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Pour qui voteront les quartiers populaires ? – Quartier Jaune Avec Raquel Garrido et Benoît Hazard

Émission du 10/02/2022

Notre animateur David Libeskind a reçu Raquel Garrido, élue France Insoumise, et Benoît Hazard, anthropologue, chercheur au CNRS, pour un débat sur le vote populaire à la présidentielle 2022.
Après plusieurs mandats de trahison politique du PS, l’adhésion à gauche peine à trouver le moindre écho chez les classes populaires. Valérie Pécresse, Éric Zemmour, Marine Le Pen: les forces de droite et d’extrême-droite dominent cette campagne, imposant l’immigration et la sécurité comme thèmes électoraux, grâce à une machine médiatique acharnée. Plus que jamais, la défiance envers les candidats et les taux d’abstention dans les quartiers et les zones périurbaines sont plus forts que jamais. L’héritage militant des Gilets jaunes est-il la clé du renouveau politique à gauche ? Est-ce que les procédés comme le RIC ou la révocation des élus permettront de stopper le fléau de l’abstention ? Comment intégrer à nouveau les populations des quartiers à des débats publics imprégnés d’idéologie bourgeoise ? Nos invités ont analysé tous les défis à relever lors de cette élection pour redonner le pouvoir au peuple. Un débat intense qui met en lumière les profondes mutations à l’oeuvre dans le paysage politique français !

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17 Commentaire(s)

  1. Nous vivons un moment où la pensée et l’action révolutionnaires se construisent, le capitalisme est en fin d’un cycle comme le dit Benoît Hazard.
    Mais même ceux qui la construisent , n’en sont pas conscients pour la plupart.
    Le programme de FI commence à être bon , mais l’ embryon de pensée révolutionnaire qu’il contient c’est déjà bien trop pour la grande bourgeoisie.
    Je ne comprends pas la réaction de Mme Raquel où en gros les capitalistes seront obligés de l’accepter sinon ils n’existeront plus eux aussi!
    Ils se battront jusqu’au bout, la France sera dans un premier temps isolée, L’Europe si le programme est appliqué volera en éclats etc etc
    Il faut un peuple conscient! Alors commençons à appeler un chat, un chat: nous voulons faire une révolution . Il n’y a pas un minimum de contrôle de l’économie qui sera suffisant pour appliquer un programme social, il nous faut tout le contrôle de notre économie. D’ailleurs en refusant le nucléaire on se prive de l’énergie nécessaire pour réindustrialiser notre pays. On a besoin de la rentabilité, de la division du travail, de la coopération avec les autres pays et avec l’Allemagne se sera très dur, ce sont les USA qui la contrôle plus qu’on le croit. Et le temple du capital ne va pas se laisser faire.
    Je pense que la période révolutionnaire qui s’engage sera longue, il est faux de faire croire qu’on fait passer Mélanchon et c’est bon, c’est sûr je ne suis pas drôle mais pensez à la page historique que vous voulez tourner, aucun peuple n’y est encore arrivé , cela se fera mais pas à la va vite.
    Un programme social comme FI veut mettre en place en équilibre avec un capitalisme encore dominant , il ne faut pas rêver.
    Il faudra aller toujours plus loin pour que le capital ne reprenne pas la main : il n’y aura pas d’équilibre tant que le capital n’aura pas complètement perdu.

    1. Alors là, je suis quasi d’accord sur tout (à quelques micro détails près : je n’avais pas entendu le propos de Raquel, mais ça peut être un propos tactique pour ne pas décourager la frange de la bourgeoisie qui serait prête à voter pour le programme très très modéré de Mélenchon, mais qui connait et craint la férocité sadico-injuste des anglo-saxons).

  2. «La testostérone est la chose du monde la mieux partagée, et chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en tout autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils n’en ont» (Descartes, introduction au «discours de la méthode». J’ai remplacé «bon sens» par «testostérone»).

    Et c’est le cas de mme Garrido, Raquel de son prénom !
    Elle n’arrêtera jamais de couper la parole à ses interlocuteurs ?! Certes brillantissime dans l’argumentation, elle anticipe fébrilement sur la parole des dits interlocuteurs, et s’empare du crachoir !

    Bon, il n’est pas impossible que mr Hazard se soit volontairement laisser faire. Mmh !

    Passons. Mais il faudra envisager d’exclure mme Garrido du droit à porter une arme dans le cadre de ce futur droit européen en faveur des femmes.
    En attendant, j’ai adoré, entre autres apports de sa part son : «Faut-il soigner quelqu’un qui a supprimé des lits d’hôpitaux ?». Excellent ! Ma réponse est qu’ »il » n’est pas prioritaire (je suis très gentil).

    Cependant encore, elle utilise une formule un peu contrariante pour expliquer (partiellement) le vote paradoxalement à droite (ou abstentionniste) de nombreux prolétaires : «la haine de soi» !!! oulala ! Outre que cette expression a des relents de freudisme (culpabilité, masochisme, etc …), elle montre là une certaine ignorance de la galaxie «enjeu=rapport social, acteur, pouvoir d’agir, sujet», cad, dans un langage plus moderne et synthétique, une certaine ignorance de l’intersectionnalité du «sujet». Elle aurait pu dire, à minima (et encore !), «haines des siens» en considérant que «chaque sujet» (le sujet qui «est le» croisement d’une multitude de rapports sociaux, chacun d’eux formant un+un acteurs en conflit) a plusieurs «siens» (un par conflit), mais aussi plusieurs «adversaires» (un par conflit aussi), un sien «d’ici» pouvant être en même temps un adversaire «d’ailleurs» (sur un autre enjeu). D’où des dilemmes, des déchirements cornéliens entre l’ici et l’ailleurs (cad entre l’allié d’un enjeu qui peut être aussi l’adversaire d’un autre enjeu).
    Par exemple, je peux faire «acteur commun» avec mon voisin d’habitation quand nous sommes « militants » ensemble à LREM; mais en tant que voisin je peux être aussi son adversaire lorsque je ne suis pas dans le même camp que lui lors d’un conflit entre voisins. Idem si je suis voisin d’habitation de mon patron, je peux faire acteur commun avec lui lors d’un conflit de voisinage, mais être acteur en opposition avec lui en tant que je suis délégué syndical dans son entreprise.
    Mais aussi, dans un autre domaine, lorsque je suis cycliste, les automobilistes m’emmerdent; et quand je suis automobiliste, ce sont les cyclistes qui m’emmerdent. «Automobiliste» et «cycliste» sont des acteurs ; et moi je suis le sujet, unique, totalement dominé/régi par ma condition d’acteur, cad de cycliste ou d’automobiliste : fort en voiture face au vélo, faible en vélo face à la voiture.
    En clair, le gars Mélenchoniste qui n’aime pas les arabes (même si prolétaires) préfèrera s’abstenir plutôt que voter Mélenchon qui, lui, montre une indifférence positive aux arabes en tant qu’Arabes ! Ce ne sera pas du tout la haine de soi qui régira le choix de ce gars, au contraire. Quand l’automobiliste, bien que dominant (son pouvoir d’agir c’est la voiture), cède devant un cycliste (son pouvoir d’agir c’est le vélo), ce n’est pas par haine de soi, mais par peur du gendarme (son pouvoir d’agir c’est la loi, l’Etat de droit : « au nom de la loi, je vous arrête ») !
    Dans les faits les comportements du sujet sont conditionnées par la nécessité de se perpétuer en tant que sujet, cette perpétuation consistant toujours à «faire contre» un certain tiers -qui incarne une cause-, au profit («faire pour») d’un certain autre tiers -qui incarne une certaine autre cause- (dans les faits concrets, une cause c’est l’acteur qui domine -au sens d’englober- ceux qui l’incarnent) ! L’être humain «seul/isolé» (à la naissance) est indifférent à tout, y compris à lui-même (d’ailleurs il n’y a pas de «lui-même» à la naissance), et il ne s’anime (conscience) que contre ses semblables, en faveur d’autres semblables. Pour cela, il a à sa disposition son corps et son environnement (non distingués à la naissance)(on peut supposer qu’à la naissance la mère, par exemple, peut jouer les trois rôles, si elle est seule, pendant un certain temps).
    En conclusion donc, stop au freudisme qui profite du flou (fort commode) de l’enfance et de la sexualité (comme appât), pour asséner des explications anti-politiques à toutes les obscurités existentielles du sujet. En tant qu’anti-politique fondamental (au profit du psychologisme), Freud est un allié de la bourgeoisie. Idem pour Cyrulnik et consort.

    Pour terminer sur le thème de l’abstention, derrière sa justification par un fatalisme social (aquoibonisme), j’ai le sentiment qu’elle constitue aussi une acceptation (plus ou moins assumée) du système en place ou du système qui a le plus largement la faveur des sondages.

    Benoit Hazard maintenant : il évoque la «fraternité» qu’il a trouvé chez les Gilets Jaunes, et pas au PCF. Justice sociale (égalité) (fraternité ?) sont effectivement au cœur des revendications des GJ : en gros la redistribution des richesses ! Comme au PCF !!!! Le PCF vit encore en Benoit.

    OK, mais en passant du côté GJ, mr Hazard a été frappé par un certain syndrome des GJ :
    – « les partis ça atténue la liberté» : Priscilla Ludowsky d’avec laquelle j’ai divorcé idéologiquement, avait été beaucoup plus «testostérone» dans sa formulation : «les partis, c’est de la merde» avait-elle proféré ! Ca ouvre des perspectives assez limitées en matière de stratégie, d’organisation, et donc d’action !!!! Lénine, au secours !
    – « on peut se passer de la politique pour créer du lien social ! » … «fraternité»… etc. Certes, mais la fraternité locale, de circonstances, n’est pas du tout un objectif politique premier ; c’est surtout un objectif humaniste/humanitaire … local ; d’ailleurs, le bourgeois de droite Larouturrou, candidat à la primaire populaire, revendique en guise de programme social, de restaurer «la cohésion sociale» ! Mais c’est quoi ce truc, sinon la paix, et peut-être même l’amour réciproque, entre les riches et les pauvres ? Donc bof, bof !

    En bref, tout ça est hyper sympathique dans une perspective d’association humanitaire de quartier, mais c’est catastrophique dans une perspective politique cad perspective qui vise effectivement quelque part à … l’universel (en effet, même si la notion « d’universel » est assez compliquée, je croirais volontiers qu’il y a de l’universel dans le politique et … dans la dignité des conditions de vie).
    En matière de fraternité, je crois qu’il faut effectivement distinguer
    – l’action individuelle de proximité, qui dépend de façon aléatoire de membres qui se côtoient par exemple en manifestation, ou en voisinage d’habitation, …
    – et l’action politique cad l’action constituée, instituée, cad qui a une traduction dans des dispositifs politiques qui ne dépendent pas des affinités, ni des particularités individuelles, ni des circonstances, toutes aléatoires.

    De même pour la Liberté, dont la déclinaison individuelle qui s’élabore en chacun de nous (par ex liberté de vitesse «pas de limitation de vitesse sur la route») s’oppose frontalement à la déclinaison collective (par ex «institution d’une limitation de la vitesse sur la route» pour éviter la mise en danger la vie d’autrui et la destruction du bien public).

    Sur le plan politique, je rejoindrais Benoit sur la nécessaire priorisation entre enjeux sociaux (essentiel du programme de LFI) et sociétaux. Dans le périmètre de la nation, les enjeux sociaux transcendent les communautés, alors que la plupart des enjeux sociétaux concernent des communautés. Ce qui ne veut pas dire que ces enjeux sociétaux ne sont pas légitimes et recevables. Mais pour les traiter il faut être élu. Et ils sont tellement clivants qu’ils mettent en péril l’indispensable et fragile unité nécessaire à l’action politique électorale. C’est après l’élection qu’il faudra mettre le paquet là-dessus. Et là, LFI joue un peu avec le feu préélectoral (certains diront que c’est un clientélisme nécessaire) en recherchant très ostensiblement la perfection morale ! (encore que, il «paraitrait» que Raquel ne s’est pas interdit, à l’adresse d’un jeune homosexuel d’extrême droite, lors d’une dispute politique, l’injonction suivante : « va sucer ton chef »). Bon, c’est Raquel, elle est comme ça ! Testostérone et vivacité !

  3. Ce journaliste n’a pas lu le programme de l’AEC avant cet entretien? C’est quand même décevant d’être aussi peu constructif et de toujours dézinguer les espoirs et les idées portées par ceux qui sont décidés à porter collectivement un programme travaillé collectivement. Il n’y a pas une mesure forte, demande-t-il? C’est quoi ce discours, c’est l’idée qu’il faut innover, se faire de la pub avec une idée « nouvelle »? J
    e continue à le trouver médiocre, décourageant, tout empreint des techniques qui dominent dans les médias mainstream. Il en rajoute une couche à chaque fois toujours pour tirer vers le bas.
    Et pourquoi les GJ ne rejoignent pas le Parlement Populaire puisqu’ils ne perdent pas leur âme et leur spécificité comme tant d’autres du Parlement. C’est le lieu où ils pourraient justement améliorer et approfondir le programme ensemble. Ce journaliste ne pose même pas la question?

  4. Je partage tout à fait votre commentaire. L’intervention de Raquel Garrido est remarquable, et je déplore la méconnaissance du présentateur en ce qui concerne le programme, la place, le travail de la France Insoumise et l’enthousiasme extraordinaire qui accompagne les participants lors des diverses meetings, ainsi que la naissance du parlement de l’union populaire qui s’est formé et rassemblé depuis, de tout autre horizon.
    Je pense également et souhaite, que Benoît Hasard aura lui aussi un peu évolué dans son opinion et constaté combien leur combat pour un autre monde se rejoint.
    Quelle excellente Idée cette émission. Merci QG

  5. Raquer parle comme une bobo de gauche comme les Socialistes des années 90 .Elle prend les quartiers populaires pou des idiots ….. je rappelle que la France insoumise avec le partis communiste non jamais soutenus les GJ…… Bravo à Hazard qui est vraiment un G J.Seuls représentants le peuple ( près de 70% de la population )

    1. Toutes les principales revendications des GJ se trouvent satisfaites dans le programme l’AEC. N’y a-t-il pas là le moyen le plus démonstratif de prouver que LFI soutient ou est d’accord avec les GJ. LFI était là en 2016, elle a pu, de par son programme, donner des idées aux GJ : RIC, constituante, pouvoir d’achat, plus de démocratie dans les entreprises….

  6. Toujours bon de voir quand le parti socialiste a définitivement tourné le dos aux ouvriers : le fameux rapport Terra Nova, et la phrase :

    « Il n’est pas possible aujourd’hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche »

    (https://tnova.fr/democratie/politique-institutions/gauche-quelle-majorite-electorale-pour-2012/)

    La gauche Terra Nova, n’est pas la gauche. Et Thierry Pech (https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Pech), ex-directeur de Terra Nova, aura beau essayer de restaurer son image, c’est foutu, on ne lui pardonnera jamais. Chacun son camps.

  7. C’est dommage d’aborder les émissions de QG, qui sont des émissions de réflexion et conçues comme ça, toujours sous un angle de confrontation: qui est gagnant, qui est perdant. Mais c’est vrai que les Présidentielles, surtout les Présidentielles, ce n’est que ça qui compte. Le finaliste!

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