Pour accéder à ce contenu veuillez vous connecter ou vous abonner

«Le moment de vaincre Macron» – Quartier Libre avec Bernard Friot 25/11/2019

Émission du 25/11/2019

Aude Lancelin reçoit Bernard Friot pour un grand entretien. En cette veillée d’armes de la grève du 5 Décembre, le grand spécialiste de la dette et des retraites, exposera pourquoi la réforme qui s’annonce est la mère des batailles néolibérales, et pourquoi il faut la combattre maintenant.

De la même émission
À voir aussi

2 Commentaire(s)

  1. Bonjour, D’abord merci d’exister, je compte vous soutenir un peu plus que je le fais maintenant mais j’ai peur (de moins en moins) que vous vous transformiez en combattant écologiste qui veulent faire de l’écologie en maintenant le capitalisme comme toute la gauche le fait. Assez de réformisme , assez de lâcheté, D’ailleurs il faut peu de conscience écologique pour se transformer par exemple en défenseur des voitures électriques et d’abandonner le terrain de la voiture partagée et surtout le transport collectif! Je viens d’écouter B Friot, je suis d’accord avec lui. En résumé il se bat contre l’exploitation capitaliste. Le travail n’est pas vu seulement comme un moyen d’accumuler du capital pour ceux qui possèdent les moyens de production. Dans un système collectiviste (je fais le provocateur mais c’est un bon terme), il faut volontairement accumuler du capital pour que les salariés le gèrent eux-mêmes, l’obligation d’être exploité par un patron étant remplacé par l’obligation de participer aux besoins fondamentaux de la société même si le travail n’est pas obligatoirement celui dont on rêve. Mais cela peut être compensé par des aménagements pour partager l’ensemble des inconvénients… Donc l’idée d’avoir son salaire max de salarié qui continue à la retraite me paraît simplement logique.
    Il y a tout de même une contradiction que j’avais soulevé en moi-même lorsque j’étais au PCF , il y a bien longtemps.
    Sans vouloir tout voir en négatif dans le PCF, loin de là, c’était quand même un parti caporalisé, dont la direction reproduisait les dirigeants bien dans la ligne. Un L Sève a aussi jeté l’éponge et pourtant il est allé aussi loin que possible, mais bon chacun son choix… J’avoue que je ne connaissais pas Bernard Friot, je ne suis pas un intellectuel je n’ai vraiment le temps de lire beaucoup que depuis ma retraite même si la « théorie  » m’a toujours intéressé, Lénine m’avait conforté en ce sens. Je pense qu’il y a beaucoup de communistes sans carte qui ne sont pas prêts de recommencer dans les mêmes conditions. ( j’ai lu sur internet que pourtant des intello marxistes minimisent le rôle de Staline et que ma foi , il y aurait juste à faire un peu plus attention à la démocratie … et recommencer comme avant) D’ailleurs il a fallu attendre les derniers livres de L Sève pour que l’on ait enfin , à mon avis, une lecture objective de Marx et qu’on ne peut plus se dire marxiste mais marxien ou d’être pour la pensée-Marx. Ceci pour l’aspect anthropologique autant que pour l’aspect plus concret du combat qui doit respecter le fait que la classe ouvrière doit devenir classe pour soi dans ses propres combats, en se faisant sa propre expérience sans un parti d’une soi-disant avant garde qui veut tout contrôler. Je suis donc d’accord avec lui sur le fait que Lénine n’est plus d’actualité pour une stratégie concrète, mais que le Lénine philosophe reste irremplaçable. Je suis même persuadé que Lénine aurait pu s’adapter et la révolution perdurer s’il en avait eu le temps.
    Là où il me semble trouver une erreur c’est qu’en croyant être marxien on considère que le communisme est en train de se faire, je pense que c’est une illusion.
    En effet, depuis que l’homme se produit et se reproduit lui-même à travers son activité, disons depuis 2500 ans même si cela est discutable, on peut dire si on se place du point de vue que le communisme se fait, que l’humanité va vers le communisme, car c’est un mouvement de libération qui produit de l’objectivité par une connaissance du réel plus approfondi. Même en traversant les pires dictatures, on arrive à se libérer des croyances, la femme prend le statut de l’égale de l’homme même s’il reste beaucoup à faire, les travailleurs ont acquis des droits en remettant en cause le droit divin des rois même si cela reste très inégal etc … bref on peut distinguer une marche contre toutes les aliénations, y compris celles que la nature nous imposeraient pour simplement satisfaire nos besoins fondamentaux, là encore c’est une approximation pour le dire froidement…
    Mais ce qui est devant nous à conquérir c’est le communisme on le construit dans notre tête et pas simplement dans une activité plus ou moins consciente, Marx affirmait cela. Il affirmait aussi que ce n’est pas simplement en voulant modifier les mentalités, en restant au niveau d’abstractions creuses qu’on pouvait changer quoi que ce soit ! On confond me semble-t-il les deux positions.
    Donc la pensée ne produit pas que de l’inconsistant, la pensée peut construire une voie, des directions et on est même obligé de passer par là, on construira le communisme consciemment, il n’y a pas d’autres voies. Bien sûr la pensée dont on a besoin n’est pas celle de l’absolu. Ce n’est pas celle qui pense la liberté simplement de manière philosophique. La pensée dont on a besoin est concrète , elle s ‘appuie sur la réalité, évite les apparences, elle est matérialiste et constructive.
    Les travailleurs doivent s’emparer de la connaissance sans exclusion d’une forme de pensée, il verront bien ce dont ils ont besoin, et pour mettre tout le monde d’accord ou simplement dégager une majorité il vaudra mieux par exemple parler de liberté concrètement que d’étaler les commentaires infinis des philosophes à la mode ou pas. Contrairement à L Sève je pense que Marx a eu raison de ne pas écrire en philosophe , de vouloir la fin de la philosophie. Mais il était difficile comme maintenant de parler en vrais scientifiques de sciences humaines. Marx a en partie réussi et de façon remarquable mais la tâche était trop grande. Marx n’a pas tout résolu bien sûr !
    Donc mettre l’accent sur l’activité sans pensée, sans s’extraire en pensée de la société capitaliste , sans avoir aucune vue sur les directions à prendre me paraît une erreur dangereuse. J’ai vécu l’ouvriérisme, un obscurantisme qui n’a rien à envier à l’obscurantisme religieux. S’il y a un rôle d’avant garde à avoir c’est celui d’encourager la connaissance dans les milieux les plus populaires comme dans les autres. Le communisme ne se fera pas sans que les travailleurs aient une puissante
    volonté de maîtriser la connaissance, la page qu’il faut tourner n’est pas simplement celle d’un mode de production archaïque, le capitalisme. Gérer collectivement une société, une entreprise une ville ne se fait pas sans changer la démocratie qui n’en est plus une d’ailleurs . Comment changer les choses sans savoir s’exprimer, discuter, prendre connaissance de dossiers etc … ?
    Ces questions sont à poser dès maintenant , on ne peut pas se contenter de lister des revendications il faut aller le plus loin possible dans « le comment ? ». Il faudra une rupture , il n’y a pas une longue transformation petit à petit qui aboutira au communisme (en passant par un socialisme …?).
    Il faut s’y préparer : le plus important, ce n’est le moment plus ou moins long de la rupture , je pense que c’est l’après !
    J’ai encore plein de choses à dire mais je suis trop long et j’espère ne pas avoir été trop inintéressant. Merci à Aude Lancelin dont on perçoit toute la pertinence à travers son métier de journaliste mené humblement pour mieux nous faire profiter de la pensée des autres.

Laisser un commentaire