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« Avec Macron, la 5ème République de tous les abus » – Quartier Constituant avec Benjamin Morel

Émission du 16/07/2020

Retrouvez nos amis Constituants François Cocq, Alphée Roche-Noël et Jeannick Le Lagadec, pour une émission consacrée à la perversion de nos institutions, avec Benjamin Morel, directeur des études de l’Institut Rousseau.

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1 Commentaire(s)

  1. 3 semaines sans nouvelles, c’est long (mais c’est comme ça)
    Je reviens sur ce très intéressant Quartier Constituant.

    Les utilisations, par Macron, du 49-3 et des Ordonnances apparaissent comme les impolitesses d’un enfant mal élevé qui, à table, coupe sans cesse la parole aux adultes (alias les parlementaires) pour s’imposer et aussi faire l’intéressant. Depuis qu’à 16 ans il a séduit sa maitresse d’école, beauté fatale de 40 ans, Macron plastronne, ne se sent plus pisser et se comporte en enfant roi. Sacrée Brigitte, assez bête pour se laisser séduire par ce morveux à qui elle aurait dû mettre deux beignes. Ah l’amour !

    Depuis, le temps a passé, et l’enfant Roi est devenu l’enfant Dieu, et c’est à nous de faire le boulot de déboulonnage de ce petit Jupiter ! Ce Macron a plus de morgue et de mépris dans ses réponses « de rue » aux citoyens, que dans ses réponses à Erdogan. Hautain et franchement idiot avec les faibles, mielleux et franchement idiot avec les forts. Mais la finance le soutient.

    Concernant ce QC, je trouve qu’il était assez technique (mais juste). Je me retrouve bien dans l’affirmation d’Alphée pour qui la 5ième République est une sorte de dictature « accordée » au Président de la république. Dictature dont, pourtant, un De Gaulle ne tirait pas sa « stature », car capable, lui, de démissionner en cas de désaveu populaire ; De Gaulle voulait être en règle avec lui-même, pas avec la Finance. Avec lui, la dictature n’était pas si « abusive » qu’on l’a dit ! De même, cette dictature n’a pas vraiment été vécue comme telle par le peuple, car elle fonctionnait en fait dans un cadre méso-capitaliste, cad avec d’immenses industries et services publics, que d’ailleurs certains marxistes libertaires ont cru bon de critiquer comme capitalisme « d’Etat » : comme si l’Etat devait ou pouvait disparaître demain. La disparition de l’Etat, c’est comme l’horizon : plus on avance plus il recule ! La vision de Marx était que l’Etat s’éteigne de lui-même et non pas sous une poussée politicienne. Et à ce propos, n’oublions pas que l’engeance la plus infréquentable de la planète – je parle des libertariens – propose justement cette disparition politique de l’Etat, du moins dans sa forme actuelle ; à savoir qu’ils proposent que toutes les fonctions de l’Etat (qu’ils faut aussi réduire drastiquement) soient confiées à des entreprises privées. Les anarcho-zadistes ne sont pas loin de cette option, pour l’instant ridicule à mes yeux.

    Ce QC est aussi, paradoxalement, l’occasion de relativiser (sans la nier) la place du « Droit national » comme outil déterminant le « pouvoir » dans les démocraties. La Presse et l’Europe sont des pouvoirs non-négligeables qui concurrencent (ou renforcent) largement le pouvoir législatif constitutionnel. La finance a mis la main sur les deux.

    Pour réfléchir là-dessus, il me semble intéressant de faire un lien entre la Constitution comme « superstructure idéologique » spécifique et les rapports de production comme « infrastructure économique » : cette infrastructure, en partie qualifiable, à l’époque de De Gaulle, de «capitalisme d’Etat», a forcé, orienté, le « contenu » de cette superstructure idéologique. C’est du classique. Mais la performance de toute organisation résulte à la fois de sa structure et de son fonctionnement, celle-là (la structure) influençant, modulant, mais n’imposant pas mécaniquement celui-ci (le fonctionnement). Ainsi, De Gaulle a pu dire sous la 5ième que « la politique de la France ne se faisait pas à la corbeille », http://financedemarche.fr/citations/la-politique-de-la-france-ne-se-fait-pas-a-la-corbeille alors qu’aujourd’hui (capitalisme généralisé et mondialisé), avec cette même Constitution – même contenu donc – on peut dire, sans hésiter, que la politique de la France se fait totalement à la corbeille ! Même Constitution, et pourtant deux « esprits », deux « fonctionnements » différents au sommet ! cela prouve, comme le suggère Alphée, que cette Constitution est compatible avec une certaine variété de « styles » de capitalisme, selon le fonctionnement concret que les dirigeants concrets impriment à cette structure ! en parlant de « concret » justement, reprécisons que tout élément de la superstructure idéologique relevant du « Droit » est aussi un peu « infrastructurel » quelque part (cad est aussi force productive «matérielle» et non pas seulement « idéelle »), car l’ « esprit » de la loi ne va jamais sans la dureté des matraques et des barreaux de prison, et va donc beaucoup plus loin que les simples questions de conscience/connaissances qui constituent l’ordinaire de ce qu’on appelle idéologie ! Et ce qui est dit pour le Droit (cad ici la « force de la contrainte ») est vrai de façon atténuée pour les autres champs idéologiques ordinaires (par exemple, la « pensée » qui est confrontée à la « sélection » lors des entretiens d’embauche ; ou lors des oraux (ou écrits) pour l’obtention d’un diplôme ; ou lors de l’évaluation du mérite pour une promotion professionnelle etc ….). Certes les rapports sociaux déterminent les consciences, mais en retour, les consciences permettent, par destinations croisées, d’opérer sur elles-mêmes et sur les rapports sociaux ; la multiplicité – et même la contradiction – des consciences d’un même « sujet » émanant de la multiplicité – et même de la contradiction – des rapports sociaux de ce même sujet. C’est le drame et la grandeur de la conscience ! Le sujet, « assujetti » à mille rapports sociaux, doit toujours se démerder entre ses consciences « avouées » et ses consciences « cachées », et entre ses consciences vraies (« justes ») et ses consciences fausses (« erronées »), sachant qu’il ne sait pas distinguer entre ces deux dernières catégories de consciences !

    La superstructure idéologique, c’est beaucoup le Droit (dont la Constitution), mais c’est aussi beaucoup la Presse, Presse pourvoyeuse de «croyances» trafiquées, Presse qui peut quasi « décider » de « qui » sera « l’élu » à la tête de cette République, et donc de « qui » profitera du pouvoir dictatorial que donne la Constitution. Notre conscience globale est certes déterminée par nos divers rapports sociaux, mais aussi par les « histoires » qu’on peut nous raconter, tout comme aux enfants, enfants qui ont du mal à distinguer entre l’imaginaire et le réel ; et il y a un peu de l’enfant dans l’adulte. Un peu. Une presse majoritairement « capitaliste mondialisé » (presse dite « libre » cad libre de travestir l’information à son gré) favorisera un style « capitaliste mondialisé » pour gouverner la république ; l’actuelle dictature républicaine du patronat en est l’exemple. Il y a pourtant aussi, ne nous le cachons pas, moult catégories sociales qui sont absolument ravies de cette dictature : les plus riches (ceux-ci disent d’ailleurs que c’est une « démocratie » du « mérite individuel », qui est en fait une « démocratie du mérite privatisé »). Mais certains « pauvres » aussi – ceux qui se croient moins méritants – croient à cette « démocratie du mérite privatisé ». Ces pauvres là, on voit bien que les dictateurs patronaux actuels ne cherchent pas à les détromper (évidemment !), mais seulement à maintenir une certaine diversité d’échelons concurrentiels dans la pauvreté : du niveau « moins pauvres » – qui est devenu l’ordinaire – au niveau « extrêmement pauvre » (dernier de la classe) pour rendre acceptable et même désirable la pauvreté ordinaire (c’est le principe de la torture : on est heureux quand y’en a moins). Il y a donc certaines façons de dictature qui semblent capables d’agréer des personnes même parmi les prolétaires (je donne des éléments un peu plus bas dans le texte, sur une autre sorte de dictature qui me semble intéressante ! on pourrait l’appeler la « démocratie du mérite collectivisé » pour cacher son vilain nom de « dictature du prolétariat » proposé par Marx).

    Malgré la labilité de fonctionnement de la Constitution et la labilité structurelle de la Presse (en 75 ans la Constitution n’a pas changé structurellement, alors que la presse est passée en matière d’opinions et d’informations, d’une vraie diversité, à une grande multiplicité des mêmes opinions, celles de la finance), les puissants ne sont jamais absolument sûr, de « gagner » les élections et c’est emmerdant. D’autres forces sont nécessaires (et existent) pour resserrer l’étau du Capital sur les nations : l’Europe est leur solution, car plus aucun président n’osera utiliser la Constitution contre la puissance européenne (voir le lucide et percutant Lordon), qui possède une des premières armées du monde : le capital financier. Le capitalisme mondialisé avait besoin d’un pouvoir transnational qui prime, qui « force » les pouvoirs nationaux, et il l’a eu à travers l’Europe omnipotente, les traités internationaux, et les tribunaux arbitraux ! Les commis lilliputiens du néocapitalisme mondialisé, de la droite à la gauche bourgeoises, de 1968 à 2020, se sont chargés, sans interruption, de l’opération de promotion de l’Europe et de ses oripeaux démocratiques, avec, en toile de fond, toujours le même chantage à l’emploi qui, à lui seul, est déjà plus fort que toutes les Constitutions. Déjà dans les années 50, de Gaulle avait senti venir un vent d’Ouest trans-national, et avait eu le culot (il se méfiait de l’Amérique), en pleine guerre froide, de parler laconiquement « d’une Europe, de l’Atlantique à l’Oural » : fichtre ! vent d’Est ! quel était le sens caché de cette saillie iconoclaste ? France Inter, sans rien éclaircir bien évidemment, en donne une interprétation erronée ici https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-29-mars-2017 .

    Pour finir enfin, sur du concret, et sortir de l’ornière d’injustice actuelle, une solution existe, très simple car proche de la dictature patronale actuelle : c’est la dictature du Prolétariat – ainsi nommée par Marx pour ajouter une note frappante à sa théorie – dictature donc qui, en fait, est une « Démocratie du mérite collectivisé ». Démocratie évidemment conspuée d’avance par l’ensemble du bloc bourgeois !

    Mais qu’est-ce qu’une dictature ? C’est bien ce qu’on croit, cad un système qui, comme dans la « démocratie du mérite privatisé » actuelle, prévoit des privations de liberté (pour repère : actuellement, on n’a pas la liberté de mettre en danger la vie d’autrui, par exemple en ne portant pas son masque covid, et en ne respectant pas le confinement : c’est compréhensible et accepté par beaucoup, sauf par les libéraux radicaux qui vivent cela comme une privation dictatoriale de liberté (voir Comte-Sponville, le bellâtre philosophe du libéralisme). Mais de quelles libertés veut-on priver la population dans la « démocratie du mérite collectivisé » ? Deux essentielles :

    1- Interdire la privatisation des moyens de production « conséquents », cad interdire la production « privatisée » de biens par le moyen de salariés (= pas de privatisation de la plus-value sur le travail). Les moyens de productions « conséquents » appartiennent à l’Etat. Les citoyens sont salariés de l’Etat donc prolétaires. La dictature du prolétariat n’est donc rien d’autre que le pouvoir absolu des citoyens (cad ce que demandent les Gilets Jaunes).

    2- La direction globale de l’Etat (garant du point 1, et qui contrôle la production) est confiée aux prolétaires/citoyens à travers un parti unique. La liberté d’association (et de propositions politiques ou organisationnelles) existe pleinement, mais les associations dont l’activité met en péril le point 1 (complot contre l’Etat) sont interdites, tout comme dans la Constitution Française actuelle.

    Bien évidemment l’accumulation du capital par l’Etat aux mains des prolétaires est permise pour assurer le développement matériel et intellectuel de la population et de la nation.

    Voili-voilou (à débattre) (il s’agit d’essayer de se lancer sur du concret).

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