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« Deux ans après les Gilets jaunes: un même élan populaire? » – Quartier Constituant avec Priscillia Ludosky

Émission du 09/12/2020

Priscillia Ludosky est reçue sur QG par François Cocq, Manon Milcent et Sacha Mokritzky pour un grand entretien sur le mouvement populaire d’aujourd’hui.

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4 Commentaire(s)

  1. Excellent QC. Beaucoup de choses à dire ; et même un peu de délire.

    La première remarque porte sur la question du « tirage au sort » pour cette fameuse 3ième chambre (qu’on pourrait nommer la « chambre jaune » au regard de son origine). Le tirage au sort est un truc qui ne me va pas ; c’est un peu léger, je trouve. D’abord, le sort n’est pas une garantie de représentativité des classes et sous classes. Certes, cela peut se corriger par une sélection après tirage; mais voilà, il y a sélection ! Mais surtout, ce serait confier l’instruction et la décision de choix politiques à des personnes qui ne sont pas forcément intéressées par la chose, ni aguerris à travailler les conséquences réelles des décisions (être « responsable », c’est « répondre » des conséquences, cad des « impacts » d’une décision).
    Piloter un projet par ses impacts (toujours inconnus en amont), c’est différent que de piloter un projet par ses objectifs, eux, évidemment, bien connus en amont. C’est d’ailleurs pour cela que la méthode de gestion des projets d’entreprise, par les Directions, consiste toujours à en « expliquer » les enjeux/objectifs (les « leurs »), et que la résistance des représentants des salariés consiste toujours à leur opposer les « impacts » négatifs prévisibles pour eux. Le monde des « objectifs » (monde des décideurs) et le monde des « impacts » (monde des « subisseurs ») sont deux mondes différents. Lors d’un plan social à Air France, le DRH a été malmené par les syndicats parce qu’il s’est présenté pour la n°ième fois devant les salariés en leur disant, excédé « je vais encore (encore) vous expliquer le pourquoi du projet » cad les enjeux/objectifs de la direction. Heureusement les salariés ont été très gentils avec lui, ils lui ont laissé son pantalon. Au-delà de ça, le politicien, c’est aussi le mec qui travaille les questions par le débat contradictoire. Il y a une expertise particulière pour 1) les tâches d’anticipation, et 2) les tâches de débats. Qu’on le veuille ou non, toutes les instances/lieux où s’instruisent les questions politiques sont des lieux de gens motivés et souvent aguerris, et non pas de gens du hasard : les partis, les syndicats, les ronds-points, « Le vent se lève », « Reconstruire » etc … ne sont pas des gens « du hasard ». Le hasard électif est une déclinaison du libéralisme dont il faut se méfier. Bien anticiper les impacts est un métier qui s’alimente de contacts et de débats avec toutes les catégories de la population, au-delà des orientations personnelles des élus du hasard. Personnellement, je ne fais pas confiance, a priori, à n’importe quelle personne, fût-elle prolétaire. Il suffit d’avoir été tiré au sort pour un jury d’Assises, pour voir le besoin de se référer aux professionnels avant d’élaborer une peine.

    Bon, ensuite, un clin d’œil à Marion qui a dû mettre Aude Lancelin en extase négative, en commettant le délit de « çavapétisme », délit auquel se livrent aussi beaucoup de politiciens aguerris (comme quoi, l’aguerrissement ne protège pas de tout).

    Un autre clin d’œil à Priscilla, qui, toujours aussi pertinente, constatant qu’une des caractéristiques identitaires des Gilets Jaunes était la spontanéité, en appelle cependant à la nécessité de s’organiser ! « Clin d’œil » car dans le 1er plateau du « Que faire » de la semaine passée, elle avait un peu secondarisé cette dimension organisationnelle.

    Concernant la loi « sécurité », l’échange a été intéressant. Au fond, cette loi, par les débats qu’elle suscite, institutionnalise complétement la méfiance réciproque entre l’Etat et les citoyens : l’Etat veut se protéger des citoyens en les filmant avec des drones, et les citoyens veulent se protéger de l’Etat en filmant le bras armé de l’Etat en action. Ici, la lutte des classes montre clairement le bout de son nez : l’Etat c’est la finance, les citoyens dans la rue ce sont surtout les prolos et sur-prolos (la finance et sub-finance n’étant pas dans la rue).

    Dans la guerre des images, la question du « sens » pratique de la « Liberté » est posée. Entre la liberté de choix, la liberté d’entreprendre, la liberté de circuler, la liberté d’emmerder ses voisins, la liberté de polluer…. on voit que la question est difficile ! Déjà ces questions avaient été posées par le PCF il y a longtemps, en distinguant « la » Liberté et « les » libertés. Et même, avant le PCF, les constitutionnalistes avaient prévu que les libertés de chacun soient limitées par celles des autres. Actuellement, il y a une certaine « toute petite » liberté bien ancrée, mais un peu invisibilisée, qui est bousculée : c’est la liberté nommée … vie privée. La « vie privée » se comprend souvent par famille, mais aussi, à l’intérieure, par personne. Elle permet de se débarrasser (de se « libérer ») temporairement du poids de certains rapports sociaux qui pèsent en permanence sur nos épaules : le poids du regard des autres, en gros. Pour vivre heureux, vivez caché ! dans une certaine mesure, rien n’est plus vrai ! un pseudo sur Youtube, un pseudo sur QG, c’est protéger un peu sa vie privé !

    Pourtant, dans le prolongement du cas récent de maltraitance d’une personne âgée dans un Ehpad (maltraitance prouvée par une caméra « clandestine », hors la loi, loi qui protège les travailleurs dans leur activité, du coup en partie privée), j’ai entendu, chez certaines de mes « jeunes » proches, horrifiées comme moi par cette affaire de maltraitance, le discours suivant : « ça suffit, il faut mettre fin à la vie privée ; moi, j’ai rien à cacher ! ».
    Diantre. « Fin de la vie privée » !!! ; « rien à cacher » !!! Ce fameux « rien à cacher », je l’ai entendu aussi chez des personnes peu expertes en informatique, qui acceptaient toutes les conditions d’installation de logiciels gratuits (window, …), et donc acceptaient aussi la transmission à l’Editeur du logiciel de données personnelles ! L’argument c’est « j’ai rien à cacher », alors que la vraie raison c’est … l’incompétence dans la gestion des diverses options d’installation ; incompétence qu’on ne veut pas … avouer. La honte. On n’a rien à cacher sauf … son incompétence ! Ne pas montrer ses faiblesses ! ça c’est radical ! Ca veut bien dire que la compétence est une marge de manœuvre, cad une force productive. Le piège se referme. Ceux qui disposent de plus de forces productives, sont aussi ceux qui ont le plus de liberté ; la liberté profitera toujours plus aux riches qu’aux pauvres, la richesse participant à la « production de son existence » (Marx mais aussi George Brassens : « comme on était léger d’argent, le marchand nous reçut à bras fermés… »).
    Pour certains communistes de mes amis aussi, la vie privée c’est un truc de bourgeois ! C’est vrai, en effet : dans le monde « tribal », il n’y a pas beaucoup de vie privée ; mais il n’y a pas de riche non plus, donc pas de pauvre ! Bon, je dis ça, je dis rien ! c’est pour bavarder ! Mais je pense à ceux qui dorment dans la rue ! Avalée, la vie privée ! Pas de toit, donc pas de vie privée non plus ! Privés de tout, quoi ! Mais ils sont libres !!! ils ont dépassé les contingences petites bourgeoises de pudeur, de propreté, de discrétion, de tranquillité !!! Ils sont en contact avec la pure vie authentique, sans avoir besoin d’aller y penser sur les hauts plateaux Tibétains, comme nos anciens hippies ; le bonheur est là, à côté de chez soi … cad à côté de nulle part, car du « chez soi »,………………………. y’en n’a pas. Y’en n’a plus !

    Relevé sur YouTube (sans autorisation de l’auteure), mais you tube est un peu public, non ?

    « moi, j’ai froid, pas de chauffage, je me réfugie sous ma couette jusque 6heures du mat. après, je me réchaufferai au boulot. »

  2. Ras le bol de cette virtualité envahissante, du son pourris, des images minables, des coupures incessantes et tout le reste.
    En plus ce cadre misérabiliste fait même de façon évidente baisser la qualité des débats.
    Moi j’arrête de perdre mon temps avec ça, et je ne dois pas être le seul,
    je continue à vous soutenir, y compris financièrement, mais désormais je ne regarderai que les vrais émissions en plateau.
    Merci de votre travail et de votre ténacité. Cordialement. Philippe

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