiette, sinon tu seras bon pour la diète ! ». Alors j’ai mis les bouchées double et sacrifié le temps de pensée qui emplit ma tête (que je passe pour beaucoup sur QG), à ce qui remplira ma panse pour les fêtes. 《L’homme ne se nourrira pas que de pain…》, mais il s’en nourrira quand même ! Tout ça pour dire que pour reprendre le calame en cette pause dominicale, il m’a fallu une sacrée flamme. Et ce duo de voix douces et posées, sous des dehors avenants et convenables, a jeté sur le mal qui ronge nos sociétés profondemment divisées, un vif éclairage à la loupe, concentrant ses rayons clairs sur ce noir de charbon qui étreint et grève le cœur de notre humanité. Son étroitesse d’esprit, pour ne pas dire sa cécité !

    Comment nommer autrement cette morgue et ce mépris, vu sous le prisme du « mépris de classe » ici, cette culture de l’entre et du quant-à-soi qui engendre sentiment de (fausse) supériorité, rejet et exclusion de ceux qui ne partage pas nos vues et nos vies, particulièrement vivace au sein de la classe possédante et dirigeante que l’on nomme communément aujourd’hui « classe bourgeoise » (sujet d’étude de Monique Pinçon-Charlot et son mari Michel avec lequel elle forme un couple hors-cadre, et objet de cet entretien avec Aude Lancelin, journaliste alerte confinée à la marge, les deux ayant en commun d’avoir été mis à l’index pour avoir pointé du doigt les travers et les vices de cette « haute société »), qui légitime sa prétention à la gouvernance et justifie son calfeutrage dans ses bourgs et la mise au ban des mal famés dans les quartiers et les « Territoires », loin des lieux d’aisance et de pouvoir, au nom de l’éphémère puissance que lui procurent ses biens et de la supériorité que lui confère sa prétendue « intelligence », suscitant et provocant au passage par sa rapacité et sa dureté de cœur, éternelles faim de Justice et soif de vengeance chez ceux qu’elle ignore, malmène et regarde de haut ?

    Comment sortir de ce cercle vicieux, qui fait depuis toujours l’Histoire, qui n’est soit dit en passant que l’histoire des pouvoirs, et nous contraint tous, peu ou prou, à vivre dans des lieux clos ou survivre dans des enclos dont les murs et les haies dressées sévissent d’abord dans nos têtes, en particulier dans le regard où elles prennent racine et jusque dans nos oreilles qu’elles durcissent à l’extrême ? La surdité et l’arrogance du jeune Macron qui confinait à la morgue à l’égard des centaines de milliers de manifestants descendus dans la rue pendant son premier quinquennat en témoigne, et les débuts de ce deuxième n’annonce rien qui vaille.

    La réponse à cette question n’était pas le sujet de cette émission, entonnée en forme de carnet de doléances adressée à cette « classe bourgeoise » autosatisfaite et fière de l’être, mais elle perçait dans l’image souriante et se glissait sous les mots vifs de Monique Pinçon-Charlot, portée dans son propos par le témoignage de l’affranchissement des conventions sociales au sein de son propre mariage (« bourgeoise », elle a épousé un « fils du peuple » avec lequel elle a uni sa vie jusque dans le travail) et de toutes les forces et beautés libérées par la richesse de ce franchir les lignes, pour vivre « la complémentarité », selon ses propres dires. 《Complémentarité》, tout l’inverse de la compétition qui fonde ce monde. Le titre du film documentaire tiré de cette union, 《À demain mon Amour》, de passage au cinéma en ce moment, signe à lui seul, ce qui a permis à ces deux de réunir leurs forces pour réussir l’impossible. C’est la grande leçon que je retiens de cette vidéo. Le monde s’enlise dans ses problèmes car il se mure dans ses certitudes, il refuse d’enjamber les différences dans lesquelles il voit des contraires, là où il faudrait chercher et voir des « complémentaires ».

    Enfermés derrière nos écrans qui débitent sans discontinuité leurs images à la vitesse de la lumière pour mieux vider nos têtes, écrans et images dont Derrida rappelait la nature spectrale, nous croyons voir les autres et le monde tels qu’ils sont, alors que nous ne faisons que conforter nos vues dans le confort de notre habitus. Nous regardons les médias pour éteindre nos regards. Je suis ressorti de ce visionnage aiguilloné par cette impérieuse nécessité : ré-ouvrir l’œil et réapprendre à voir. Merci QG d’avoir relancé par là ma pensée ! J’ai fini mon carré potager, les graines sont plantées et la pluie arrive. Ma panse, elle ma foi, n’a plus qu’à attendre… Je vais pouvoir revenir à mes lectures et mon clavier.

  6. Salut à tous,

    Aude Lancelin : « Effectivement, selon le dernier rapport d’Oxfam de janvier 2022, la fortune des milliardaires a davantage augmenté depuis le début de la pandémie qu’en une décennie. Comment vous l’expliquez ? »

    Monique Pinçon-Charlot :

    « La banque centrale européenne, comme en 2008, et plus encore avec la crise du covid-19, s’est mise à faire marcher la planche à billets, en milliards, pour soit-disant maintenir l’économie à flot, pour rembourser… pour pouvoir payer du chômage partiel et toutes les mesures.

    « Mais, quand on regarde en détail, on s’aperçoit que tout se passe comme si la banque centrale européenne avait fait marcher la planche à billets pour payer les dividendes des actionnaires des plus grands groupes et maintenir la bourse.

    « Le marché boursier ne s’est absolument pas effondré ; et donc, le travail ne pouvant plus nourrir le capital, les banques centrales, que ce soit en France ou aux USA avec la FED, a permis aux capitalistes, non seulement de se maintenir, mais de s’enrichir gravement de manière violente, incroyablement violente pour les peuples pendant cette crise sanitaire. »

    Note de do : sans utiliser le mot « banco-centralisme », Monique Pinçon-Charlot en dénonce quand même l’avènement.

    Le banco-centralisme : http://mai68.org/spip2/spip.php?article9492

    Bien à vous,
    do
    http://mai68.org/spip2

    1. Grand merci pour le lien extrêmement intéressant, en particulier l’hypothèse de « Uniterre » concernant l’explicitation économique du phénomène de financiarisation auquel nous assistons.

      La balance « dette » / « capital » se manifeste d’ailleurs dans des traces socio-historiques : « l’usure » condamnée par l’Eglise, Eglise qui par ailleurs savait empocher le pactole de « indulgences » ou autres impôts pris « aussi » sur le capital bourgeois naissant du moyen-âge (tiers-état).

      Un mot pour compléter l’apport d’Uniterre : la force des créanciers n’est réelle que dans la mesure très « matérielle » où existe une force capable d’inquiéter les débiteurs : force de justice, et donc force de police, force militaire pour faire respecter cette justice, cette loi du plus fort ! Qui est capable de produire les forces de répression ou de guerre, forces concrètes qui assurent la domination réelle d’un acteur ? le capital productif (industriel), les machines, tenus par les créanciers, les emprunteurs, les capitalistes industriels, qui empruntent massivement pour assurer leur développement.

      Capital financier et capital industriel ont partie liée.

  7. Il ne faut plus lutter contre car ils se sont armés contre nous, ils feront comme la Chine avec Hongkong. Il faut lutter sans, donc déserter et construire le monde d’après avec d’autres modalités et leur échapper. Car sans notre consommation, ils ne sont rien, laissons leur les paillettes et occupons-nous de notre pain. Donc achetons aux pauvres directement mais aussi aux indépendants et boycottons l’argent qui remonte à Paris : les multinationales, les franchises, le CAC40, Nos achats sont nos emplois mais aussi nos vies. Vu le niveau de corruption de notre société, nous avons plus de pouvoir avec notre carte bleue qu’avec notre carte d’électeur.

    1. Tout à fait d’accord avec votre analyse. Les gens qui ne sont rien n’ont plus rien à attendre de ce système et ne sont plus de force pour l’affrontement. La sécession paraît judicieuse. Il faut s’organiser différemment dans la solidarité (chacun son tour). Plus de violence, de la réflexion et du travail enfin reconnu, dans une société parallèle.

  8. ,,bon soir ,,TOUS à QG ,
    ,j’avoue que je ne vais pas résister à lire et écouter ,,en décalé ,, »Macron ,,ou le séparatisme des riches ,
    ,Micouleau ouvrant le ton …..

    .merci Micouleau ,,du passionnat à partager ,,certainement !!

    ,,je nous souhaite d’étre à la hauteur des échanges qui pourraient s’en suivre ,, CDLT dame B

  9. Tous ces constats sont terribles les analyses implacables.
    Ces deux personnages ont fait un travail énorme et remarquable sur cette population des  »beaux quartiers  », dénonçant la prise de pouvoir de cette oligarchie et les effets délétères sur l’ensemble de la population. Travail longtemps reconnu et apprécié par tous. Aujourd’hui mis à l’index d’une grande partie des médias dominants, et même moqués,maltraités parfois, avec un manque de respect, allant même jusqu’à invoquer leur age, cause de leur ‘ « dérive ‘ » .Un manque de respect flagrant et inexcusable de la part de ceux qui ont osés aller jusque là.
    Merci Aude pour cet entretien passionnant qui remet au, devant de la scène ces 2 remarquables chercheurs.

Laisser un commentaire