« Devant les sénateurs: saint Xavier, comédien et martyr » par Aude Lancelin

21/02/2022

Le jeudi 18 février dernier, c’était au tour de Xavier Niel, patron du groupe Le Monde, d’être auditionné au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête visant à évaluer l’impact de la concentration des médias en France sur la démocratie. Beaucoup de mensonges, de storytelling et de bluff, qui ne laisse rien augurer de bon quant à l’issue d’une commission où les grands oligarques français de l’information auront été approximativement interrogés et constamment ménagés

Tandis que le milliardaire breton Vincent Bolloré est en passe de devenir l’ennemi numéro un de toute la corporation journalistique, suscitant désormais des hashtags, des appels, et même des films, lui se faufile au sein du paysage, faisant presque figure de petit père des cartes de presse du pays, protecteur des emplois et des libertés publiques. Symptôme révélateur, le documentaire « Media crash », produit par Mediapart et Premières lignes, sous-titré « Qui a tué le débat public ? », sorti le 16 février dernier en salles, ne mentionne même pas le cas Xavier Niel, l’un des plus puissants oligarques du pays, dans une relation fusionnelle avec l’Élysée pendant la majeure partie du quinquennat Macron. L’essentiel des péchés médiatiques se voient ainsi concentrés sur le grand méchant Bolloré et, marginalement, sur Bernard Arnault, patron de LVMH via l’affaire d’écoutes stupéfiante de François Ruffin, fondateur de Fakir. Un oubli en forme d’absolution inespéré pour Niel, s’agissant d’un film voué à poser la question de la concentration des médias auprès d’un public plus large, plus jeune, et cela à quelques semaines du premier tour de la présidentielle. Le distributeur Jour2Fête annonçait un succès en salles ce dimanche 20 février sur Twitter.

Devenu quasiment le seul maître du « Monde », quotidien de référence du pays, le patron de Free est pourtant à ce titre un influenceur particulièrement menaçant de la circulation des opinions dans le pays et bien au-delà des frontières, disposant d’un levier sans équivalent à l’égard du pouvoir. Pour mémoire, on rappellera que son groupe comprend également Télérama, Courrier international, le Huffington Post, ou encore la Vie, que Niel est toujours actionnaire majoritaire de l’Obs, et qu’il est également en train d’avaler de nombreux titres de la presse locale. Apothéose en termes de blanchiment réputationnel pour l’ancien exploitant de peep-shows, son groupe envisagerait même de créer une école de journalisme, entend-on au Sénat ce 18 février 2022. Pourquoi ? Parce que « l’investigation c’est super important », explique non sans humour noir aux sénateurs le géant des télécoms, connu pour son obsession du secret, la proximité extrême qu’il a longtemps entretenue avec le « super président » Macron et son régime, entre autres instigateur de « la loi sur le secret des affaires », une des plus agressives jamais promulguées contre les enquêteurs et les lanceurs d’alerte. Pourquoi pas après tout, les filières de la boucherie peuvent bien ouvrir des élevages.

Xavier Niel en compagnie de Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, la première fortune de France

Depuis que l’attention s’est fixée sur la montée en puissance du patron de Vivendi et de son vassal islamo-obsédé Éric Zemmour, ces réalités-là semblent s’être évaporées pour toutes sortes de têtes oublieuses, ou bien tombées de la dernière averse. Une diversion idéale pour l’homme qui avait pourtant juré ses grands dieux que « le Monde » était une aventure collective, et qu’il ne se retrouverait jamais seul à porter l’héritage d’Hubert Beuve-Méry. Las, c’est pourtant bien l’incroyable réalité à laquelle on assiste depuis le décès de Pierre Bergé et l’éviction forcée de Matthieu Pigasse, qui révèlera lors de sa propre audition au Sénat le 28 janvier dernier, avoir été victime d’un véritable guet-apens financier aux lendemains de la présidentielle de 2017. Derrière cette opération, la main de l’Élysée visant à sortir de l’actionnariat du « Monde » ce banquier d’affaires ouvertement anti-macroniste, se revendiquant parfois tapageusement de la gauche radicale, et en tout état de cause jugé incontrôlable (1). Les rires éloquents de Matthieu Pigasse l’indiqueront du reste sans la moindre ambiguïté aux sénateurs. « La banque qui me soutenait depuis 2009 a cessé brutalement de me soutenir. Je laisse à chacun le soin de comprendre pourquoi la banque a agi comme cela. (Rires) J’ai dû rembourser une montagne d’argent. » (2) Lors de son audition au Sénat sous serment, Niel maquillera cette affaire de nettoyage politique extrêmement inquiétante, dans laquelle il pourrait tout à fait être soupçonné être le complice de l’Élysée, en soi-disant besoin pour son ex-ami « Matthieu » de récupérer des liquidités afin d’investir dans « d’autres activités ». Un mensonge parmi de nombreux autres proférés ce jour-là, ainsi que nous allons le voir.

« DES SÉNATEURS TÉTANISÉS PAR LA PUISSANCE DE L’ARGENT »

Ce 18 février, l’audition de Xavier Niel au Sénat devant la « commission sur la concentration des médias » ne laissait guère espérer de coups de théâtre, ou de moments délicats pour l’oligarque. Notamment pour tous ceux qui avaient assisté, lors de la prestation de Bernard Arnault, au spectacle de sénateurs tétanisés par la puissance de l’argent, voire confits en dévotion devant les demi-dieux que, pris d’une folle audace, ils avaient osé convoquer à s’asseoir face à eux sur des chaises de simples mortels. À Niel, une sénatrice déclarera du reste sa flamme en fin d’audition, saluant le « brin d’insolence » qui le rendrait, à ses yeux, éminemment « sympathique au sein des quelques entrepreneurs français faisant notre fierté ». Au sujet de cette commission, notons au passage que depuis le début tout interroge. Le timing tout d’abord. Pourquoi ses conclusions seront-elles rendues à quelques jours du premier tour de la présidentielle, quand ce problème qui détruit toute sincérité du scrutin aurait dû être lancé toute affaire cessante aux lendemains de l’élection d’Emmanuel Macron, si l’entreprise avait eu le moindre sérieux ? L’absence de pugnacité des sénateurs surtout, qui, à quelques banderilles près, plantées de façon un peu aléatoires, ont surtout exprimé une méconnaissance impressionnante du dossier. A quoi bon déplacer le ban et l’arrière-ban pour poser des questions aussi imprécises ?

Surtout, concernant le cas Xavier Niel, le sénateur PS David Assouline, rapporteur de la commission, et à ce titre principal conducteur des différentes auditions, laissait vraiment craindre pire. En effet, lors de l’audition de Matthieu Pigasse, ex-coactionnaire de Niel, il était allé jusqu’à donner en exemple le système mis en place au sein du « Monde », avalisant le conte pour enfants de l’indépendance totale de la rédaction, prétendument définitivement garantie depuis 2010 par une charte. « J’admire cet aspect du Monde dans son organisation » était allé jusqu’à affirmer Assouline, sortant étrangement de sa neutralité. Toute personne sérieuse sait ce que valent ces garanties pompeuses de l’indépendance rédactionnelle quand on les met en regard du pouvoir actionnarial de choisir l’homme à la tête d’une rédaction, et bien sûr de nommer le directeur général du groupe qui se fera fort de faire appliquer au quotidien la loi du maître. Ceux qui croient au pouvoir des chartes dans les rédactions sont à peu près les mêmes que ceux qui croient à la finance verte. Du reste, ce sont aussi bien souvent ceux qui votent encore Parti socialiste, et ceux qui pensent que parce que Niel ne met pas de cravate, il appartient forcément un peu au camp des progressistes, c’est à dire des gentils, il y a donc au moins une logique à tout cela.

« NIEL NOMME SON FILS PARMI LES ADMINISTRATEURS DU FONDS POUR L’INDÉPENDANCE DU MONDE »

On se préparait donc à vivre un moment d’enfumage particulièrement pénible quand serait évoqué le fameux « fonds pour l’indépendance de la presse » dans lequel Xaviel Niel avait prétendument, à grands roulements de tambour, transféré l’intégralité de ses participations dans la presse pour 1 euro symbolique. Fort heureusement, on est parfois surpris en bien. Visiblement mis au parfum entretemps, et réveillé de sa naïveté coupable, le sénateur Assouline est en effet parvenu à démasquer à plusieurs reprises, lors de l’audition de Xavier Niel, le caractère largement factice de l’indépendance de ce fonds, jusqu’à agacer sérieusement l’oligarque. Ainsi a-t-il relevé que celui-ci avait été entièrement façonnée à la main du fondateur de Free, ce dernier disposant du pouvoir de nommer 4 des 6 administrateurs de ce fonds, révocables par lui à tout moment (3). Cerise sur le gâteau, on apprend que non content d’avoir nommé une de ses proches entre les proches, Roxanne Varza, la jeune patronne de Station F, parmi ces administrateurs garants de l’indépendance capitalistique du groupe, Xavier Niel a aussi nommé Jules Niel… son propre fils, âgé de 21 ans.

Emmanuel Macron à l’inauguration de la Station F, incubateur « French Tech » de Xavier Niel en juin 2017

Un geste monarchique de la part d’un multimilliardaire dont le storytelling destiné aux gogos le voyant comme le Robin des bois du forfait bloqué, a longtemps inclus de vouloir abolir l’héritage. Ainsi assurait-il encore en 2014 vouloir « inventer un autre capitalisme » et ne rien transmettre à ses descendants. Désormais, Niel s’inscrit directement dans le sillage du CAC 40 le plus banalement patrimonial (4), celui des Bolloré, Bouygues et Arnault ayant nommé leur progéniture à tous leurs étages de direction au sein de leurs groupes. Pris la main dans le sac en commission sénatoriale, Niel se défendra d’une bien curieuse façon, indiquant que c’était les journalistes du Monde qui, craignant de se voir abandonnés, lui auraient demandé un geste prouvant son attachement indéfectible. « Si un jour on a un problème financier, on veut être sûr que tu sois là. » Dans un élan magnanime, l’ogre des télécoms leur aurait donc « offert » le dauphin du royaume Free. On se pince en relatant des choses aussi burlesques. Chacun pourra néanmoins en constater la véracité sur le replay en ligne de l’audition du Sénat. « C’est dur d’être aimé » ira jusqu’à glisser l’homme. De deux choses l’une: ou cette conversation est le fruit de l’imagination fertile de l’oligarque, ce qui demeure le plus probable. Ou la servilité de certains membres du groupe le Monde, dépasse encore tout ce que nous avions imaginé. Dans les deux cas, tout cela est grave et augure très mal de la crédibilité de ce fonds.

« QUAND UN JOURNALISTE M’EMMERDE, JE PRENDS UNE PARTICIPATION DANS SON CANARD, ET APRÈS IL ME FOUT LA PAIX »

Un autre sénateur, Michel Laugier, ancien élève de l’ESJ Paris, se risquera à l’interroger sur le propos de longue date certifié par la journaliste Odile Benyahia-Kouider, aujourd’hui journaliste au Canard enchaîné, résumant la philosophie de Niel en matière de médias : « Quand un journaliste m’emmerde je prends une participation dans son canard, et après il me fout la paix. » Une fois de plus celui-ci niera devant le Sénat avoir prononcé ces mots. Mais au fond, a-t-on encore besoin d’aveux s’agissant d’un mogul dont les relations longtemps extraordinairement houleuses avec les enquêteurs s’aventurant à mettre le nez dans ses affaires sont depuis longtemps un secret de polichinelle ? Le journaliste Renaud Lecadre à Libération, qui essuiera cinq procès en diffamation de Niel, ou Emmanuel Paquette de L’Express, coauteur d’une biographie non autorisée, « La Voie du pirate » chez First en 2016, peuvent entre autres témoigner de la violence autant que de l’interventionnisme du personnage.

À part ces quelques embûches, Xavier Niel aura eu les coudées franches pour débiter ses boniments, et défendre ses obsessions usuelles, contre son rival Martin Bouygues notamment, la fusion TF1-M6 le plongeant manifestement dans un véritable océan d’angoisse. Evoquant sa lutte acharnée contre ce rapprochement capitalistique comme le combat du bien contre le mal, Niel, la voix étranglée, ira même jusqu’à dépeindre en audition une enfance de banlieue à Créteil, qui ferait apparemment que, contrairement à Bouygues, il ne serait pas le rejeton d’une dynastie du CAC 40, assurant qu’il n’aurait jamais dû se trouver là aujourd’hui devant les sénateurs. Une séquence émotion un peu étrange, et même totalement déplacée, s’agissant d’un milliardaire vivant entre la prestigieuse Villa Montmorency et une réplique du Petit Trianon dans le 16ème arrondissement de Paris, aux côtés de sa compagne Delphine, fille de Bernard, désormais l’un des hommes les plus riches du monde aux côtés de Jeff Bezos, patron d’Amazon, ou d’Elon Musk.

Concernant ses velléités d’investissement dans les médias, tout au long de l’audition, on aura pu entendre que pour Niel, « l’important était que les médias restent indépendants ». Une affirmation qui ne manque pas d’humour émanant de celui qui, depuis les années 2010, n’aura eu de cesse de saupoudrer de petites ou de grosses sommes d’argent le moindre titre, depuis le plus petit site d’informations spécialisé, jusqu’au mensuel d’extrême-droite « Causeur », pionnier de la thèse du « grand remplacement », ou encore « Bakchich », aujourd’hui disparu, « les Jours », pourtant lancé par des ex de « Libération » sur le créneau de l’indépendance, mais aussi d’autres titres, qui le dissimulent aujourd’hui encore, tous ces investissements ayant eu lieu dans le but avéré de se donner des leviers d’influence partout, ou a minima d’ambiancer favorablement tout le milieu, et de se bâtir ex nihilo une respectabilité après un passage en détention préventive au milieu des années 2000.

Qu’est-ce qu’un média indépendant s’il doit sa persistance dans la survie à ce genre de laisse financière ? Il faudra un jour se poser tous tranquillement, et redéfinir le concept de média indépendant. Autre affirmation savoureuse venant d’un acteur du marché des télécoms low-costs, notoirement assoiffé de dividendes, son but, en venant dans une activité notoirement déficitaire telle que la presse, aurait seulement et uniquement été de gagner de l’argent. Tout comme Vincent Bolloré assurait le 19 janvier dernier aux sénateurs que son empire de médias était « uniquement un projet économique », Xavier Niel affirme ce matin-là lors de son audition : « pour moi, c’est une activité industrielle. » Ainsi le fondateur de Free se gobergera-t-il également face aux sénateurs d’avoir fait une formidable opération financière en étant primo-investisseur dans Mediapart à sa fondation, se vantant d’avoir touché « quatre ou cinq fois sa mise ». 

Souiller les rédactions de gauche dans lesquelles il a mis à un moment donné la moindre somme d’argent est de longue date un de ses plaisirs tordus de grand seigneur des médias. Ainsi souligne-t-il également ce jour-là devant les sénateurs qu’il est l’actionnaire majoritaire du « Monde diplomatique », signe à ses yeux de son extrême ouverture d’esprit, et de la liberté totale qui règnerait dans les bergeries administrées par les loups de son groupe. Que l’on me permette sur ce point d’évoquer pour la première fois un souvenir personnel pénible. Lors de mon licenciement du poste de numéro 2 de la rédaction de l’Obs par les hommes de Xavier Niel en 2016, consécutif à ma soi-disant implication dans le mouvement « Nuit Debout », et pour lequel le groupe sera définitivement condamné par la cour d’appel de Paris en mai 2021, cet argument-là sera même utilisé en justice contre moi. Ainsi mon dossier de licenciement comporte-t-il des dizaines de pages de photocopies de blogs du « Monde diplomatique », garanties authentiques par huissier (sic), censées apporter la preuve qu’un actionnaire laissant publier des horreurs gauchistes pareilles dans un des recoins de son empire ne saurait se rendre coupable du licenciement politique d’un responsable, ailleurs au sein de son groupe. Un argument évidemment balayé par la cour d’appel, mais dont on mesure l’intense perversité – et qui permet de comprendre pourquoi, aucune rédaction jamais, en aucune circonstances, ne devrait accepter un euro d’un personnage pareil. « There ain’t no such thing as a free lunch« , dit le proverbe anglais. Avec Niel, comme avec les autres, tout a toujours un prix, et il est généralement élevé.

« Je finance des journaux qui vont de l’extrême-droite à l’extrême-gauche »: Xavier Niel utilisant sa participation dans Le Monde diplomatique pour démontrer son pluralisme, au Sénat le 18 février 2022

Comme souvent, la réalité est fort différente des déclarations publiques de M. Niel, les statuts du « Monde diplomatique », extrêmement protecteurs et originaux, conférant une véritable autonomie à son actuel directeur, l’indéboulonnable Serge Halimi (5), et « Mediapart » ayant réussi à se débarrasser de cet actionnaire aussi minoritaire qu’encombrant, publiant même en 2013 un feuilleton particulièrement sévère sur la saga balzacienne de la maison Niel, de la prison jusqu’aux ors de l’Elysée. Une série d’articles parue sous la plume de Laurent Mauduit, Dan Israël et Martine Orange, dont le souvenir reste pour l’oligarque tellement cuisant qu’il y fera directement allusion ce 18 février devant les sénateurs, tentant de se montrer en revanche caressant avec le journaliste Fabrice Arfi, « un garçon sérieux, raisonnable ».

Devant les sénateurs, sans que la contradiction avec sa volonté de faire seulement du business ne soit relevée, Niel n’aura eu de cesse de se poser en missionnaire, en bienfaiteur, en sauveur d’un monde médiatique en péril. Au « Monde », nous avons « créé tout un système leur permettant d’écrire ce qu’ils veulent », affirme sans rire le businessman. A 22’29 de l’audition, Niel déclare également avoir pris conscience tardivement, touché par la grâce comme Claudel à Notre-Dame, que la presse était « un bien commun » et qu’il était de son devoir d’œuvrer à la garantir. C’est ainsi du reste qu’il justifie ses inquiétants investissements dans la presse locale, le groupe « Nice-Matin » étant entièrement passé sous sa coupe en 2020, pendant le Covid, tandis qu’il grenouille notoirement autour de « La Marseillaise » et de « la Provence », que le fils de Bernard Tapie souhaiterait lui transmettre, et a fait main basse de longue date sur « France Antilles ». L’explication citoyenne qu’il donnera devant les sénateurs à ce dernier rachat est à la limite du rance. Ainsi, évoquant les DOM-TOM, notamment la Guyane, Xavier Niel lâchera-t-il: « La notion de fake news est incroyablement élevée sur ces territoires. Il fallait bosser sur le sujet ». À croire que les Antillais devraient remercier le grand homme blanc venu des télécoms leur transmettre du fact checking des Décodeurs, entre autres bienfaits de la colonisation.

Ses concurrents, il faut « les bouffer, les tuer, les prendre »: Xavier Niel explique sa philosophie du business au rassemblement « Big 2021 » le 7 octobre 2021 , événement réunissant entrepreneurs et startupeurs

« L’ÉTAT FRANÇAIS, PROSTERNÉ DEVANT LE VEAU D’OR »

Aussi spectaculaire que soit la percée de Vincent Bolloré, aussi menaçantes que soient ses options idéologiques, aussi radicales que soient ses méthodes de mise au pas dans les rédactions, si demain l’on retirait du paysage médiatique le bienfaiteur ultra-conservateur du candidat Zemmour, les médias français n’en seraient nullement dépollués. Le mal est plus profond, il n’a évidemment pas commencé avec le rachat de Canal+, c’est un système entier qui est vérolé par l’argent, à un rythme accéléré depuis le quinquennat Hollande, qui a notamment permis le rachat de « Libération » par Patrick Drahi, ou du « Parisien » par Bernard Arnault. Ce sont désormais la quasi-totalité des circuits de l’information qui sont aujourd’hui passés sous la coupe des maîtres de l’armement, des télécoms, du luxe ou encore de l’énergie fossile avec le surgissement et la percée fulgurante de Daniel Kretinsky. On ne saurait donc hélas s’étonner aujourd’hui de voir des sénateurs socialistes ou LR s’aplatir devant un Bernard Arnault ou son beau-fils Xavier Niel, lorsqu’on se remémore la servilité du chef de l’Etat français lui-même, Emmanuel Macron, servant de simple faire valoir à celui-ci lors de la réouverture du temple du shopping La Samaritaine en juin 2021, ou celle de son prédécesseur François Hollande qui, convié à l’inauguration du musée de la fondation Vuitton, le 20 octobre 2014, prononcera un discours en état de transe totale : « Ce qui se passe ici, c’est plus qu’un fantastique musée : c’est un morceau d’humanité. » (6)

François Hollande, avec Bernard Arnault, convié à l’inauguration du musée de la fondation Vuitton, le 20 octobre 2014

Tant que l’État lui-même se prosternera devant le veau d’or, aucune commission, d’aucune instance ne sera en mesure de protéger la libre circulation des idées dans le pays. Et l’on ne s’étonnera pas de voir les sénateurs se montrer sensibles aux arguments capitalistiques les plus approximatifs concernant la taille qu’il faudrait atteindre pour rivaliser avec les GAFAS, comme si saccager l’information hexagonale offrait la moindre chance de rivaliser un jour avec Netflix ou Google, comme si ces champs d’activités avaient le moindre rapport entre eux, comme si toute velléité de souveraineté numérique n’avait pas déjà été enterrée depuis plus de vingt ans en France. Il est vrai que le problème du financement des médias est en réalité davantage un problème moral qu’économique – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce n’est pas notre triste époque qui le réglera. C’est aussi la raison pour laquelle personne ne l’a jamais exprimé de façon aussi claire, tranchante et définitive que les membres du Conseil National de la Résistance dans les ordonnances de 1944 qui, quoiqu’en disent quelques experts en médias stipendiés, n’ont pas pris une ride. C’est aussi la raison pour laquelle aucun des mastodontes financiers cités plus haut, à la fois intéressés à peser sur l’opinion publique, et à infléchir les décisions de la puissance publique en leur faveur ne devrait être légalement en situation de pouvoir les financer, et a fortiori d’en détenir en nombre. Jamais, en aucune circonstances. Tout le reste n’est que prétexte à organiser des commissions dont on sait par avance qu’elles se termineront sans fleurs ni couronnes.

Aude Lancelin

(1) Telle est la thèse évoquée par les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans « Le Traître et le néant », Fayard 2021. La journaliste Sonia Devillers les questionnera directement à ce sujet sur France Inter dans « l’Instant M » le 13 octobre 2021 👉 https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-du-mercredi-13-octobre-2021

(2) La banque en question est le groupe BPCE

(3) Ce qu’annonçait déjà un article très informé de Laurent Mauduit sur Mediapart. Ici 👉 https://www.mediapart.fr/journal/economie/230821/l-embrouille-de-xavier-niel-autour-du-fonds-pour-l-independance-de-la-presse

(4) L’article 14 des statuts du fonds stipule, par ailleurs, qu’en cas de décès du fondateur, ses droits se transmettront de plein droit à ses « ayants droit« , à savoir ses héritiers. Une transmission « qui semble construite pour que la propriété du Monde demeure ad vitam aeternam entre les mains d’une seule famille » commentera l’économiste Julia Cagé, le 17 septembre 2021 sur le site Arrêts sur Images

(5) La particularité du « Monde Diplo » au sein du groupe « Le Monde » est notamment que c’est l’équipe qui y propose le nom du directeur. Le Conseil de surveillance peut le refuser, mais jamais en proposer un autre qui n’ait pas l’aval de celle-ci. Ailleurs dans le groupe, la situation est exactement inverse: l’actionnaire intervient en amont, et propose un nom jusqu’à obtention d’un homme lige satisfaisant.

(6) Cité par Jean-Baptiste Rivoire dans « L’Élysée et les oligarques contre l’information », page 185, éditions LLL

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13 Commentaire(s)

  1. Nos élites réformistes se vautrent dans la soumission aux financiers et autres capitalistes véritables décideurs en France , dans l’UE et dans le monde anglo-saxon.
    Le dégout d’Aude Lancelin est d’autant plus compréhensible que c’est son métier qui est bafoué et qu’elle le vit pleinement.
    Superbe journaliste au grand courage, à part une radicalité lucide et ferme , je n’ai pas de solution . Il faut aller jusqu’au bout n’importe comment on va tout perdre (on a déjà beaucoup perdu) au moins gardons notre liberté et notre fierté d’humain..

  2. Article puissant et fuselé, tendu comme une voile par grand vent. Lu d’une traite sans décrocher le regard, happé par sa vivacité et sa pertinence. Et comme le souligne Ainuage dans un précédent commentaire, s’y manifeste aussi le poétique, entendez par là une musicalité (« De la musique avant toute chose et pour cela préfère l’impair », écrit Verlaine) qui donne force et rythme au texte, conjuguant sons et sens, parfois dans des effets de balancier qui font gîter la pensée. Bref, ça vente et ça houle. On en ressort giflé et rincé comme après une sortie en mer rugissante, mais revigoré par la traversée.

    Rien à dire ou à ajouter donc, sur ce qui est là énoncé en verve. Sauf peut-être à prolonger le regard sur l’horizon que cet écrit esquisse d’un fugace lever de voile plaintif : le long (et forcément rude) combat qui attend les tenants d’une véritable indépendance des médias.

    Constat grave et lucide sur front léger.

    La situation est pour ainsi dire, cataclysmique ; quel grand média n’est pas tombé sous la coupe d’une puissance financière ou industrielle dont les intérêts sont avant tout mercantiles ? Existe t-il encore une télévision qui peut se dire « publique », quand l’État lui-même, en proie à la servilité envers ces mêmes puissances d’argent-roi stériles, instrumentalise en sévices les « services » qu’il est censé rendre au peuple, qu’il s’agisse du de l’emploi des forces de l’Ordre pour violenter la population ou des chaines de télévision pour lui mener une guerre psychologique ?

    Quel autre solution face à cette main mise et confiscation de la parole publique (et donc quelque part, de la pensée), par de puissantes puissances, que de miser que sur ses seules forces et moyens pour faire entendre sa voix et reconquérir cette indépendance ? Notre époque portée par un fort individualisme et un doute fondamental envers les structures et les institutions, semble privilégier actuellement l’expression de voix uniques et singulières, qui rassemblent leur public sur les réseaux sociaux (youtube, facebook) autours de leurs nom et champs de connaissance et/ou d’expérience particulières, pour maintenir vivantes une certaine indépendance et liberté de ton.

    De ces voix multiples et disséminées aux moyens limités, se dégagent bien parfois quelques éclairs ou éclats (« par des éclats de voix, je vois! »), mais ils demeurent le plus souvent, noyés dans le flot pour la plupart, et sont tous peu ou prou, cantonnés à un sujet très ciblé, dans l’incapacité de tenir table large. À l’instar des artistes, ces figures ont leur public, mais leur public ne les déborde pas, elles ne font pas « peuple », elles font juste « voix ». On appelle cela une « niche » dans ce monde devenu d’aboyeurs. N’est pas Johnny ou Coluche qui veut. Et même si l’une d’entre elles surgissait comme tel, que porterait-elle qui nourrisse vraiment la pensée ou l’action collective qui porte à construire ? Parviendrait-elle à tenir le ring une fois percées les lignes ? Quand on a pris la barraque, il faut la tenir !

    Prenons Jérôme Rodriguez par exemple, figure bien connue des GJ, qui affiche près de 250.000 abonnés sur sa page facebook et qui a pour lui légitimité, force de conviction et talent d’orateur. C’est plus que le tirage du quotidien l’Équipe (210.000), pourtant l’un des journaux les plus distribués en France avec le Monde (450.000) et le Figaro. Son influence est-elle comparable à celle de ce journal ? À en juger par sa récente mise en garde à vue abusive et le peu de relais dont il a bénéficié hors de sa sphère personnelle pour relayer son indignation et les faits sur celle-ci, on comprend aisément qu’il n’est guère plus considéré aujourd’hui par les pouvoirs et les médias, que comme une « voix au désert ». Et on se doute comment il finira.

    [ Que Jérôme Rodriguez ne me porte pas ombrage des propos que j’ai tenu sur lui s’ils lui sont rapportés ou s’il me lit, c’est l’honorer me concernant, que de lui prêter les mots que Jésus eut pour son cousin Jean-Baptiste, qui finit comme on le sait, décapité sans jugement pour satisfaire un simple caprice. Et pourtant selon Jésus lui même, 《il ne s’était pas levé de plus grand prophète en Israël !》. Jésus lui aussi y passa, soit dit en passant. Mais il fut traduit devant le Sanhédrin et Pilate avant d’être passé à trépas, prouvant par là même qu’il representait une force que l’on ne pouvait pas ignorer au point de devoir mettre en scène son assassinat, lui assurant par la même, sans le vouloir, haute visibilité. On connait la suite. De Jean-Baptiste l’on continue de parler, parce qu’il y eut Jésus que l’on a pas finit de faire tourner. Fin de parenthèse sur Jérôme Rodriguez.]

    Il manque à ces « médias en pointe », dont le destin est de finir « star » pour un temps ou « voix au désert » pour toujours, une plateforme (y compris de plus vaste pensée) pour s’étendre, relayer et porter loin leurs voix et leurs combats. Le monde médiatique et en particulier l’Information, est un domaine crucial puisqu’il forge l’opinion et véhicule quoiqu’on en dise, plus que des vues et des faits : une représentation de l’humain et du monde. Or de nos jours, les grands médias sont envahis par le mensonge, le pathos, le divertissement, le « narratif », la mise en scène des faits. Les intérêts mercantiles qu’ils servent super-structurent leurs discours, au point de vider l’information d’elle-même devenue simple support de manipulation et de séduction. Ces médias en viennent à menacer la capacité de penser de leur public à force de le conduire comme un troupeau de moutons à l’abattoir. On se souvient de la fameuse phrase de Patrick le Lay, pdg de TF1, au début des années 2000 : 《mon métier, c’est de vendre aux annonceurs, du temps de cerveau disponible》. En le paraphrasant froidement, on pourrait dire aujoujourd’hui au sortir du Covid, que 《 le métier des médias mainstream pendant cette crise, fut de vendre à Pfizer&Co, de la chair à cobaye disponible (et aux gouvernements, de bons sujets obéissants)》. Qui me dédiera ? C’est dire l’ampleur de la crise, et ce d’autant plus, qu’historiquement les médias ont toujours eu à tenir peu ou prou un role de contre-pouvoir face aux institutions dans nos sociétés mues par des rapports de forces. Voilà à quoi les médias nous ont conditionnés, et ce à quoi ils se sont par là-même réduits, à être des corps pantelants qui ne savent que gober (ou recracher c’est selon) et qu’obéir. Que peut-il dès lors en sortir ?

    Face à ce cynisme revendiqué qui s’est généralisé et gangrenne les médias de la base au sommet, que conviendrait-il de faire ? 《Si ton oeil est pour toi une occasion de chute, alors arrache-le ! Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume des cieux, plutôt que de finir tout entier dans la géhenne.》Cette sentence de Jésus (encore lui, j’ai dit qu’il avait pas finit de tourner) tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, j’en conviens. Mais un cheveu du Nazaréen, mazette, ça vaut son pesant de cacahouettes. Je translate en langue profane pour les non-entendants : 《Si ce que tu regardes, i.e tous les farces médiatiques que tu t’envoies dans la face, te bouffent le cerveau et te mettent en cage, alors jette ta télé ! Mieux vaut pour toi apprendre à t’en passer, plutôt que de finir lobotomisé》. Reste que sans media pour s’informer et se relier, on risque fort de finir tous isolés et mal embouchés.

    À l’image de ces GJ qui ont constitué un syndicat en bonne et due forme, pour porter et défendre leurs idées et leurs valeurs dans le monde de l’entreprise, il m’apparait incontournable voire indispensable que naissent et émergent de nouvelles sources et vecteurs d’information transverses d’envergure pour penser et dire l’actualité librement et autrement, selon d’autres valeurs et d’autres vues que celles des institutions dinausoriennes en place qui phagocytent la parole publique et musèlent la pensée, en particulier celles contestataires. Un média est potentiellement plus qu’un relais d’informations ou un porte-voix. C’est un tressage de voix qui fait voile au vent autant qu’étendart, et peut le cas échéant porter et symboliser une espérance ou un changement. Les titres « Combat » porté par Albert Camus ou « Libération » porté par Jean-Paul Sartre en leurs temps, illustrent bien cette dynamique du médiatique.

    Le noeud d’un média indépendant cependant, dans l’économie de marché qui est la notre, c’est le financement et la participation active de son public, seul garant in fine de son indépendance. Un média indépendant ne peut survivre dans ce jurassik park, sans soutien et relais. Un média n’est pas un bien de consommation courante reproduit et vendu mecaniquement du pareil au même jour après jour. Il est comme l’Education, une sorte d’investissement qui participe de plein pied à la construction de l’humain et de la société. Il en est une émanation collective, même si la fraction de la société qu’il représente est minime. Certains parlent même d’un média qui remplirait sa fonction, comme d’un « bien commun ».

    Dans ce pays habitué à recevoir de l’Etat le « bien commun » et donc peu enclin à payer directement pour ce qui lui semble dû, c’est à chacun de prendre conscience que l’existence de médias indépendants dignes de ce nom est devenue vitale pour l’évolution de nos sociétés et que ces médias méritent d’être portés et investis comme une sorte de militance voire de combat. Quel pays, région, parti, syndicat, association,… ne dispose pas de son journal, site ou bulletin de liaison ? Même les grandes enseignes commerçantes ont leur feuille de choux qui leur coûte plus de sous plus qu’elle ne le leur en rapporte. Alors à plus forte raison un peuple qui aspire à la liberté et l’autonomie de penser.

    Pour clore ce com un peu long, une mention spéciale pour QG qui me semble avoir tous les atouts pour relever le défi de ces indépendance et liberté évoquées ici. Je n’ai pas choisi d’y verser mon ecôt (abonnement + redevance vu que j’ai jeté ma télé) et de le soutenir, par fidélité « idéologique », mais parce que j’y ai reconnu une Intelligence à l’œuvre, preuve s’il en est que cette initiative est capable de porter bien au delà de sa sphère d’affinité. Aude Lancelin, fondatrice de ce média, ne fut-elle pas récemment invitée sur France 5 pour incarner dans une émission mainstream, ce journalisme indépendant en temps de crise ? Je lui souhaite vivement de trouver et rassembler les soutiens nécessaires pour grandir et évoluer.

    1. Très bien vu !
      En filigrane, la difficile question du financement « libre », « privé » de l’expression médiatique
      – par les lecteurs lambda, cad essentiellement par le « travail » (cad travailleurs libres individuels)
      ou
      – par le capital lambda aussi, cad essentiellement par « l’exploitation du travail » (cad capitalistes libres individuels)
      est posée.

      Les capitalistes n’achètent pas les journaux « du travail », alors que les travailleurs achètent (indirectement) massivement les journaux du capital !

      A ce jour, pas de solution vraiment évidente à cette affaire. QG est effectivement une solution; à protéger dans le principe; mais c’est pas si évident; le lecteur est capricieux; c’est sa liberté.

      1. Belle relance, merci !

        Eu égard la situation actuelle, la solution pour un média « peuple » indépendant n’est pas évidente en effet, mais sa voie est toute tracée. Trouver et fidéliser un public engagé qui lui corresponde. Un socle sur lequel s’appuyer et faire avec les fluctuations pour percer.

        « Le lecteur est capricieux » dites vous. Vous me faites pensez là au film « Gladiator » de Ridley Scott. Derrière le décorum de violence spectaculaire (nécessaire pour faire recette), ce film propose une profonde réflexion sur le pouvoir, en particulier celui des médias. Me revient en mémoire une réplique d’un second rôle principale, la sœur de l’empereur tyrannique commentant la réaction de la plèbe pour amadouer son frère et éteindre la méfiance qu’il nourrit envers elle : » la foule est capricieuse mon frère, elle aura oublié dans une semaine »…

        Oui le public est capricieux et virevoltant et c’est bien là tout le problème quand on vit de l’attention de « la plèbe » (j’emprunte le mot au film en question pour la circonstance). « On peut tout perdre ou tout gagner… au dernier round » (Kool Shen, un rappeur qui s’y connait en mise en scène « plébéienne »). Un mot ou un geste de travers et vous tombez à revers. Voyez Montebourg parti en fanfare pour les élections avec sa « Remontada » (pourquoi un mot d’origine espagnol pour une élection présidentielle française? Pour faire révolutionnaire ?), qui s’est fait ramassé en un coup de cuillère à pot avec sa malheureuse sortie sur Western Union (Quand on lorgne sur le noir et rouge faut pas sortir sa fraise yankee). Exit le Montebourg, retour à la case bas pour un mot de trop ! Édifiant n’est-ce pas ?

        D’où la réplique culte en écho qui sonne comme LA solution à contrario : « gagne la foule! » dixit Proximo, le lanistas qui s’adresse à son champion avant de l’envoyer charcuter de la viande fraiche dans les arènes de l’impériale. « Je n’étais pas le meilleur parce que j’étais le plus fort, ou le plus rapide, mais parce que la foule m’aimait », poursuivit-il en guise de leçon ultime. Leçon que son champion retiendra. « Je lui offrirai quelque chose qu’elle n’a jamais vu » lui répondit-il. Et il tiendra parole pour finir.

        Il s’agit là de media-spectacle pour un public en quête d’émotion. Rien à voir me direz-vous avec un média-information pour un public en quête de raison. Pas si sûr, car la Raison a, elle aussi ses frissons, ses marottes et ses addictions.

        La difficulté est démultipliée à notre époque par le fait que les médias ont tout fait pour ramener le public et le conditionner à des émotions primaires qui l’abaissent, afin de le tenir en laisse comme un chien en rût devant le derrière des chiennes. Pardonnez les mots crus mais 30 ans passés à turbiner comme un soutier dans les studios de la capitale m’ont édifié quant à la réalité des médias, y compris ceux dits sérieux et de qualité.

        J’ai cité dans mon précédent commentaire la présence de Aude Lancelin sur France 5, chaine « honorable » en comparaison avec d’autres, et j’ai trouvé ses interventions remarquables. Mais avez vous jeté un oeil au reportage qui a ouvert le débat ? Un ramassis de propos médisants feutrés et de plans trompeurs à l’égard du petit peuple représenté, porté par un montage honteux et manipulateur pour faire passer des braves gens pour des complotistes cons à souhait. Un vrai traquenard cette émission me suis-je dit d’emblée, faite de surcroît pour se payer la tête de ceux là même qui la payent par la redevance. Une honte qui mériterait que l’on retire à cette chaine son statut de télévision « publique » et qui montre bien que de Raison, il n’y a plus depuis belle lurette dans ces contrées hagardes peuplées de dindes farcies. Y’avait qu’à voir la brochette de grassouillets vasouillards que Aude a empaillé sur place pour s’en convaincre. Je me demande même comment ils font encore audience, ces bedonnants bredouillants là. L’humain en France serait-il tombé aussi bas et lourd ? Je le crains. Et encore, je ne cite que France 5, si je devais parler d’Hanouna que j’ai croisé plusieurs fois…

        Bref, qu’en déduire ? Qu’à toutes ces tentations qui abaissent et flétrissent, je fais le pari qu’il faut proposer des tentations qui élèvent et anoblissent. Car je ne peux pas penser qu’au beau milieu de cette mare médiatique putrescente, ne puisse pas croitre et s’élever quelques lotus fluorescents. Loi du contraste qui structure la Création. C’est dans la nuit noire que l’on discerne le mieux les étoiles.

        Dans son intervention à Lille sur la question des Gilets Jaunes il y a peu, Aude Lancelin a dit qu’elle croyait en « l’intelligence collective ». Quoi de plus elevé que ce qui élève et unit ? L’Intelligence collective. Il y a longtemps que je n’avais pas entendu ce composé devenu rare, qui nous rappelle que contrairement à d’autres vertus ou qualités comme la liberté, cette intelligence là est partageable. Aude Lancelin fait plus qu’y croire puisqu’elle y œuvre. Certes cette « Intelligence collective » (terme qui recèle l’idée que l’humanité est un Tout indivisible) est au plus bas aujourd’hui, et miser dessus relève quelque part de la foi vu le contexte actuel. De la foi combative cela va sans dire. Mais ne dit-on pas de la foi qu’elle déplace les montagnes ? Il y a un petit côté « David contre Goliath » dans QG qui n’est pas pour me déplaire, que l’on retrouve dans la charge frondeuse de cet article contre Xavier Niel et les oligarques qui ont fait main basse sur les médias.

        Alors oui, pour en revenir à l’argent et au problème de financement de l’indépendance c’est jamais gagné d’avance. Mais qui ne risque rien n’a rien. La prise de risque s’oppose au hasard dans la Création, et in fine c’est la Volonté qui l’emporte, entendez par là la détermination. Et comme « on peut tout perdre… comme tout gagner au dernier round » (pardonnez le refrain mais écrire en prose est un peu pour moi comme chanter à capella), seul compte de toujours aller de l’avant avec ce que l’on a et ce que l’on est. Et comme on ne peut être qu’à partir de ce que l’on a… D’où l’importance d’avoir. Effet de seuil. Au reste les difficultés, le manque de moyens peuvent aussi s’avérer sources de précieuses realisations. Qu’est ce qui me plait dans QG ? Justement cette sorte de simplicité un brin austère dans les décors et la réalisation, mais qui respire l’attention portée à l’essentiel, la parole humaine, le fond. Dans ce cas, « Less is more ».

        Aujourd’hui QG est porté par les vagues de contestation des GJ, de la crise sanitaire et des présidentielles. « Le peuple » est mobilisé et en demande de changement. La situation sociale crée un foyer propice à l’émergence de nouveaux médias mais le soufflet retombera. QG comme les autres medias émergents (y compris les médias unipersonnels) vivront alors de ce qu’ils auront mis en place au delà de l’ecume des événements. Certains se sont déjà échoués au demeurant comme Didier Maïsto avec sa chaine Pda.tv. qui comptabilisent moins de 200 vues au compteur en moyenne sur Youtube pour leurs vidéos. Pas étonnant que son fondateur ait cherché à rallier une plateforme plus large (LFI qui a le vent en poupe en l’occurence) pour monnayer ses « notoriété et visibilité » (fonds de commerce de tout média). Cela annonce beaucoup d’autres naufrages en perspective.

        Inversement je fonde beaucoup d’espoir sur QG qui me semble avoir un atout maître dans sa manche : le parcours, l’intelligence et le carnet d’adresses de Aude Lancelin. Se dessine en triptyque les axes forces de sa démarche : devenir un foyer de haute pensée (il y a un public pour cela, voir le succès de Thinkerview pour ne citer que celui là), un vivier de journalistes d’investigation indépendants (ils apparaissent déjà en nombre sur la chaine) et un foyer d’expression et de transmission populaire (pour le moment cantonnés aux « live » et aux commentaires).

        Reste à convaincre le public de donner pour sa pensée ce qu’il donne pour sa panse. Et là une seule chose, outre la détermination déjà évoquée, peut changer la donne : la beauté transfigurante (qui n’a rien à voir avec la beauté esthétique même si cette dernière peut y participer. Je gage en effet que la belle figure de la Dame n’y est pas pour rien dans son relatif succès actuel). Beauté transfigurante avez-vous dit ? Oui. Je parle de cette beauté qui saisit l’âme, le cœur, l’esprit et jusqu’aux entrailles pour vous donner envie de sortir de vous même et devenir autre, qui vous porte à voir plus haut et plus loin, au-delà des murs qui emprisonnent l’existence. On pourrait dire d’une certaine manière que TF1 et consort ont choisi de passer par le bas pour « gagner la foule », inversant le processus de transfiguration inscrit en l’Humain (c’est ce qui le meut dans ses profondeurs même s’il l’ignore), en processus de dénaturation. Et on voit le resultat. Une foule certes, mais une foule misérable.

        Je suis conscient que plus on monte plus la foule se fait rare. Mais la qualité gagnée à cette beauté là a une force de taille : elle demeure ! Que restera t-il des grands médias actuels quand le monde qui s’en vient aura balayé le champs présent ? Rien ! Que restera t-il de ces médias indépendants qui auront réussi la traversée ? Des sentiers qui mènent à la Mer, vaste étendue large au sein de laquelle se brassent tous les contraires.

        Alors cap sur la Mer haute et Hauts les cœurs !

        1. J’ai envie de mettre en évidence une toute petite chose de votre commentaire ! la suivante :
          «on ne peut être qu’à partir de ce que l’on a…».
          Vérité absolue, qui semble, à tort, du matérialisme vulgaire. Ceux qui nous prêchent avant tout les nourritures spirituelles, devraient être fusillés.
          A la question «être ou avoir, quel est le plus important ?» Frédéric Dard a donné, sous forme d’humour, la seule réponse philosophiquement juste «l’important c’est d’avoir de quoi être». Etre et avoir ne sont pas séparables.
          Dans mon ressassage sur QG, j’appelle «l’avoir», force productive, ou pouvoir d’agir. C’est une des conditions (un des déterminants) premières de l’ «être social».

          Je note aussi votre nouvelle déclaration d’amour à Aude Lancelin (si, si, si, ne niez pas !). Elle le mérite. Elle a toutes les beautés : courage, intelligence, et même fierté (qui ne va jamais sans un peu d’orgueil, n’est-ce pas !), et bien sûr aussi, ce qui peut faire ou défaire la gloire d’une femme, la beauté physique (je dis «d’une femme» -au risque de me faire massacrer- car, en tant qu’homme préhistorique, je n’ai jamais ressenti d’impression de beauté (ou laideur) en regardant un homme : Gainsbourg, parait-il laid, ne m’a jamais paru plus laid qu’Alain Delon).

          Ainsi va la vie.

          1. Lo ! Que vous répondre sinon que je l’attendais ce retour de bâton. Si, si, ne niez pas, vous frappez encore une fois 😂 !

            J’ai hésité à publier mon com après écriture en me disant : 《est-ce que je ne pousse pas un peu loin le bouchon, là ? Ainuage ne va pas manquer de sortir du bois pour me tacler à nouveau et je vais me retrouver à nouveau le cul dans le ruisseau et la tête dans le cuveau》. La seule chose dont je peux me prévaloir en la circonstance, hélas, est ma clairvoyance. J’avais vu juste. Vous me gratifiez d’une « vérité absolue » sur « l’avoir et l’être » en introduction, histoire d’attendrir le morceau avant de sonner la charge, mais au final, vous me défoncer le plastron et je me retrouve une fois de plus à la masse. Nulle offense, je reconnais que j’ai parlé un peu fort. C’est mon côté italien ou espagnol je ne sais, communauté que j’ai longuement fréquentée.
            Ce qui m’a décidé à envoyer quand même mon com ? Une Évidence !

            Qu’est-ce qu’un média ? Et sur quoi repose t-il ? Tous les mouvements, toutes les religions, les idéologies, les projets, les nations, les partis… qui ont marqué l’Histoire, peuvent se rapporter à quelques axiomes de base qui expriment le fond de leur pensée et leur dynamique. Mais au final, à quoi se réduisent-ils et sur quoi reposent-ils dans la mémoire des hommes ? À une personne qui les ont incarnés. Une figure ! Un « visage » dirait Lévinas.

            Exemples ? Le communisme ? Marx. La philosophie ? Socrate. La deconstruction ? Derrida. Le christianisme ? Jésus. L’islam ? Mahomet. Le judaisme ? Moïse. Le nazisme ? Hitler. Vichy ? Pétain. La Resistance ? De Gaulle. Ce raisonnement est aussi valable pour le temps présent. La société Apple ? Steve jobs. Facebook ? Zuckerberg. LFI ? Mélenchon. La France (vue de l’extérieur) ? Macron. La Russie ? Poutine. Etc.

            Parce qu’avant d’être un monde d’idées, de lois, d’institutions, de grands principes, ce monde est d’abord et avant tout, un monde d’Hommes, disons d’humains pour faire plaisir aux dames, même si l’expression « monde d’hommes » n’est pas complètement infondée. Les femmes en viennent aujourd’hui à prendre leur place dans ce concert et c’est très bien. Vu le monde en proie à l’effondrement que les « hommes » nous ont laissé, on se dit qu’il est temps que change la donne. Qui sait si l’on ne parlera pas un jour de « La Femme » en qualifiant le plus élevé dans l’Humain, comme on parle aujourd’hui de « l’Homme » en terme générique pour qualifier les grandeurs de notre espèce ? Plaise à Dieu que cette Femme là surgise en chacun de nous ! Quand je vois Poutine Biden Macron Xi Xinping… jouer à celui qui aura la plus grosse, j’ai honte d’être « homme » et je pleure (oui, je pleure réellement) sur le sort que ces « hommes » là nous réservent.

            Concernant QG (parlons des femmes pour changer), à quoi l’identifier sinon Aude Lancelin qui l’a fondé et le conduit ? Partant de là, sur quoi miser sinon ses qualités ? Objectivement vous me donnez raison et je vous en remercie. Vous faites le même constat que moi. Vous lui prêter même des qualités que je n’ai pas mentionnées, comme cette fierté sans laquelle nul ne trouve la force de se dresser. Alors je vous retourne le compliment. Et sur ce fil qui traite de l’indépendance et de la liberté des médias où j’ai clairement énoncé mon point de vue et mon engouement, vous en déduirez comme moi que s’il y a un média et donc une personne qui peut se prévaloir d’incarner cette independance là en Franxe aujourd’hui, c’est QG et donc Aude Lancelin. Point barre. Notez que j’ai étudié la question avant de me lancer, mais il n’y avait rien d’autre ni personne sur le pont qui l’égale. Et je connais mon affaire, croyez-moi.

            Ce qui brouille le compteur, c’est que mes propos sont ceux d’un homme et que culturellement nous ne sommes pas habitués à voir des femmes en tête de pont, et qu’à force de les avoir réduites à n’être que l’objet de nos désirs, dès que l’une d’elle surgit en pôle position, les aiguilles s’affollent, les regards penchent et les langues pendent, surtout en plus si cette figure a beau « visage » (Levinas encore, ce juif chrétien dans l’âme). Auriez-vous dit la même chose de moi si mes propos avaient été tenus par une femme ? La seule chose que vous pouvez déduire à ce stade, cher Ainuage, c’est que oui, j’aime… LA LIBERTÉ et que je lui ai dedié mon épée ! Au point de parfois partir en furie pour l’exprimer et la défendre. Ce qui m’a valu bien des déboires et de finir dans les marges si ce n’est pas tout simplement barge. Mais « ce qui est folie pour les hommes, n’est-il pas sagesse pour Dieu », Le Libre par excellence ? (Note personnelle : Dieu pour moi, n’a rien à voir avec la religion, il en est même tout son contraire, il est la Vie tout simplement. Force Intentionelle et agissante que l’humain incarne dans sa magnificience quand il s’élève en Âme et Intelligence).

            Allez ! Dérridons un peu si vous le voulez bien. (Derrida, voilà une autre figure que j’affectionne tout particulièrement. En parlerais-je que vous me prendriez surement pour un homosexuel, tant l’amour que je porte à sa pensée qui m’a ouverte les portes de mon propre esprit, est palpable quand je le cite). Vous prendrez bien une petite note d’amour pour finir sur une pointe d’humour ? Ou l’inverse je ne sais… Sortez votre fusil et ajustez bien votre tir, je vais vous donner une occasion de faire mouche en plein cœur, car je m’en viens vous proposer de mirer un film que j’ai réalisé avec mon ancien compagnon d’a(r)me, avant le naufrage qui a vu 30 ans de ma vie littéralement exploser et s’échouer, pour finir sur ces rivages où je vous parle. Ce film parle des « nourritures spirituelles » que je n’oppose pas aux « nourritures terrestres », car pour moi la finalité est dans la chair, mais la chair transfigurée comme vous avez pu le lire plus haut en commentaire.

            Me voilà dos au mur. Ce film est l’une des rares traces qui restent de ces 30 années (j’ai effacé tout ce que j’ai pu pour prendre un nouveau départ), aussi est-il à prendre comme une marque de mon passé mais il dit bien qui je suis et de quel amour je parle quand je le vis. Rappelez-vous… 《Quand j’entends le mot « aVour », j’ouis de toute mon âme le mot « uni-Mer » et j’embarque pour un tour dans les étoiles…. 》. Il y a bel et bien des étoiles dans ce film, et il se peut que je les rejoigne après cette sortie. Si vous creusez un peu autours, vous comprendrez ce que le mot « paria » veut dire pour moi. Il me colle à la peau pour ainsi dire, et s’il y a une chose que j’ai reconnu en Aude Lancelin qui a fait un écho en moi, c’est qu’elle a traversé cette épreuve là dans son monde à elle qui est celui des médias et qu’elle y a survécu et même plus, elle a vaincu. Elle EST aujourd’hui LA figure qui incarne résistance et indépendance des médias. C’est à cette étoffe là que je reconnais le parfum de la LIBERTÉ et c’est cela que j’aime. Je ne suis qu’un combattant isolé et Aude a bien signifié où elle se plaçait. Je n’ai fait que répondre à un appel.

            Mais trève de mots. Vous êtes prêt ? Alors… 《En joue !…. Feu !》
            https://youtu.be/77l4d0zmOFQ

          2. A Eric.
            Magnifique plaidoyer ! Et en plus très dynamique, et décalée, vidéo !
            Ca finira par un mariage ! (ce sera ma dernière pique sur cette question)
            C’est intéressant de discuter … même si l’on ne partage pas exactement la même vision du monde !

            – Je considère que ce qui fonde véritablement l’être social cad l’être doué de conscience (nous tous, quoi) ce n’est pas l’amour, mais le conflit. Lorsqu’il n’y aura que de l’amour sur terre, il n’y aura plus d’humanité. Le conflit peut être pacifié par un compromis dynamique : le droit. Il y a un lien entre le droit, cad la culture, et l’amour.

            – je dois avouer que je n’ai jamais vraiment « compris » la chose nommée « homosexualité ». J’ai bien compris pourquoi, par contre : parce que je suis un homosexuel refoulé (n’importe quel psychanalyste sait cela) ! Ce n’est pas déplaisant d’être refoulé et je ne vois pas pourquoi on en fait tout un fromage. D’autant que la tolérance consiste à accepter ce que l’on ne comprend pas, ce qui nous parait étrange ! Je suis fier de ne pas refouler ma tolérance là-dessus (y’en a qui la refoule ! comme quoi, il y a du refoulé plaisant et du refoulé déplaisant).

            – dernière remarque : aurais-je dit la même chose si vous eussiez été femme s’adressant à un homme ? ça c’est la symétrisation, cad la répartie classique des féministes répondant aux « machistes » tordus qui osent différencier homme et femme. Hum ! hum ! le problème c’est que j’appartiens à 100% à cette catégorie de tordus ! Impossible pour moi de confondre homme et femme ! Impossible. Homme et femme ne sont pas équivalents, ni égaux du tout ! Entre eux l’égalité ne peut être que construite (mais pas seulement au sens de l’inverse de la déconstruction « volontaire » ; c’est la technologie essentiellement qui réduit l’écart entre homme et femme, car cet écart est uniquement physique; et le développement technologique n’a pas été provoqué par la volonté de construire l’égalité homme-femme. Et donc aurais-je dit la même chose ? vraisemblablement non, car ce n’est pas en tant que vous êtes « homme » que j’ai réagi mais en tant que vous êtes Eric D. S’il y avait un clone femelle d’Eric D, j’aurai peut-être dit la même chose. Peut-être : il y a ce qu’on imagine et il y a ce qui advient ! Aucun projet ne se réalise vraiment tel qu’on l’a imaginé!

    1. Yep ! Un OUI sur toutes les lignes de ces deux coms torpilles.

      Je note l’emploi de l’expression « mean stream » (mean = mauvais, méchant en anglais), en lieu et place de mainstream (main = principal, dominant). Subtil ! Je prends. Merci 😉

      1. Wap ou oups ! C’est moi qui dit merci. Mon « anglais » est catastrophique, et je pensais vraiment dire « principal » avec « mean ». Mais au fond, comme vous dites, « méchant » et « mauvais », vont très bien aussi. Ouf, la faute peut « passer » pour volontaire.

        1. 😂 oui la « faute » est passée pour ‘Volontaire’ ! J’ai mis un V majuscule à votre volonté car j’ai pu éprouvé de quel sceau votre frappe pouvait être scellée… involontairement si je puis dire à vous lire. Conclusion : L’écriture a ses façons que notre faconde ignore 😉

  3. Waouh ! bien ciselé ! y’a même des élans poétiques là-dedans !
    Entre autres :
    « Ceux qui croient au pouvoir des chartes dans les rédactions sont à peu près les mêmes que ceux qui croient à la finance verte. Du reste, ce sont aussi bien souvent ceux qui votent encore Parti socialiste, et ceux qui pensent que parce que Niel ne met pas de cravate, il appartient forcément un peu au camp des progressistes, c’est à dire des gentils ».

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