« Crise de la Covid, religion vaccinale et biopouvoir »

Le 26/12/2023 par Laurent Mucchielli

« Crise de la Covid, religion vaccinale et biopouvoir »

Dans cet entretien mené par Laurent Mucchielli, la biologiste Hélène Banoun est interviewée à l’occasion de la parution de son livre (« La science face au pouvoir. Ce que révèle la crise Covid-19 sur la biopolitique au XXIème siècle »). Elle revient notamment sur l’origine du SARS-CoV-2 (des manipulations génétiques et non une zoonose), sur la façon dont ce virus affecte ou non les individus, sur le fonctionnement biologique des nouveaux « vaccins » génétiques anti-covid, sur la façon dont ils pénètrent tout l’organisme, sur les effets indésirables de ces produits industriels et leur dissimulation, sur les covid post-vaccinaux et les questions immunologiques liées. Avec elle, nous évoquons aussi les racines et les manifestations actuelles de la nouvelle religion vaccinale qui oriente la pensée des autorités sanitaires nationales et internationales, pour le plus grand profit des industriels du secteur

Bonjour Hélène Banoun. J’ai souhaité vous interviewer à l’occasion de la sortie de votre livre « La science face au pouvoir. Ce que révèle la crise Covid-19 sur la biopolitique du XXIè siècle ». Pouvez-vous, pour commencer, préciser à nos lecteurs votre formation, vos compétences et l’origine de votre engagement dans les controverses sur la gestion politico-sanitaire du Covid ?

Mon parcours scientifique commence avec des études de pharmacie dans les années 1970. Pendant mon internat, j’ai eu mon premier aperçu de l’univers du laboratoire. J’ai ensuite intégré le monde de la recherche, passant sept ans à l’Institut Gustave Roussy, où j’ai exploré la pharmacologie moléculaire anti-cancéreuse, d’abord en tant qu’interne en pharmacie, puis en tant que chargée de recherches à l’Inserm. Mon travail s’est concentré sur la mutagenèse bactérienne, j’ai étudié comment les mutants bactériens sont sélectionnés en présence de molécules potentiellement anti-cancéreuses. Cependant j’ai choisi de ne pas poursuivre dans cette voie, le monde de la recherche me semblant trop restreint. De plus, le directeur du laboratoire nous avait confié qu’il ne croyait pas en la pharmacologie comme moyen de traiter le cancer. Il mettait tous ses espoirs dans l’immunothérapie, une intuition qui s’avère juste aujourd’hui. Le fait que notre laboratoire se concentrait sur les médicaments anti-cancéreux était principalement dû au financement de l’industrie pharmaceutique, ce qui posait déjà question.

Par la suite, j’ai obtenu mes certificats de biologie pour devenir pharmacien biologiste. L’un de mes sujets de prédilection reste l’étude de la biologie du point de vue de la théorie de l’évolution. Cette théorie peut, bien sûr, s’appliquer aux micro-organismes. Les virus sont-ils vraiment des ennemis ? Les anticorps « veulent-ils » nous protéger ? La vision anthropomorphique est récurrente dans les discours politiques (et même scientifiques), mais elle a surtout pour objectif de nous faire adhérer à une logique de guerre contre les virus.

Quelle est l’origine de votre engagement dans le débat public ?
Mon engagement dans l’information scientifique prend racine en 2017, lorsque l’obligation des onze vaccins pour les nourrissons fut annoncée puis votée. Cette décision, à travers les nombreuses critiques qu’elle suscita, m’interpella. À cette époque, je n’avais pas d’opinion élaborée sur les vaccins. Comme la plupart des professionnels de santé, je n’avais reçu aucune formation spécifique sur le sujet, pas même dans le cadre de mon certificat d’immunologie. Les vaccins étaient considérés comme une évidence et ne semblaient poser aucun problème scientifique. Intriguée, je décidais d’explorer le sujet de la vaccination à travers le prisme de l’évolution en biologie, c’est-à-dire au regard de la théorie de l’évolution. Après avoir rafraîchi mes connaissances en virologie et immunologie, je publiai un premier article sur le site de l’Association internationale pour une médecine scientifique, indépendante et bienveillante (AIMSIB), une association d’information médicale 100 % indépendante. Mon article se concentrait sur l’efficacité de la vaccination contre la rougeole, avec l’aide du Dr Michel de Lorgeril (que vous avez également interviewé l’année passée).

Juste avant la pandémie Covid-19, une grave épidémie de rougeole se déclencha aux îles Samoa. Elle fut officiellement attribuée à la baisse de la couverture vaccinale. En janvier 2020, je publiai donc un nouvel article, qui contribua à me préparer intellectuellement à aborder la Covid-19. J’y montrai en effet la flambée de l’épidémie juste après que l’OMS et l’UNICEF soient arrivées en force sur cette île de 200 000 habitants pour y vacciner toute la population en pleine épidémie. Le résultat, dissimulé autant que possible par l’OMS, fut le décès de 80 enfants de moins de 4 ans.

Avez-vous des conflits d’intérêts ? Des affiliation politiques ou idéologiques ? Quelque chose à gagner en vous engageant ainsi dans le débat public ?

Je n’ai aucun lien d’intérêt étant à la retraite et n’ayant jamais travaillé pour l’industrie pharmaceutique. J’avais reçu il y a fort longtemps (dans les années 1970) quatre récompenses car j’ai été déclarée quatre fois lauréate de la faculté de pharmacie de Dijon et, dans cette ville, les laboratoires pharmaceutiques offraient des récompenses aux étudiants ! Je n’ai jamais eu aucune affiliation ni ambition politique bien qu’ayant une sensibilité d’extrême gauche. J’ai toujours combattu les tenants des hypothèses complotistes : pour moi il n’y a pas de complot mais une conjonction d’intérêts au cœur du biopouvoir.

Je n’ai rien gagné par mon travail critique sauf bien sûr des marques innombrables de reconnaissance des personnes que j’ai aidées à prendre conscience de l’instrumentalisation de la pandémie. J’ai en revanche subi de multiples formes d’insulte, de diffamation, de harcèlement et diverses attaques informatiques. Face à ces attaques et à la censure, j’ai créé ma propre petite chaîne vidéo sur Crowdbunker. Enfin, je ne cherche même pas à gagner de l’argent avec mon livre puisque 70% des droits d’auteur seront versés directement à des associations (Bon sens, REVAV et Réinfo Liberté).

Vous avez suivi de près les publications et les débats relatifs à l’origine de ce virus et de cette épidémie. Pouvez-vous faire le point sur cette question ?

Comme d’autres équipes indépendantes, j’ai montré que la pandémie résulte des expériences de gains de fonction (GoF) sur les coronavirus qui ont commencé il y a plusieurs dizaines d’années dans le but d’anticiper les pandémies et la réponse vaccinale à celles-ci. Ces GoF sont réalisés depuis une vingtaine d’années dans le cadre d’une collaboration entre les États-Unis et la Chine, ce qui explique la seule incertitude qui subsiste raisonnablement sur l’origine géographique du SARS-CoV-2. Cependant, la paternité du virus doit vraisemblablement être attribuée à la recherche civilo-militaire américaine, dont les industriels qui ont développé les vaccins anti-Covid-19 sont partie prenante depuis plusieurs années. Ces GoF sont réalisés dans le but avoué et a priori louable de nous préparer aux pandémies. Cependant, leurs auteurs eux-mêmes, ainsi que la plupart des responsables officiels, sont conscients des risques de ces manipulations génétiques. Les plus lucides admettent leur rôle dans l’apparition du SARS-CoV-2 et affirment qu’il est impossible d’anticiper de cette façon les futurs virus émergents à potentiel pandémique.

L’émergence très probable du SARS-CoV-2, au moins dès le printemps 2019, explique l’affinage au cours du temps des scénarios d’anticipation de pandémies. À leur lecture, il apparaît même évident que le biopouvoir anticipait un coronavirus pandémique depuis 2017 au moins. Toutes les contre-mesures décidées au cours de la crise Covid-19 avaient été envisagées et discutées dans ces simulations de pandémies, il est donc important de continuer à s’y intéresser, car ces exercices restent d’actualité pour le futur immédiat.

Du coup, qu’est-ce que le SARS-CoV-2 et comment fonctionne-t-il biologiquement ?

Les premiers doutes sont apparus début 2020 avec la publication du génome du virus. Des virologistes ont remarqué des caractéristiques moléculaires subitement apparues par rapport aux coronavirus antérieurement connus. Des spécialistes du virus HIV ont remarqué des homologies de séquence avec ce virus et la présence du site furine (le « bras du virus qui permet d’ouvrir la porte de la cellule ») a sauté aux yeux des virologistes connaissant bien les coronavirus. Si on compare le SARS-CoV-2 avec ses prédécesseurs, il est le seul de tous les coronavirus capables d’infecter l’homme à posséder à la fois ce site furine et un RBD (domaine de liaison) se fixant sur l’ACE2 humain (la « clé » du virus qui lui permet d’ouvrir « la serrure »). L’ACE2 (enzyme de conversion de l’angiotensine 2) est un des récepteurs du virus sur la membrane des cellules. Mais Jean-Marc Sabatier a montré le rôle central de cette protéine dans l’équilibre de nombreux métabolismes (voir ici et ). La présence concomitante de ces 2 caractéristiques moléculaires a frappé les virologistes car le site furine permet au virus d’entrer dans de nombreux types cellulaires animaux.

La protéine Spike est la principale protéine membranaire du virus et elle se lie à l’ACE2 et à la furine. Comme c’est la plus abondante et la plus accessible, les fabricants de vaccins l’ont choisie pour cible car elle induit la synthèse d’anticorps lors d’une infection. La Spike du SARS-CoV-2 possède aussi des domaines de liaison à d’autres récepteurs cellulaires humains et tous ces domaines de liaison ont été remarqués comme importants pour le passage du virus d’une espèce animale à l’autre. La présence du site furine sur le nouveau virus a été mentionnée dès janvier 2020 par une équipe chinoise qui a publié en chinois. Des chercheurs d’Aix Marseille Université et du CNRS et de l’Université de Montréal ont également identifié le site en janvier 2020, tout en pointant son rôle dans l’émergence et la pathogénicité du virus. Des chercheurs indiens (équipe de Pradhan) ont également publié sur le site furine au même moment mais ils ont retiré leur article sous la pression des attaques subies. Le professeur Luc Montagnier, en tant que spécialiste du virus du HIV (SIDA), a aussi remarqué et publié dès avril 2020 la présence d’homologies de structure avec ce virus présentes sur la Spike du SARS-CoV-2 : ces homologies concernent les récepteurs qui sont présents dans le projet DEFUSE (déposé par Eco Health Alliance, une ONG financée par le gouvernement américain).

Une autre caractéristique étonnante est l’affinité de la Spike du SARS-CoV-2 pour l’ACE2 humain, qui est supérieure à celle qu’il possède pour tous les autres animaux. Si le virus était passé d’un animal à l’homme, il aurait dû avoir une « clé » (un récepteur) mieux adaptée à une serrure (ACE2) animale qu’à une serrure humaine. D’ailleurs le SARS-CoV-2 est mal adapté aux chauves-souris ; il ne se réplique pas dans leurs cellules de rein ou de poumon, ce qui est fort pour un virus censé provenir de la chauve-souris !

Un élément important pour comprendre la discussion sur l’efficacité et l’innocuité de ces nouveaux vaccins ARNm est la toxicité de la Spike. Nous avions déjà discuté cette question avec le professeur Jean-Paul Bourdineaud (voir le tome 2 de la Doxa du Covid). Pouvez-vous nous dire où nous en sommes aujourd’hui ?

La protéine Spike du SARS-CoV-2 est maintenant largement reconnue comme étant l’une des causes (si ce n’est la principale) de la pathogénicité du virus. Dès le printemps 2020, Jean-Marc Sabatier (directeur de recherche au CNRS) explique les effets potentiellement nocifs de l’infection par le SARS-CoV-2 en raison de l’interaction de la protéine Spike avec le récepteur cellulaire humain ACE2. Ce récepteur joue un rôle crucial dans le système rénine-angiotensine, qui régule non seulement la pression artérielle et l’équilibre hydro-électrique, mais il est également impliqué dans des processus inflammatoires et de coagulation.

En 2021, je traduis et complète un article de Stephanie Seneff et Greg Nigh recensant et expliquant le mécanisme des effets indésirables observés dès mai 2021 suite aux vaccins fondés sur la Spike toxique du SARS-CoV-2. On y trouve des compléments au mécanisme évoqué par Jean-Marc Sabatier. On sait désormais que la protéine Spike a la capacité de traverser la barrière hémato-encéphalique et qu’elle est neurotoxique. Il a également été découvert que la Spike entraîne l’agglutination des globules rouges et qu’elle peut, ainsi que son ARNm viral, s’introduire dans le noyau des cellules.

Autre toxicité potentielle et non des moindres : de nombreux types cellulaires de la personne vaccinée vont intégrer l’ARNm et produire de la Spike. Cette protéine, une fois à la surface de ces cellules, sera identifiée comme étrangère par le système immunitaire, qui pourrait alors les éliminer. Cette action pourrait causer des nécroses dans des organes essentiels. À noter également que la Spike présente des similitudes avec des protéines humaines, ce qui pourrait conduire à des maladies auto-immunes après l’immunisation contre cette protéine.

Il est important de rappeler que les personnes asymptomatiques, lorsqu’elles sont infectées par le virus, résistent à la maladie grâce à leur système immunitaire inné. Une barrière mucosale robuste, composée entre autres de macrophages et de neutrophiles, élimine le virus avant qu’il ne se propage dans tout l’organisme. La majorité des personnes exposées au virus ne développeront pas d’infection systémique et seront protégées des effets nocifs de la Spike. À l’inverse, après la vaccination, l’ARNm et la Spike se diffusent dans tout le corps et y demeurent.

Plus grave, on pouvait s’attendre à ce que la Spike vaccinale, plus stable, soit plus toxique que la Spike virale. En effet, il faut savoir que l’ARNm utilisé dans les vaccins contre la Covid-19 a été modifié pour le rendre plus stable, c’est-à-dire moins biodégradable. Ce n’est donc pas un ARNm « naturel ». Pour ce faire, toutes les molécules naturelles d’uridine ont été remplacées par des N1-methyl-pseudouridine. De plus, la séquence de l’ARNm a été ajustée (par optimisation de codons) afin d’améliorer la production de la protéine Spike (pour produire plus d’anticorps) et augmenter sa similitude avec les ARN humains. Cette ressemblance vise à éviter que l’ARNm ne soit rapidement identifié et détruit comme un intrus par le système immunitaire.

Cependant, ces modifications ne sont pas sans risques. La stabilité accrue de la protéine Spike produite sur la base de cet ARNm pourrait la rendre plus toxique que sa version originale. Il s’agit d’une protéine Spike mutée. Produite à partir du vaccin, elle est volontairement différente de la Spike virale : elle possède deux mutations proline qui modifient sa structure spatiale. De plus, la modification de l’ARNm pourrait entraîner des erreurs de copie et des repliements incorrects de la protéine Spike. Dans certains cas, cela pourrait conduire la protéine à agir comme un prion, provoquant des maladies dégénératives similaires à la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Des erreurs de copie par décalage du cadre de lecture viennent d’être confirmées et pourraient induire la synthèse de protéines inconnues différentes de la Spike.

Par ailleurs, l’ARNm est encapsulé dans des nanoparticules lipidiques pour le protéger et faciliter son transport. Ces particules jouent également un rôle d’adjuvant, dont les effets exacts restent mal connus. Parmi les composants de ces nanoparticules, on trouve le PEG, une substance qui a été associée à des réactions anaphylactiques.

Ainsi donc, nous constatons la circulation de la Spike dans tout le corps. Pouvez-vous en préciser un peu les mécanismes physiologiques ?

Les nanoparticules du vaccin vont transporter l’ARNm vaccinal à peu partout dans le corps du vacciné. La protéine Spike produite par le vaccin peut être retrouvée dans la circulation sanguine, à des niveaux similaires à ceux observés chez des patients atteints de formes sévères de Covid. Sa concentration peut même dépasser celle observée chez ces patients. La Spike vaccinale persiste plusieurs jours dans le sang, elle a d’ailleurs été détectée dans les trois semaines suivant l’injection chez des garçons souffrant de myocardite post-vaccinale et des mois après l’injection dans les monocytes circulants (globules blancs du sang). La protéine Spike est également retrouvée dans certaines zones spécifiques des ganglions lymphatiques pendant au moins soixante jours après la seconde dose du vaccin. Elle est également détectée dans le cœur des patients atteints de myocardite, dès le premier jour suivant la vaccination et jusqu’à trois semaines plus tard. Des traces de cette Spike vaccinale sont détectées dans les vésicules de kératinocytes (cellules de la peau) chez un patient présentant des lésions cutanées trois mois après avoir reçu le vaccin Pfizer/BioN-Tech, et également dans une éruption cutanée persistante cent jours après la vaccination.

Des autopsies révèlent la présence de cette protéine dans divers organes, comme le cœur, le cerveau, les muscles et même dans certaines zones des ganglions lymphatiques, trois semaines après la vaccination (voir toutes ces références ici).

Pour bien comprendre tout cela, il faut rappeler le rôle essentiel des vésicules extracellulaires (VE) produites par notre organisme. Avant les vaccins anti-Covid-19, on savait déjà beaucoup de choses sur les vésicules lipidiques naturelles, également appelées « exosomes ». La présence de VE dans tous les biofluides est attestée. Les exosomes jouent un rôle essentiel dans le transport des ARNm, d’autres types d’ARN et de protéines. Les exosomes peuvent aussi transporter l’ARNm vaccinal et la protéine Spike, une fois qu’elle est produite dans l’organisme du vacciné. L’ARNm vaccinal pénètre dans la cellule grâce à son vecteur (les nanoparticules lipidiques constituant le vaccin). Il est ensuite traduit en protéine Spike dans la cellule. Mais la cellule englobe naturellement cet ARNm et cette Spike dans des exosomes comme elle le ferait pour tout ARN ou protéine naturelle. Les exosomes sont donc aussi impliqués dans la biodistribution des composants du vaccin, qui ne restent pas nécessairement confinés au site d’injection et qui circulent dans tout le corps par le sang et la lymphe. Il est confirmé que l’ARNm du vaccin et la protéine Spike circulent et demeurent dans l’ensemble de l’organisme pendant une période prolongée. Les exosomes naturels qui les transportent peuvent passer dans divers fluides corporels, tels que le lait, la sueur ou les expectorations (voir toutes les références ici).

Dans ces conditions, on a du mal à comprendre comment de tels produits expérimentaux ont pu être imposés à toute la population, y compris les femmes enceintes que l’on préserve d’ordinaire au contraire des produits pharmaceutiques durant la grossesse.

En 2020, aucun essai clinique sur les femmes enceintes n’a été effectué et les femmes en âge de procréer étaient censées prendre une contraception. Les hommes sont également concernés : ils étaient invités à s’abstenir de rapports sexuels et de don de sperme dans le mois suivant les injections vaccinales. On peut se poser la question de savoir si des études sur la présence d’ARNm dans le sperme ont été menées, et comment les autorités ont déterminé que ce risque s’estompait au bout d’un mois. Cependant des femmes sont tombées enceintes pendant l’essai et certaines ont déclaré des fausses couches suite à l’injection (voir les documents déclassifiés Pfizer et les PSUR de l’EMA, page 328).

Ensuite, les résultats de l’essai lancé en février 2021 sur seulement 726 femmes enceintes ne sont que partiellement publiés en juillet 2023. Les femmes du groupe placebo ont été vaccinées dès l’accouchement, ce qui empêche le suivi à long terme des effets indésirables. Ces résultats partiels montrent presque deux fois plus d’anomalies congénitales chez les bébés de mères vaccinées et quatre fois plus d’effets indésirables par rapport au placebo. Pourtant, cette population a été « ciblée » dès le printemps 2021 et tout est fait pour masquer les effets des vaccins anti-Covid-19 sur la grossesse et les bébés à naître. Les effets indésirables sur les femmes enceintes, les fausses couches, les mort-nés, les malformations et maladies des bébés, la baisse de la natalité, ainsi que les perturbations du cycle menstruel ont été l’objet d’une attention particulière des autorités : il s’agit de les rendre invisibles et d’accuser ceux qui les évoquent de « mésinformation » ou de « complotisme ».

Au printemps 2021, à la suite de la recommandation de la HAS de vacciner les femmes enceintes considérées à risque, j’ai exploré les fondements de cet avis plus que déroutant. Lors de ma formation, on m’avait enseigné qu’il était vivement déconseillé de vacciner les femmes enceintes. Dès lors, comment justifier l’autorisation d’un vaccin pour cette population sans essai préalable ?

Les directives officielles du ministère de la Santé semblent effectivement viser toutes les femmes enceintes, sans distinction. Je rappelle, et d’autres études le confirment par la suite, que la grossesse en elle-même ne constitue pas un facteur de risque pour les formes graves de la Covid-19. Les femmes ayant des facteurs de risque avant leur grossesse, tels que l’obésité, le diabète ou l’hypertension, restent naturellement à risque pendant leur grossesse.

Malgré les recommandations strictes de contraception lors des essais cliniques, certaines participantes tombent tout de même enceintes. Ni les fabricants ni les autorités sanitaires ne jugent bon de les suivre spécifiquement. Par ailleurs, une étude issue du programme de pharmacovigilance active V-Safe a bien été publiée, mais seulement 15% des femmes concernées y ont répondu. L’étude n’a donc pas une grande représentativité. De plus, les résultats concernant le risque d’avortement spontané lié au vaccin ont été manifestement manipulés. Pour estimer le pourcentage de fausses couches chez les femmes vaccinées durant les vingt premières semaines de grossesse, ils ont utilisé comme numérateur les femmes vaccinées avant vingt semaines et comme dénominateur le nombre total de femmes de l’étude (y compris celles vaccinées après vingt semaines). C’est incorrect, car cela dilue le risque. La manière correcte de calculer le risque aurait été de diviser le nombre de fausses couches chez les femmes vaccinées avant vingt semaines par le nombre total de femmes vaccinées avant vingt semaines. Cela aurait donné une estimation précise du risque pour les femmes vaccinées durant cette période spécifique (une fausse couche est définie comme un avortement spontané avant vingt semaines). En utilisant le mauvais dénominateur, l’étude sous-estime potentiellement le risque de fausse couche associé au vaccin pour les femmes vaccinées durant les vingt premières semaines de grossesse.

Les personnes qui sont chargées de la vaccinovigilance aux CDC semblent avoir été tellement déconcertées par leurs propres manœuvres qu’elles finissent par admettre que leur étude est incohérente. Elles rappellent même qu’au cours de la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009, après l’introduction du vaccin inactivé, la fausse couche était l’effet secondaire le plus fréquemment rapporté par les femmes enceintes l’ayant reçu. Est-ce une manière pour elles d’exprimer leurs remords pour avoir publié une étude aussi trompeuse ? Il est regrettable que la science soit entachée par les dilemmes moraux de scientifiques sous pression.

En août 2022, une nouvelle étude, tout aussi discutable, est menée par le Canadian National Vaccine Safety sur 200 000 femmes et publiée dans The Lancet. Elle affirme que « les données constituent des preuves que les vaccins à ARN messager sont sans danger pendant la grossesse ». Les auteurs prétendent, en totale contradiction avec leurs propres résultats, que les vaccins ARNm sont sans risque pendant la grossesse. Il est pourtant facile d’identifier les nombreux biais scientifiques. L’étude recense en effet une multitude d’effets indésirables et ne suit la grossesse que pendant une période ridiculement courte de sept jours après l’injection ! Plus surprenant encore, des documents déclassifiés révèlent que la FDA était au courant dès février 2021 que le vaccin ARNm peut traverser le placenta, se retrouver dans le lait maternel et entraîner des effets indésirables chez le nourrisson allaité (voir notre article).

Les médecins généralistes qui ont affaire aux effets indésirables (EI) des vaccins anti-covid, et qui n’ont pas peur de les nommer comme tels, constatent depuis longtemps que certains lots de vaccins semblent concentrer les problèmes. Et, tout récemment, une étude de scientifiques danois indépendants vient de le confirmer. Pouvez-vous faire le point sur cette question ?

Dès l’apparition des premiers EI liés aux vaccins, certaines séries de lots ont en effet été identifiées comme étant à l’origine de la majorité des incidents graves. Cette observation est faite à partir des données du VAERS (Vaccine Adverse Effect Reporting System) géré par les CDC aux États-Unis. Du côté de l’ANSM en France, on ne donne pas accès aux numéros de lots responsables des effets indésirables, il est donc impossible de vérifier. Le sujet arrive aux oreilles du grand public en 2022, quand un site web est créé pour vérifier les EI associés à chaque lot. On y retrouve une grande hétérogénéité, certains lots apparaissant nettement plus toxiques au regard du nombre de signalements à la pharmacovigilance.

En 2023, une étude confirme l’hétérogénéité des effets toxiques associés à différents lots de vaccins. Les chercheurs ont accédé aux numéros de lots liés aux déclarations d’effets indésirables au Danemark. Si les vaccins étaient produits selon les standards des bonnes pratiques, les lots devraient être identiques et chaque lot devrait être homogène et donc apparaître de manière proportionnelle dans les signalements d’effets indésirables. Cependant, l’étude révèle que les lots se classent en trois catégories distinctes en fonction de leur fréquence d’apparition dans ces notifications. Les lots avec le plus grand nombre de doses distribuées sont associés à un nombre moindre d’effets indésirables par rapport aux lots plus petits.

Il faut préciser que la distribution des lots ne se fait pas de manière uniforme dans une seule région. Au contraire, les doses de chaque lot sont dispersées à travers différents pays ou régions. Cette méthode de distribution est une stratégie adoptée depuis longtemps par les fabricants de vaccins pour minimiser la détection d’effets indésirables potentiels dans une zone géographique spécifique, comme une petite ville qui recevrait uniquement des doses d’un lot particulier.

D’après plusieurs sources, il semble que les autorités de santé aient été informées de cette hétérogénéité. En tous cas, elle est sans doute connue des fabricants puisque, en Australie, Pfizer vaccine ses employés avec un lot qui leur est spécifiquement dédié et que l’autorité de régulation ne juge pas utile de tester. Cette information est documentée dans la liste des lots testés, disponible sur le site de l’Agence australienne de régulation des produits thérapeutiques.

Aux États-Unis, l’accès aux dates d’expiration des lots est contrôlé pour des « raisons de sécurité » sur le site des CDC et il est délivré au compte-gouttes. Les personnes en ayant bénéficié affirment que les lots non toxiques n’ont pas de date de péremption, contrairement aux lots ayant occasionné de nombreux EI, comme si les CDC connaissaient les numéros de lots inactifs ne nécessitant pas de date limite d’administration (voir ici).

Enfin, des professeurs allemands de chimie ont eu accès aux données de libération des lots effectuées par le Paul Ehrlich Institute (PEI), chargé pour l’Europe de tester les lots Pfizer. Ils publient plusieurs articles dans le Berliner Zeitung pour expliquer que les lots apparus peu toxiques au Danemark n’ont quasiment pas été testés par le PEI, alors que les lots toxiques l’ont tous été. Dans une interview parue en juin 2023, ils rapportent également que certains lots ont une couleur étrange. Ils demandent des explications à BioNTech, mais le laboratoire ne leur fournit que des réponses grotesques. Les chimistes allemands font une remarque importante : il est normal que la suspension vaccinale puisse apparaître colorée dans une lumière rasante justement à cause de la petite taille des nanoparticules lipidiques qui enveloppent l’ARNm vaccinal. Si elles s’agglomèrent, la coloration disparaît. Très bizarrement, le fabricant conseille de jeter le flacon s’il est coloré. Or, selon ces chimistes, c’est l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Mais comment comprendre cette variabilité des lots au niveau de la fabrication de ces produits ?

Cette histoire est bien embrouillée. Voici comment je la comprends. Tout d’abord, il est important de préciser que le terme « placebo » est spécifique aux essais cliniques, où il désigne généralement une solution saline neutre et d’apparence transparente. Un tel placebo est donc visuellement différent des vaccins anti-Covid-19, qui contiennent des suspensions de nanoparticules contenant de l’ARNm. Pourquoi les fabricants auraient-ils commercialisé des lots délibérément non actifs et facilement repérables ? Selon moi, l’idée d’un essai clinique mondial mêlant des placebos et des lots actifs semble peu probable, surtout quand on constate l’incapacité des laboratoires à réaliser correctement des essais cliniques officiels sur seulement 40 000 participants…

Il est en revanche plausible que l’hétérogénéité observée dans les lots de vaccins soit due à une maîtrise insuffisante du processus de fabrication. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a souligné cette variabilité dans ses rapports concernant la qualité du vaccin. La quantité d’ARNm intact varie considérablement d’un lot à l’autre. Les nanoparticules lipidiques (LNP) enveloppant l’ARNm dans les vaccins présentent une grande variabilité de taille. Or, la taille de ces LNP est essentielle pour l’efficacité du vaccin. Les LNP sont fragiles. Dès 2021, il est recommandé de ne pas agiter les flacons ni de les transporter dans des véhicules à moteur (sic !). Si les LNP se brisent, libérant l’ARNm, ce dernier pourrait être détruit ou ne pas atteindre sa cible. De plus, si les LNP s’agglomèrent, elles pourraient devenir inactives.

Étant donné la nature délicate des LNP, il est crucial de trouver un équilibre entre une homogénéisation efficace et la préservation de l’intégrité des particules. Lors de la manipulation de cuves de plusieurs centaines de litres, il est possible que le mélange soit mal réalisé, avec des variations de concentration de LNP entre le haut et le bas de la cuve. De plus, la taille des LNP pourrait également varier en fonction de leur position dans la cuve. Ces variations pourraient avoir des implications sur la qualité et l’efficacité du produit final.

Il est également surprenant que la température de stockage optimale reste un point trouble, les recommandations n’ayant cessé de varier depuis 2021 : de -80° C à 8° C, selon l’état de dilution et la durée de conservation…

Un bémol toutefois concernant l’analyse de l’hétérogénéité des lots. Hervé Seligman étudie les rapports du VAERS et identifie un lien potentiel avec les délais de publication des rapports de la pharmacovigilance. Ces délais pourraient introduire un biais, donnant l’illusion que certains lots de vaccins sont moins toxiques que d’autres. Il observe que les rapports concernant des effets indésirables graves chez les enfants et les femmes en âge de procréer semblent publiés plus tardivement, certains l’étant avec deux ans de retard. On peut alors se poser la question suivante : est-ce une tentative délibérée de dissimuler ces cas ou est-ce simplement parce que ces incidents sont examinés plus longuement par les experts en pharmacovigilance ? De plus, Seligman identifie de nombreuses erreurs dans les numéros de lots mentionnés dans les notifications. Sa conclusion est que les différences entre les lots ne sont pas qualitatives, mais plutôt graduelles. En d’autres termes, il s’agirait plutôt de variations entre les lots plus subtiles, qui se manifestent en termes de degré ou d’intensité plutôt que de nature ou de type.

En conclusion, selon moi il n’y a pas de placebos « volontaires » dans les vaccins ARNm injectés à la population mondiale, mais juste la volonté de vendre à tout prix, quelle que soit la qualité du produit. Cette hypothèse est d’ailleurs confirmé par Pfizer lui-même, qui explique certains effets indésirables comme les myocardites par ces problèmes de fabrication évoqués plus haut. Il faut enfin ajouter la présence maintenant reconnue d’ADN contaminant les vaccins à des taux importants et très variables. Ceci est reconnu par Pfizer lui-même, en octobre 2023, dans une lettre au Sénat de Colombie Britannique.

En fin de compte, doit-on considérer que les vaccins anti-covid facilitent l’infection au lieu de l’empêcher ?

Deux mécanismes immunitaires ont pour effet de faciliter les infections : les anticorps facilitants (ADE) et l’empreinte antigénique (OAS). Bien que la technologie à ARN soit différente de celle des vaccins classiques, ces deux phénomènes sont également observés avec les autres vaccins contre la Covid-19. J’ai alerté sur les risques de l’ADE dans deux articles publiés sur aimsib.org en 2020, avant même la mise en circulation des vaccins, sur la base des observations antérieures dans des essais de vaccins contre le SARS-CoV-1 de 2003. Au début de l’année 2020, tous les experts en coronavirus redoutent l’émergence de ce phénomène délétère redoutable, bien connu depuis les essais sur des animaux pour les vaccins contre le SARS- CoV-1 en 2003. On sait pertinemment que l’ADE est provoqué par des anticorps ciblant la fameuse protéine Spike du virus. Cet effet est même considéré comme inévitable

Peter Doshi, professeur à l’université de Baltimore, spécialiste de la sécurité des médicaments et éditeur au British Medical Journal, a expliqué dès fin 2020 que les Covid-19 survenant immédiatement après l’injection des doses de vaccins n’ont pas été pris en considération dans les comptes rendus d’essais cliniques, et on peut même affirmer que tout a été fait pour les faire disparaître des résultats aussi bien d’efficacité que de toxicité. Pour évaluer précisément l’ADE, il est essentiel d’étudier attentivement les cas de Covid-19 survenant dans les jours suivant les vaccinations. Or, dans tous les essais cliniques publiés, ces périodes sont soigneusement exclues. Ainsi, les fabricants excluent pendant sept à quinze jours les infections survenues après injection au prétexte que les patients n’étaient pas encore protégés. Même si cela peut être un argument légitime, cela n’empêche pas d’analyser le nombre d’infections dans les jours suivants l’injection. Ayant analysé quelques-uns de ces essais cliniques à travers plusieurs articles pour le site de l’AIMSIB (voir ici le plus récent), je relève partout la même incohérence dans les chiffres concernant la période de quinze jours après l’injection.

Pour minimiser l’excès de cas de Covid-19 post-vaccination dans les jours suivant l’injection, les fabricants gonflent artificiellement le taux de Covid-19 chez les sujets recevant le placebo durant la même période. Cela est probablement réalisé en testant plus intensivement les participants de ce groupe que ceux vaccinés (nous savons combien il est facile d’obtenir un résultat PCR positif en augmentant le nombre de cycles d’amplification). Par la suite, après cette période critique, les cas de Covid-19 post-vaccination diminuent, il n’est donc plus nécessaire d’augmenter artificiellement le taux chez les sujets recevant le placebo. Par conséquent, on observe un taux plus faible de Covid-19 chez les sujets recevant le placebo plus de sept jours après la seconde dose de solution saline, comme si cette dernière offrait une protection contre la Covid-19 ! J’observe cette même manipulation dans l’essai Pfizer chez les adolescents et aussi chez les adultes (voir ici). De plus, la comparaison du taux d’incidence de la maladie dans la population générale et chez les participants aux essais cliniques (en particulier ceux du groupe placebo) révèle la manipulation. Par exemple, alors que l’incidence de la Covid-19 est de 0,61% dans la population générale aux États-Unis pendant la période correspondant à l’essai clinique Pfizer, elle est de 3,1% dans le groupe placebo.

Pour compléter l’évaluation de ces vaccins ARNm, pouvez-vous faire à présent le point sur les Covid post-vaccinales ?

Dès les premières campagnes de vaccination, beaucoup de personnes signalent avoir attrapé la Covid-19 très peu de temps après l’injection. L’observation des Covid-19 post-vaccinales est confirmée par les chiffres officiels, bien que les autorités aient tout fait pour masquer le phénomène en assénant invariablement le contraire. Les sites ourworldindata.org et les données de Johns Hopkins font apparaître de larges augmentations des cas de Covid-19 avec les campagnes de vaccination dans des pays qui, auparavant, n’en avaient pas connus (par exemple le Cambodge, Cuba, la Mongolie, la Nouvelle-Calédonie, le Vietnam), ou peu connus (la Hongrie, l’Inde, la Palestine, les Philippines).

Les autorités ont eu du mal à reconnaître cet effet ADE et ont expliqué que cela venait d’un changement de comportement des fraîchement vaccinés qui, dès l’injection, se seraient abstenus des gestes barrières. Cependant, les épidémies de Covid-19 dans les maisons de retraite au Royaume-Uni dès décembre 2020 ne peuvent être attribuées à une modification de comportement.

On croule sous les publications tentant de montrer l’efficacité des vaccins, mais comme l’a fait remarquer le professeur Norman Fenton, mathématicien et statisticien britannique, on retrouve le même biais déjà à l’œuvre dans les essais cliniques : les décès de personnes vaccinées depuis moins d’une semaine (ou quinze jours selon les publications) sont classés parmi les décès des non-vaccinés. Il suffit de corriger cette erreur pour mettre en évidence l’excès de mortalité Covid juste après vaccination. Ceci apparaît évidemment uniquement pour les classes d’âge élevé susceptibles de décéder de la Covid-19. Dans les études d’efficacité « en vie réelle », le même biais suffit à masquer l’ADE et à augmenter artificiellement l’efficacité du vaccin.

Tout ceci est confirmé par un très beau travail indien qui montre, à partir d’une étude auprès des personnels de santé, l’inefficacité totale de deux doses de vaccins à l’arrivée d’une nouvelle vague de virus en Inde, ainsi que la facilitation qui se produit juste après l’injection de la première ou seconde dose de vaccin.

Dans votre livre, vous discutez longuement la question de savoir si l’immunité naturelle est plus ou moins forte que l’immunité vaccinale. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

L’immunité naturelle désigne le processus par lequel le corps se protège d’un pathogène et également le résultat de ce processus. L’immunité innée, aspécifique, est la première ligne de défense et concerne les muqueuses respiratoires. Lors d’une vaccination par voie intramusculaire ce processus n’est pas activé, c’est pourtant la voie d’entrée de tout virus respiratoire. Ensuite l’immunité spécifique naturelle adaptative entre en jeu : des cellules spécifiques du virus sont activées et elles produisent des anticorps et des cytokines (molécules activatrices d’autres cellules luttant contre le virus).

L’immunité naturelle réagit à un virus entier, vivant et entré par une voie naturelle. Dans le cas des vaccins Covid utilisés en Occident (à l’exception du Valneva qui est un vaccin à virus entier inactivé mais qui a été extrêmement peu utilisé), l’immunité vaccinale ne va concerner que la protéine Spike modifiée du virus de 2019. Or c’est une infime partie des capacités de l’immunité naturelle. L’infection naturelle par le virus ne procure qu’une protection partielle et de courte durée contre une réinfection mais celle-ci est incomparablement meilleure que l’immunité vaccinale qui concerne seulement des anticorps anti-Spike. D’autant que le taux d’anticorps n’est pas le bon corrélât de protection : la quantité d’anticorps est même corrélée à la gravité de la maladie Covid-19. Ces raisons expliquent la meilleure protection contre les réinfections en « vie réelle » procurée par l’infection naturelle comparée à la vaccination.

La religion vaccinale ne rencontre apparemment plus aucun obstacle. Vous évoquiez en commençant la loi de 2017 ayant établi une incroyable obligation d’injection de pas moins de 11 vaccins aux nourrissons. Mais, à la rentrée scolaire de septembre 2023, nous avons assisté aussi au retour du Gardasil (je n’y reviens pas, nous avons traité cette question dans l’entretien avec le Dr De Lorgeril, qui nous a expliqué en détail la douteuse efficacité de ce vaccin ainsi que ses effets indésirables). Ensuite, le gouvernement a recommandé le Beyfortus fabriqué par Sanofi (qui était largement passé à côté de l’aubaine financière qu’a constitué la crise du Covid pour les industries pharmaceutiques) en partenariat avec AstraZeneca. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Il y a une cohérence de la gestion de la Covid-19 au regard de l’évolution biopolitique depuis deux siècles. La vaccination est devenue une idéologie scientiste soutenue par le biopouvoir sans corpus scientifique solide concernant son efficacité et son innocuité. Cette idéologie s’est renforcée depuis 1986 avec l’Injury Act qui, aux USA, a offert l’impunité aux fabricants de vaccins concernant les effets indésirables et leur indemnisation. Depuis, cette impunité est plus ou moins appliquée de la même façon dans le monde entier. Les retombées récentes de cet aspect biopolitique sont l’obligation des 11 vaccins pour les bébés Français (les injections commençant dès l’âge de 1 mois) et la campagne de promotion du Gardasil (contre le HumanPapillomaVirus) lors de la rentrée scolaire de septembre 2023 chez les adolescents de 12 ans des deux sexes.

J’alerte sur l’extension de cette politique vaccinale à des produits qui ne sont pas des vaccins mais sont destinés à prévenir une maladie infectieuse. C’est le cas du Beyfortus®, anticorps monoclonal destiné à éviter la bronchiolite due au VRS (virus respiratoire syncytial). Ce produit a été approuvé avec une procédure d’urgence semblable à celle utilisée pour les vaccins. Il est recommandé chez tous les nouveau-nés dès la maternité alors qu’il n’a quasiment pas été testé sur cette classe d’âge mais sur des bébés plus âgés. Les essais cliniques montrent un déséquilibre inquiétant des décès dans les groupes traités et les premiers chiffres des décès entre 2 à 6 jours de vie confirment ces craintes avec une augmentation de 50% depuis le mois de septembre, date à laquelle les injections ont commencé (voir article et bibliographie ici et ).

On note d’ailleurs que, dans son avis de juillet 2023, la Haute Autorité de Santé (HAS) conclut à un service médical rendu « faible ». Elle rappelle aussi que la bronchiolite est en général une maladie bénigne, que le Beyfortus® est suspecté de sélectionner des virus résistants. Enfin, la HAS souligne également l’absence de donnée étayant un éventuel impact sur la réduction de durée d’hospitalisation ou la mortalité et elle note aussi les décès dans la liste des effets indésirables possibles. Quant à l’agence européenne du médicament (EMA), dans son rapport de septembre 2023, elle rappelle le fiasco des essais de vaccins contre le VRS par le passé : des enfants sont morts de bronchiolites graves dans les groupes vaccinés et aucun dans les groupes témoins. C’est encore une manifestation de l’ADE (Antibody dependent enhancement = facilitation/aggravation de l’infection par les anticorps) qui a été décrit pour la dengue. Cet ADE est dû à l’effet délétère des anticorps qui, au lieu de neutraliser le virus, facilitent son entrée dans la cellule.

Dans ces conditions, comme pendant la crise du Covid, on se demande vraiment pourquoi et comment les gouvernements peuvent mettre une telle pression sur les médecins et sur la population pour consommer des produits aussi peu sûrs et aussi peu efficaces. Cela rejoindrait ce que vous avez écrit sur la « religion vaccinale ». Cela démontre en tous cas le caractère purement dogmatique de cette biopolitique. Et le problème est mondial. Ces orientations biopolitiques se manifestent en effet dans le futur Traité pandémies en discussion à l’OMS, même si, heureusement, tous les États ne sont pas d’accord entre eux. De même que dans le règlement européen adopté en catimini en novembre 2022. On y constate que toutes les « contre-mesures » prises à la volée et sans évaluation pendant la pandémie Covid seront maintenant légalisées et prévues pour les prochaines pandémies.

Propos recueillis par Laurent Mucchielli

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4 Commentaire(s)

  1. merci pour cet entretien,

    et pour votre blog, qui m’offre l’opportunité de poser une question à Madame Banoun ;

    ma question concerne les effets indésirables ou graves qui apparaissent après la vaccination, et les effets dits « Covid long ».

    Puisqu’il semble admis désormais que la vaccination facilite l’infection par le sarscov2, a-t-on des raisons sérieuses d’attribuer ces effets au vaccin lui-même, plutôt qu’au virus « naturel » ? Par exemple, y a-t-il eu des études pour identifier la protéine spike circulante chez ces malades, la spike « naturelle » ou bien celle générée par l’ARNm vaccinal ?

    je tiens à préciser que mes doutes ne viennent nullement d’une confiance envers les vaccins, (bien au contraire !) mais de ma propre expérience: je ne suis pas vaccinée, mais je souffre d’effets à long terme (Covid long) qui semblent liés à l’infection par le sarscov2, (une première fois, avec des symptômes heureusement passagers en mars 2020 , et une seconde fois par omicron). Or j’ai pu constater que mes symptômes persistants sont semblables à ces effets secondaires attribués à la vaccination.

    Il me paraît donc logique de se poser la question suivante: les effets chroniques et parfois très graves apparus après la vaccination ne seraient-ils pas dus à l’infection ? infection facilitée par le vaccin, pas toujours bruyante, donc même pas toujours diagnostiquée ?

    Le corollaire serait malheureusement le suivant: la maladie « covid long » ne serait-elle pas aussi grave à long terme que le covid bruyant, et ne faut-il pas s’attendre à devoir soigner les effets à long terme du virus, autant que ceux du vaccin, et parfois les deux ensemble ? la peste ET le choléra, en somme.

    Cette question me paraît essentielle à poser, au point où en sont arrivées les connaissances des chercheurs honnêtes, et je vous remercie par avance de la faire remonter à Hélène Banoun, car je suis sûre qu’elle y réfléchira et y répondra avec son objectivité habituelle.

  2. Bonjour,
    Il semble que l’hypothèse d’un virus fabriqué par l’homme et échappé d’un laboratoire soit le plus probable. Hélène Banoun en est convaincu, cependant le professeur Didier Raoult affirme qu’il est d’origine naturelle. Qui a raison? Je n’ai lu aucune explication précise à cette affirmation de Didier Raoult, comment en avoir?

  3. Merci Laurent Mucchielli pour l’ensemble des articles de votre blog, et pour cet entretien très éclairant avec Hélène Banoun. Je viens de lire également celui du 22/08/2022 avec Michel de Lorgeril. la même rigueur scientifique s’en dégage,
    Merci à QG

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