« La liberté d’expression chez Musk s’arrête là où commence la sienne » par Olivier Lascar

17/12/2022

Le rachat de Twitter par Musk déchaîne les passions. Tir de barrage dans la presse mainstream, communiqués inquiets de l’ONU et de responsables politiques de l’UE, ou au contraire, espoirs d’une levée des censures chez certains usagers du réseau. En prenant fait et cause contre le camp démocrate et ses figures médiatiques, l’homme d’affaires est en train de se faire des ennemis féroces. Comment interpréter une telle implication? Est-elle en train de nuire à ses affaires? Qui est vraiment le patron de Tesla et Space X en termes de convictions philosophiques et politiques? QG a rencontré Olivier Lascar, rédacteur en chef digital de Sciences et Avenir, l’un des meilleurs connaisseurs français du dossier Musk

Le rachat de Twitter par Elon Musk, et les nombreux événements qui se déroulent depuis au sein de l’entreprise, font couler beaucoup d’encre. L’homme d’affaires états-unien s’est-il fourvoyé sur une pente glissante et finalement contre-productive pour son business ? Est-il la menace pour la liberté d’expression que la presse mainstream américaine et française décrivent ces derniers jours ? Pour mieux comprendre le personnage, QG a sollicité le journaliste Olivier Lascar, auteur du livre Enquête sur Elon Musk, l’homme qui défie la science (Alisio sciences). Pour lui, le rachat de Twitter s’inscrit dans la politique d’ensemble de promotion des sociétés contrôlées par Musk (Tesla, SpaceX, Starlink, ou encore Neuralink), et sous ses airs de « chien fou », c’est un redoutable homme d’affaires qui jouit désormais d’un puissant instrument de lobbying en ayant mis la main sur le réseau préféré des journalistes et des politiques. Le combat idéologique qu’il mène désormais ne risque-t-il pas néanmoins de l’emmener dans des zones dangereuses? Interview par Jonathan Baudoin

Olivier Lascar est journaliste, rédacteur en chef digital de « Sciences et Avenir ». Il est l’auteur de Enquête sur Elon Musk, l’homme qui défie la science (Alisio sciences, 2022). Photo: Capture Franceinfo

QG : Vous avez consacré un livre-enquête à Elon Musk. Avez-vous été surpris par son rachat de Twitter, et son implication quotidienne pour transformer ce réseau, alors qu’il est déjà patron de plusieurs multinationales ? 

Olivier Lascar : J’ai été surpris par la rapidité de la transaction. Je n’ai pas été surpris par le fait qu’il rachète Twitter, pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’il est un utilisateur compulsif de Twitter. On savait que c’était un sujet qui l’intéressait depuis longtemps. Il tenait aussi, depuis longtemps, un discours sur les médias et leur diffusion. On s’en souvient peu mais en 2018, il avait même parlé de créer un dispositif de notation des médias, intitulé Pravda (« vérité » en russe, mais aussi le nom du journal du PC de l’ex-Union soviétique, NDLR). Il devait fonctionner à l’instar de TripAdvisor, pour attribuer des notes à des journaux et dire quels étaient ceux qui étaient de qualité ou pas, afin d’aider les lecteurs à s’y retrouver.

Ensuite, au niveau de l’organisation de son empire, cela a également un sens, parce que Twitter peut être un instrument de lobbying formidable. Les industriels achètent la presse pour faire pression et avoir de l’influence, cela a toujours existé. On le voit avec Jeff Bezos qui détient le Washington Post. Quand Musk rachète Twitter, cela s’inscrit dans cette logique d’influence.

D’autant plus qu’il a bien besoin de coups de pouce dans ses activités industrielles, car tout ne marche pas pile-poil. La voiture 100% autonome, il l’annonce tous les ans, elle n’est toujours pas là. Néanmoins chaque année, il fait des progrès. En revanche, d’un point de vue légal, cela commence à coincer. Prenez Neuralink (start-up neurotechnologique, cofondée par Musk, développant des implants cérébraux, NDLR), au sujet de laquelle il y a quantité d’annonces en ce moment. Musk veut utiliser Neuralink, non seulement sur les personnes atteintes de problèmes neurologiques, pour les soigner, mais aussi sur des personnes bien portantes. Il prétend que la puce Neuralink, prévue pour contrôler des machines par la pensée, pourrait avoir des usages récréatifs, comme jouer aux jeux vidéo avec la tête, par exemple. Mais éthiquement, opérer des gens qui sont bien portants pour les équiper d’une puce électronique, ce n’est pas possible aujourd’hui. Il lui faudrait un cadre légal qui le lui permette. En étant un influenceur, un lobbyiste avec Twitter, il peut se faire des obligés politiques et voir l’émergence de règles, de lois qui lui permettront de développer ses entreprises dans le sens qui l’arrange.

Avec SpaceX, il est dans un business qui a de grosses interférences avec la politique. Sa société est devenue un contractuel de la NASA pour le retour sur la Lune. Starship devra être l’alunisseur (véhicule spatial, NDLR) pour déposer à nouveau des humains sur la Lune à l’horizon 2025-2026. Or la NASA est une émanation du gouvernement des États-Unis: mieux vaut être donc dans de bons termes avec les politiques pour pérenniser ces liens. Au moment du rachat de Twitter, on pouvait se dire qu’il pourrait ainsi influencer des décisions dans son sens. Néanmoins aujourd’hui, en prenant partie pour les Républicains, il sort de l’ambiguïté qui lui avait réussi jusqu’à présent – soutenant Hillary Clinton, s’affichant avec Trump. En prenant fait et cause pour un camp, il se fait des ennemis féroces dans celui d’en face. Et cela, ce sera mauvais pour ses affaires.

Steve Bannon, Elon Musk et Donald Trump, le 3 février 2017, à la Maison Blanche – photo Brendan Smialowski

QG : Le président de Tesla et de SpaceX est régulièrement décrit comme un libertarien. Concrètement, comment définiriez-vous ses positions philosophiques et économiques ?

Il est libertarien parce qu’un libertarien ne veut pas de règles. C’est une version extrême du libéralisme. On voit comment Musk manage ses entreprises. On voit la façon dont il licencie les gens, sur Twitter actuellement ou chez Tesla précédemment, sans considération des règles de préavis. Quand il y a eu le Covid, les décisions de confinement, de fermeture d’usines étaient un scandale pour lui. Je crois qu’il a maintenu ouvert un établissement qu’il aurait dû fermer au Texas.

Après, on parle de lui comme d’un transhumaniste. Lui-même dit qu’on est déjà cyborg quelque part parce que la technologie est de plus en plus intimement liée aux individus. Ça commence avec les lunettes, ça se prolonge avec le pacemaker. Avec le web, il dit qu’un quidam d’aujourd’hui a accès à davantage d’informations qu’un président des États-Unis il y a 20 ans. Donc oui, il est dans une forme de transhumanisme. C’est très clair avec les puces Neuralink qui permettraient, dit-il, de voir en infrarouge ou ultraviolet. Néanmoins, il n’est pas dans le transhumanisme à la sauce Jeff Bezos ou Larry Page (cofondateur de Google, NDLR), qui ont chacun créé des boîtes pour travailler sur la limitation des effets du vieillissement. Je ne crois que Musk soit dans ce trip de la vie éternelle, contrairement à Bezos. Musk est dans un transhumanisme qui consiste à utiliser encore plus la technologie parce qu’il est une espèce de techno-prophète. Il pense que la technologie est une fin en soi, qu’elle apporte une solution à tous les problèmes. C’est quelque chose qui est questionnable parce qu’un marteau, par exemple, est un outil de technologie : il peut permettre d’accrocher un beau tableau au mur, tout comme ça peut permettre de taper sur la tête de son voisin. Je pense que c’est une erreur de considérer la technologie comme une fin en soi. Avec Tesla et les voitures autonomes, il veut que la voiture soit pilotée par l’algorithme parce qu’il considère que l’humain est le « maillon faible » dans le dispositif.

Ensuite, il y a quelque chose d’intéressant à dire, je crois, c’est qu’il est cosmiste. Le cosmisme est une philosophie qui vient du père de l’aéronautique russe Constantin Tsiolkovski. J’en parle au début du livre. On lui prête la phrase suivante : « La Terre est le berceau de l’humanité et personne ne reste toute sa vie dans son berceau. »  Les cosmistes considèrent que le destin de l’humanité est de quitter la Terre pour aller ailleurs. Ce sont des colons de l’espace. Musk est cosmiste à 100% ! Il est libertarien à 100% ! Et… il est transhumaniste à 80%.

QG : Est-il une figure à part au sein des autres multimilliardaires issus de la Silicon Valley ou des GAFAMS, comme Marc Zuckerberg ou Jeff Bezos ? 

Je trouve qu’il est une figure à part pour une raison. Il y a chez lui une forme de sincérité qui est assez particulière et qui le singularise par rapport aux autres patrons de la Silicon Valley. Elle se traduit par le fait qu’il n’a investi que dans des sujets qui lui tiennent réellement à cœur. Cela vient de son enfance. Son goût pour la science-fiction. On a l’impression qu’il s’est fait une culture réelle dans ce domaine, un imaginaire de science-fiction qui est un plan pour le futur. Aujourd’hui, il est en mesure de le réaliser. C’est l’objectif qu’il s’est fixé. Il n’est pas seulement là pour faire du business, même s’il est un businessman. Il veut que cet argent serve à ce grand dessein. D’où le projet martien.

Musk est aussi aux commandes de Neuralink depuis 2016. Une société spécialisée dans le développement d’interfaces cerveau-machine

Je crois que cette sincérité n’est pas à discuter. Sa pertinence l’est, en revanche. Ses projets sont-ils bénéfiques à la collectivité ? Il faut en débattre parce que Musk considère, à longueur de tweets, que tout ce qu’il fait est pour le bien de l’humanité ! Le projet martien s’inscrit dans ce cadre, dans le sens où il revient à dire que la planète Terre est foutue à brève échéance et qu’il faut littéralement prendre la fuite sur Mars. A l’époque de la COP21 à Paris, on affirmait qu’il n’y avait pas de plan B parce qu’il n’y avait pas de planète B : Musk prend littéralement le contre-pied de cela en considérant que la planète B, c’est Mars et qu’il veut organiser le départ de l’humanité vers la planète Rouge. Est-ce une bonne idée ? C’est éminemment questionnable. Mais lui y croit à 100%.

Il y a néanmoins deux personnalités avec qui la comparaison reste pertinente. D’abord, Steve Jobs. Le patron d’Apple n’était pas un scientifique mais avait des projets visionnaires de réalisations technologiques. Il demandait à ses ingénieurs de se débrouiller pour obtenir tel objet menant à telle fonctionnalité. Musk a ce côté visionnaire, avec ce projet de civilisation extraterrestre, avec des fusées réutilisables, des voitures autonomes, etc. Il pousse ses ingénieurs jusque dans leurs derniers retranchements pour que ce soit fait. Musk n’est pas un scientifique au vrai sens du terme. C’est-à-dire quelqu’un qui travaillerait selon une méthode scientifique, avec des expériences en laboratoire, des études, des rapports qui validés par les pairs, d’autres scientifiques. C’est tout un processus de validation que Musk ne suit pas du tout. En revanche, c’est quelqu’un qui a l’esprit de curiosité, ainsi que me l’ont raconté plusieurs personnes interrogées pour mon livre sur lui. Il va toujours au premier principe de la physique. Par exemple, quand on lui répond qu’il serait impossible d’envoyer des hommes sur Mars, il demande sur quel principe physique ce ne serait pas le cas. Et si on finit par lui répondre que ce n’est pas impossible, il considère que c’est possible. Il questionne la science comme les enfants. Il ne veut pas se contenter du « c’est comme ça ». Il va à l’encontre des dogmes.

Il faut aussi le comparer à Bezos parce qu’entre eux, c’est devenu un affrontement personnel. Un coup, c’est l’un qui est l’homme le plus riche du monde. Un coup, c’est l’autre. (Aujourd’hui c’est le Français Bernard Arnault, NDLR). Ils ont, tous les deux, un projet spatial, même si Bezos n’est pas dans le projet de colonisation martienne. Il croit, par contre, à du tourisme dans l’espace avec sa société Blue Origin. Bezos a une société de voitures électriques, Rivian (Amazon est le premier actionnaire de Rivian, avec 17,4% du capital de l’entreprise, NDLR). Il possède le Washington Post et ils ont été concurrents dans le concours organisé par la NASA pour le programme de retour sur la Lune. Cette compétition, entre les deux, fait qu’on les compare l’un à l’autre. Bezos a davantage ce côté businessman, analytique, un peu froid que n’a pas Musk. Lui est davantage dans l’impulsion. Attention, il suit quand même un projet à longue échéance. Ce n’est pas un chien fou, malgré l’image qu’il se donne. Mais il a une part de spontanéité qu’il n’y a pas chez les autres.

QG : En décidant qui peut revenir ou qui peut être suspendu de Twitter, Elon Musk est en train de se faire pas mal d’ennemis à Washington et ailleurs. Est-ce bon pour ses affaires, que cherche-t-il selon vous ? 

Je pense que ça peut être très dommageable pour ses affaires. Il semble vouloir se placer sur un terrain idéologique, avec ses déclarations sur les dangers du « virus woke ». Cela lui tient à cœur car il revient là-dessus sempiternellement en ce moment. Mais le projet industriel qui était au cœur de ses activités ne semble plus être au centre de ses préoccupations. C’est ça qui est un peu inquiétant, si on regarde la tenue de ses affaires. Avec Musk, on a toujours eu l’impression de dispersion, quand on voit toutes ses activités. Mais finalement, elles se répondent, les unes aux autres, pour aller toutes dans le sens du projet originel qui est Mars. C’est la base du projet de Musk. Quand il a créé SpaceX, il y a 20 ans, c’était dans l’idée que l’humanité puisse aller sur Mars, en développant des fusées. Mais aussi Starlink, aujourd’hui un réseau de satellites autour de la Terre. Le même dispositif pourrait être utilisé sur Mars et fournir Internet à la planète Rouge. Quand on regarde les foreuses de sa société The Boring Company, celles-ci ont la bonne dimension pour être embarquées dans les Starships ! Or, on sait que pour s’installer sur Mars, il faudrait vivre sous terre parce qu’il y a des radiations cosmiques qui ne permettent pas de vivre à la surface de la planète.

Selfie de l’astromobile Perseverance, le dernier en date à avoir atteint Mars en 2020. Photo : Navaneeth Krishnan S

Il y a plein d’éléments qui s’additionnent les uns aux autres pour donner une vision d’ensemble finalement cohérente. Et Twitter aurait pu être le soft power, le relai d’influence pour pousser ces idées-là. Ce qui semblait être un plan assez bien huilé est en train de déraper parce que Musk s’échauffe dans une autre direction, celle du combat idéologique. Mais Musk n’est pas à sa place, à mon avis, en jouant les idéologues.

QG : N’y a-t-il pas contradiction de la part de Musk qui prône, d’un côté le « free speech », la liberté d’expression totale, et de l’autre, suspend le compte Twitter du rappeur Kanye West, suite aux propos de ce dernier, clamant son admiration pour Hitler ?

Quand Musk se fait le chantre de la liberté d’expression, c’est du storytelling. Quand on regarde ce qu’il a toujours fait dans ses entreprises, qui est-ce qui parle au nom de Space X ? Qui est-ce qui parle au nom de Tesla ? C’est lui. La liberté d’expression chez Musk s’arrête là où commence la sienne. Il y a beaucoup de posture dans cette histoire-là. Par ailleurs laisser tout le monde dire n’importe quoi est un projet intenable, on le voit avec les délires de Kanye West.

À mon sens, Musk veut faire diversion quand il affirme racheter Twitter pour défendre la liberté d’expression. Son réel objectif est de l’employer comme un formidable réseau d’influence pour débloquer certaines problématiques de ses sociétés, comme je vous l’ai dit tout à l’heure. Ce n’est pas étonnant de la part de Musk, qui fonctionne toujours selon la technique du fusil à deux coups. C’est-à-dire qu’il place le débat sur un objectif lointain pour détourner l’attention de ce qu’il fait réellement, à brève échéance. L’exemple typique est dans le domaine de l’espace, où il préfère parler de la colonisation martienne que de parler de la véritable colonisation de l’orbite basse de la Terre qu’il a faite avec ses satellites Starlink. Mais là, on a l’impression qu’il se prend au jeu. Ça l’amène à se placer dans un combat idéologique sur ce que doivent penser les gens. Je trouve qu’il est en train de perdre les pédales.

QG : Musk, qui est aussi un des cofondateurs de PayPal, avait annoncé un vaste plan de restructuration, avec des cadences accrues pour les salariés restants. Or, sur les 7.500 salariés de Twitter au début de l’année 2022, moins de 2.000 sont encore présents à l’heure actuelle. Le réseau social ne risque-t-il pas de payer cette politique de la terre brûlée ?

C’est toute la dualité du personnage, qui aime se donner une image de flibustier, de trompe-la-mort, de type qui réagit au quart de tour, mais qui est plus organisé que cela. Je pense qu’il a, chez Tesla, des ressources informatiques, logicielles, qu’il pourra déplacer vers Twitter sans mettre le réseau en danger. Je ne crois pas du tout à un scénario selon lequel Twitter s’effondre parce que toutes ses forces vives sont parties. Comme vous l’avez rappelé, Musk vient de PayPal. Il vient du numérique. Il a une approche d’informaticien dans toutes ses entreprises. Cette façon qu’il a à faire décoller des fusées pas encore parfaites… Un engin se crache ? Il lance un deuxième modèle, un peu différent. La nouvelle fusée s’écrase ? Il recommence, avec un modèle encore un peu différent. Cela ressemble à la démarche d’un informaticien qui crée un programme. Il le fait tourner. Il change une ligne de code. Il le fait tourner. Il change encore quelque chose, etc. Cette approche itérative de l’informaticien, il l’applique dans toutes ses entreprises. C’est sa culture.

En rachetant Twitter, il retombe sur ses pattes. Cela peut paraître étonnant, quand on regarde les chiffres, parce que cela reviendrait à dire que plus de la moitié des salariés de Twitter ne servaient à rien, ce qui est évidemment impossible. Pourtant, Musk semble bien avoir assuré le minimum vital.

Propos recueillis par Jonathan Baudoin

Olivier Lascar est journaliste, rédacteur en chef digital de « Sciences et Avenir ». Il est l’auteur de Enquête sur Elon Musk, l’homme qui défie la science (Alisio sciences, 2022)

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6 Commentaire(s)

  1. Des choses intéressantes sur Musk et consort ont été dites précédemment.
    Je vais réagir simplement sur une autre info incidente que nous donne l’auteur de l’article.

    Ce qui m’a interpelé dans l’article, c’est le cas de cet artiste de variétés Kanye West (possiblement autiste, comme Musk : décidément, c’est une mode ou quoi ?) qui s’affirme, sans honte aucune, grand admirateur d’Hitler et des nazis. Bing ! là, au premier abord, il y a déjà quelque chose qui cloche pour moi ! Mais, en fait, qui ne cloche qu’apparemment ! Car il y a une explication. Qui ne se situe pas au niveau de la liberté d’expression mais au niveau de la légitimité d’expression ! Ce qui cloche, c’est qu’une telle affirmation publique, par un homme public, était jusqu’ici un interdit moral quasi absolu. Personne, que je sache, ne s’est jamais aventuré jusqu’ici.

    Alors pourquoi cela ? Et pourquoi maintenant ? Briser un tabou ne peut être, ne peut jamais être « que » le fait … d’un Acteur (au sens sociologique : pas un comédien). Un individu seul, un sujet, ne peut pas. Pour parler, pour agir dans un certain champ, il faut obligatoirement être légitime, cad être un acteur, cad appartenir/s’adosser à un groupe, à une institution … de consolidation sur tel ou tel enjeu, cad tel ou tel champ polémique (si il n’y a pas polémique, pas contradiction, alors il n’y a pas d’acteur, pas d’institution, pas d’édifice).

    Mais où est l’Acteur qui se cache derrière West, ou dans lequel se compose l’acteur West ? qui « fait acteur » avec mr West, cad quel édifice social le légitime, le « bétonne », pour qu’il se permettre ainsi de briser un tel tabou ?
    Cet édifice, en fait, se manifeste par un bruit sourd, un bruit assourdissant, qu’on entend depuis quelque temps ! Mais ce bruit assourdissant d’où vient-il donc ? Par qui est-il clamé, enfin ? Qui clame ce soutien à Hitler actuellement ?

    L’Amérique ! tout simplement l’Amérique et l’Europe ! West a du monde, à l’ouest, auquel s’adosser. Le collectif clamant sous-jacent, il ne faut pas le chercher bien loin : il se manifeste en permanence sur tous les écrans de France, de Navarre et d’Occident ! c’est le soutien absolument massif de l’occident à l’Ukraine dont tout le monde, tout pékin tant soit peu informé et honnête, sait maintenant parfaitement qu’elle est un pays qui a été dominé historiquement par une idéologie nazie ; pays qui vient d’ailleurs d’interdire le Parti Communiste. En Ukraine, la Shoah par balles a autant tuer de juifs que l’Allemagne nazie. L’Amérique soutient l’Ukraine, l’Europe soutient l’Ukraine. Quand les pays les plus développés du monde soutiennent un pays encore idéologiquement nazi, il devient assez naturel, facile, que par contagion proximale, l’acteur nazi prenne de l’ampleur et de la consistance dans les consciences, constituant ainsi un édifice de plus en plus fermement producteur de légitimité.

    D’autant que l’Amérique a historiquement protégé, elle aussi, des dignitaires nazis après la guerre 39-45 (mais ça c’est moins connu). Le camp de Guantánamo est, lui, plus connu du grand public. Une forme de libertarisme étatique (d’origine nazie) est aussi très présente idéologiquement aux USA. D’ailleurs, Musk et consort en sont de fervents partisans; mais ils ne portent pas l’uniforme ! Non, ils sont « in », « hyper dynamiques », se font admirer comme grands amiraux, grands stratèges de la réussite financière, transhumanistes, et même transplanétariens : ils ne peuvent donc être que gentils.

    1. …pour qu’il se permette …

      Concernant l’autisme quasi revendiqué par les deux tordus que sont Musk et West, j’ai parlé de « mode ». mais je crois que c’est plus vraisemblablement une stratégie d’acteur. En clair, les autistes Asperger sont habituellement considérés comme à la fois intelligents et perturbés. Du coup, quand on pousse le bouchon un peu trop loin, c’est vachement pratique de se déclarer autiste perturbé (on aura des circonstances atténuantes). Mais si l’affaire se passe bien, on dira qu’on a le mérite d’être autiste intelligent. Ils sont malins ces fachos; ils veulent se parer « à la fois » des plumes du geai et des plumes du paon. Attention, parfois ça tourne mal :

      Un paon muait : un geai prit son plumage,
      Et ensuite se l’accommoda ;
      Puis parmi d’autres paons, tout fier se pavana,
      Croyant être un beau personnage.

      Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué,

      Berné, sifflé, moqué, joué,
      Et par messieurs les paons plumé de belle sorte ;
      Même vers ses pareils où s’étant réfugié,
      Il fut par eux mis à la porte.

      Il est assez de geais, à deux pieds comme lui,

      Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui,
      Et que l’on appelle faussaires.
      Je me tais, ne voulant leur causer nul ennui :
      Ce ne sont, là, pas mes affaires.

      ( Jean de La Fontaine : LE GEAI PARE DES PLUMES DU PAON)

  2. Article intéressant mais avec des oublis (volontaires ou pas ?).

    Sur Twitter, il faudrait déjà dire le rachat de la plateforme est aussi une logique de rachat de marque, de présence sur le net et bientôt de déploiement de sa crypto monnaie… il semble que Musk va retourner à ses premiers amours et réinvestir la finance, comme Facebook essaie de le faire avec sa monnaie. Il faudra voir ce que cela va donner, mais le cours d’une crypto dont j’ai oublié le nom a augmenté suite au rachat de Twitter par Musk, il a une vision plus globale de sa présence sur le net, Twitter n’est qu’une marque mais c’est déjà beaucoup. Rare sont les marques connues sur tous les continents par beaucoup de gens. Mais ça ne reste que le premier étage de sa fusée numérique et de sa présence à venir.

    Sur l’aspect idéologie, « Musk n’est pas à sa place, à mon avis, en jouant les idéologues. » mais l’auteur ne semble pas comprendre l’environnement. Le problème de Musk n’est pas d’être ou pas idéologue, son problème est de comprendre l’environnement et de savoir s’il peut ou pas passer entre les gouttes, ce qu’il a essayé de faire jusqu’à présent en étant à la fois démocrate et républicain. Or depuis l’invasion du capitole, la suspension du compte Twitter de Trump…. le climat se tend aux USA (les positions se radicalisent dans les deux camps), c’est une sorte d’affrontement idéologique, de guerre intérieure (plus ou moins pacifique) qui se joue. Or en temps de guerre, la question n’est plus de savoir si on peut être dans les deux camps (ce qui immanquablement à la fin finit mal, on peut armer les deux camps, mais faire partie des deux…) mais bien de miser sur le bon cheval et être dans le camp victorieux à la fin, celui qui raflera la mise. Il n’a donc pas le choix que de choisir son camp et mettre les mains dans le cambouis. Or il a bien compris que le woke, lgbt… n’était pas un cheval d’avenir (d’ailleurs des démocrates quittent le parti qui ne leur ressemble plus : https://www.20minutes.fr/monde/4014201-20221209-etats-unis-democrate-quitte-parti-fragilisant-majorite-biden-senat).

    Twitter était de fait devenu un bastion du courant majoritaire chez les démocrates, et Musk vient juste de le prendre, c’est l’équivalent de prendre un château fort dans les guerres médiévales. Il vient d’affaiblir le camp d’en face et renforcer son camp. Le projet est bien de gagner la guerre et de faire changer les démocrates de direction. L’affrontement démocrate vs républicains, ou plus précisément woke/lgbt.. vs un ultra conservatisme incarné par Trump est un affrontement civilisationnel. Ce qui est compliqué c’est que si Musk était libertarien, il n’aurait pas de problème avec le wokisme, lgbt… je pense que le parti de Musk sont ses intérêts et qu’en ce sens, il n’est pas idéologue. Il ne fait qu’aller là où ses intérêts seront le mieux défendus. C’est un peu comme la CIA, dirait-on que la CIA est de gauche ou de droite ? Ils n’ont pas de couleur, l’histoire nous apprend qu’ils sont capables de défendre leurs intérêts avec les deux (d’ailleurs il faut être expert pour voir les différences de politiques étrangères à présent entre les deux partis, les démocrates étaient par exemple plutôt russophobe et les républicains sinophobes, on à l’impression que maintenant les deux sont à la fois russosinophobe). Quand la CIA ne peut plus être dans la neutralité ils choisissent ou essaient de choisir le vainqueur de l’affrontement. Les démocrates ont mis la main par exemple sur le FBI qu’ils semblent avoir transformer en police politique (le FBI avait un bureau à Twitter avant Musk), ils réforment l’IRS (les impôts), ils opèrent au niveau intérieur. On sait que la CIA n’a en théorie pas le droit d’opérer à l’intérieur des USA. Chacun est entrain de placer ses pions, si vous voulez mon avis.

    Maintenant sur Musk, rappelons qu’il est sud-africain à la base, hériter du régime de l’apartheid. Emigré aux USA, son parcours est l’american dream même dans sa version Tony Stark. Sans Piper cependant, à moins que ce ne soit Amber Heard ?…mais bon il est peut être plus à l’aise avec les relations multiples qu’Iron Man qui s’il a plusieurs armures, n’a qu’une seule femme dans le film, qui plus est sa secrétaire. Hollywood ne veut sans doute pas se mettre les femmes à dos avec des versions plus crues de la vie sexuelle des milliardaires et les partouzes dans les villas. Il parait par exemple que Musk aurait fait un plan à 3 avec Heard et Cara Delevingne, un hétéro pour deux bis, la soirée a dû être caliente. J’imagine bien la scène, Musk en solo pendant que les deux autres font leur truc, c’est le porno en 3D pour Geek bientôt disponible chez neuralink. Il pourra dire qu’il ne faisait que le recettage. Il parait aussi qu’Heard était une Mère Maquerelle, une émule de Madame Claude, qui recrutait des jeunes filles pour des soirées spéciales et qu’elle aurait des dossiers à la Epstein sur lui… mais j’imagine qu’elle aurait eu plus de problèmes si tout ça était vrai. Cependant beaucoup se demandent d’où elle sort les fonds de sa défense dans le procès qui l’oppose à Deep, suite à l’article du Washington Post (tiens tiens le Washington Post) ? Elle semble en tout cas être à l’abris du besoin bien que sans ressources et ne pouvant plus travailler à Hollywood. Qui donc pourrait la financer ? Quant à Deep il en est réduit à jouer pour Maïwenn (je taquine Maïwenn est une réalisatrice de talent), et a sans doute perdu beaucoup de sa fortune dans cette histoire. Mais bon ses gains seraient de plus de 500 millions sur l’ensemble de sa carrière, il a de quoi tenir lui (même s’il s’est fait escroqué). Il pourra se refaire avec un nouveau Pirates des Caraïbes, même si Disney semble aussi avoir choisi son camp.

    Le Musk a été dépossédé de sa personne, il est devenu un symbole. Pas un sex symbol comme Brad Pitt mais un symbole du capitalisme américain, un migrant, un blanc, un cerveau…le pays de tous les possibles. Le fait qu’il s’acoquine de Trump qui lui même s’acoquine des white supremacist fait quelques part sens. A titre personnel, je trouve l’histoire de Musk un peu trop extraordinaire pour quelle ne soit que le fuit du hasard ou du mérite de ce dernier qui reste quand même une personne exceptionnelle, Dans le sens où le fait qu’il ait des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne ne fait pas débat, il a peut-être même une forme d’autisme léger même si je me demande si beaucoup d’autiste pourraient être dans des plans à 3 voire à plus ? (question pour psychiatre mais ça se trouve il n’a bien fait que regarder). Mais il a sans doute un QI compris entre 2 et 3 fois l’écart-type supérieur à la moyenne, ce qui certes le place dans la tête entre les 5% et 0,003% mais de là à finir numéro 1, Space X, Tesla… en venant de nulle part, il y a sans doute autre chose, il a peut-être de la chance ? Faudrait lui demander les numéros du Lotto au lieu de prendre un selfie ou demander un autographe. Ce qui le rend exceptionnel ne sont pas que ses qualités intellectuelles indéniables, mais ce qui est souligné dans l’article à savoir sa créativité, son imagination et ses projets qu’il semble pouvoir réaliser. Il faut sans doute tirer chapeau au parents pour leur éducation, on ne répétera jamais assez qu’il n’y a pas que les capacités qui comptent mais l’environnement qui compte sans doute plus. Le mélange détonnant entre un père ingénieur et une mère mannequin doit y être pour quelque chose sans doute. Comme quoi se mettre en couple avec son double social n’est peut-être le plus à même de favoriser l’épanouissement des enfants ? la diversité ici comme ailleurs joue sans doute un rôle.

    Je trouve que l’auteur ne va pas assez loin dans la présentation de Musk. Pour ceux qui sont intéressés :

    https://www.youtube.com/watch?v=PkYXSCXMg_8&ab_channel=IdrissJ.Aberkane

    Par exemple il ne dit pas que Musk pense que les machines vont dépasser les humains et qu’il faut aux humains pour conserver l’ascendant développer leur capacités, d’où la puce Neuralink. Il a peut être été traumatisé par Matrix qui sait ? En tout cas force est de constater que depuis la défaite de Kasparov, l’humain enfin certains, comprennent bien que nos cerveaux en l’état face aux puces, dans certains domaines n’ont plus l’avantage, les échecs par exemples (après on peut se demander pourquoi on irait se comparer aux puces et on ne jouerait pas qu’avec des humains, personne ne va s’essayer au 100 mètre avec une tesla ?) . Après bon les machines ont un gros problème, elle n’ont pas d’âmes, et ont besoin d’énergie. N’oublions pas aussi que nos cerveaux dans de nombreux domaines font encore plus fort. Mais il existe une théorie selon laquelle les humains vont bientôt être soumis aux machines (ou du moins ceux qui les contrôlent) à partir de là comment fait-on pour conserver encore notre liberté ? (mettons nous une puce). Je ne pense pas que ce soit illégal ce genre d’opérations, « éthiquement, opérer des gens qui sont bien portants pour les équiper d’une puce électronique, ce n’est pas possible aujourd’hui. » Ethiquement aujourd’hui les chirurgiens esthétiques opèrent des gens biens portant et certains en meurent comme la mère de Kanye West…. Sur Mars, l’auteur ne dit pas que ce serait une solution à la surpopulation. Musk qui a de nombreux enfants n’est en effet pas en faveur de la dépopulation, mais pense bien qu’il faudra mettre ailleurs l’excédent que la terre ne pourra plus supporter. C’est une forme de pragmatisme, faites des bébés et on pourra toujours leur trouver une place dans l’espace. Pourquoi pas après tout vu que déjà beaucoup se débarrasse de leur gosse en pensionnat, on peut bien les dégager sur une autre planète ? c’est physiquement possible.

    Mais au delà il faut bien voir que le vrai constat est que beaucoup de ressources sur terre s’épuisent, et s’épuiseront d’autant plus vites que l’on sera nombreux. Comme le pétrole, à partir de là, la solution est sans doute d’aller prendre des ressources au delà de la terre, et qui sait peut-être qu’il y a du pétrole sur Mars ? ca serait comique que le chantre de la voiture électrique soit le premier à forer du pétrole martien, mais je pense qu’il faut plus voir la chose comme cela : l’accès aux ressources, à l’énergie, aux matières premières, qui pour les humains ou les machines sont cruciales. C’est finalement toujours la même histoire, le perpétuel recommencement jusqu’à la fin. Guerre contre la Russie (et bientôt l’arctique) et Mars même combat pour les riches, comment être plus riches, et avoir l’ascendant sur le reste.

    1. Voilà des précisions sur la personne de Musk qui alimentent précieusement la réflexion

      Je me demandais qui était le bonhomme, je le perçois finement ciselé maintenant grâce à cet article et votre com. Merci à vous et QG.

      La Bible et avant elle la Torah, racontent l’histoire du roi David et le présentent comme le preux d’une grande nation, alors qu’il n’était qu’un sauvageon qui a grandi des champs et s’est retrouvé à la tête d’une bande de quelques va-nu-pieds errant dans la lande et les montagnes, avant de se rallier par sa fougue farouche, les tribus d’une horde hétéroclite nomade en voie de sédentarisation.

      On se souvient de lui car un inspiré a raconté son histoire dans un ouvrage resté vivant par la ferveur de quelques descendants de ces tribus nomades.

      Musk, surgit des confins d’une lointaine descendance anglo-saxonne qui cousine avec l’AMERICAN DREAM, à l’instar de David surgi des confins d’Israël et rejeton d’une lignée abatardie, qui ne porte même pas de nom de surcroît (David n’etait pas à l’origine un prénom avant David. Il signifie en hébreu *bien aimé*, doux euphémisme dont on affublait celui que l’on envoyait paître et voir ailleurs si Celui qui est y est), fait figure de Messie dans le temple de l’économie-monde de la Finance et la technologie contemporaine qui ambitionne de faire totale main basse sur les richesses de la terre et d’asservir les nations.

      N’a t-il pas mis la main sur le génie de l’entreprise Tesla et maintenant sur l’incontournable réseau d’influence des politiques et des journalistes qu’est Twitter ?

      On ne peut nier son habileté dans les affaires comme sa manière très particulière de brouiller les cartes dès qu’il s’agit de sa personne. Il parvient à séduire intelligemment influenceurs de tous bords et brasse dans ses références de multiples horizons.

      Mais une chose ne trompe pas. Sa vision de la terre comme « Berceau » … Qu’il nous faut « quitter pour s’élancer dans l »Univers », « cosmique » est-il précisé (concatené de ces article et coms) ..

      OK pour un ride dans les spheres et même l’ Uni-vers, vaste Mer Étale qui ondule permanentement et porte la phusys comme un vêtement…

      Notre chair fait ancre en Matière. Mais seul notre âme peut faire voile dans l’Uni-Mer. Alors fuser dans les mondes en misant sur la technologie et la biologie transhumanisée par les sciences et médecine de rats de laboratoire ? Là je m’esclaffe !

      Paul Allen avait cette même folie de traverser les Ciels avec une sorte d’aéronef supersonic intergallactique, mais quand il en parlait, il y avait un enfant en lui, une part d’ innocence, et ses yeux riaient. Musk l’a t »il en lui ce rire d’innocence ? Où est-il sardonique comme ceux de nombre de ses prétendants ? Je ne l’ai jamais entendu rire sincèrement de bon cœur.

      Quelqu’un pour lui décrocher une pichenette, qu’on se marre un coup pour voir à qui on a vraiment affaire ? Avec ce que j’ai à me mettre sous la dent ici, je dirais qu’il rit jaune en grinçant des dents. Mais je peux me tromper. Jamais rencontré.

      1. Franchement Musk et Arnault même combat, ils privatisent à leur intérêt (et celui de ceux qui les soutiennent) des pans publics, la NASA et l’exploration spatiale pour le premier, le savoir-vivre et la tradition de l’artisanat français pour le second. On ne peut nier qu’ils ont su développer ce qu’ils ont réussi à récupérer mais on peut s’interroger :

        Est-il bien juste que l’exploration spatiale financé par le public depuis le début (donc les taxpayers américains et nous aussi qui finançons le budget américain via l’utilisation du dollars) puissent être privatiser de la sorte ? Sachant que Space X a plus que récupéré les travaux de la NASA ? De même Arnault en Mozart de la finance rachète à tout va des entreprises qui doivent aussi à l’histoire du pays et son public.

        Mais bon dans les deux cas, il semble que nous ayons à faire à des personnes ayant accès à un financement abondant (merci le système) et qui arrivent à exploiter à leur fin le capitalisme moderne, c’est une époque formidable pour certains.

        C’est là où je distinguerais quand même des ultras-riches, ceux qui ont acquis leur fortune en développant une entreprise qu’ils ont créé depuis le premier jour (Bezos, Gates, Jobs…) qui à notre époque vont être surtout les gens du secteur du numérique (dernière révolution en date). Cependant une nuance quand même on imagine mal que qui que ce soit à lui seul puisse monter Microsoft, Apple… il y a des salariés qui pour certains sont suffisamment gentils pour donner leur meilleures idées pour enrichir leur boss (après tout tant qu’ils n’ont pas été contraints). Parfois aussi les boss savent voler les idées d’autres et de la concurrence, Gates à voler l’idées des fenêtres qui donnera Windows, Jobs est aussi connu pour avoir été à l’affut et « emprunter » les idées d’autres (et aussi leur donner vie). De nos jours on commence à voir de nouveaux profils comme Stéphane Bancel issu de la biotech (prochaine révolution parait-il). Avant c’était les Renault, Porsche… Il faut distinguer tout cela des Mozart de la finance qui à coup de fusion-acquisition et d’argent magique se créent des situations presque monopolistiques tout à fait contre libérale. La privatisation des gains et la socialisation des pertes. A ce jeu là même Tapie sortie de nulle part à pu se retrouver à la tête d’Adidas, et qui sait jusqu’où il aurait pu aller s’il n’avait pas été flingué dans le dos par ceux qui l’ont monté ? (le film un fauteuil pour deux est un peu cette histoire, on prend un quidam et on le monte en épingle).

        Au final cela doit arranger certaines personnes. La privatisation de l’espace permet de réduire les coûts (c’est sûr que quand on a pas la recherche développement à financer et qu’on récupère les ingénieurs de la NASA c’est toute suite plus facile..) et tailler des croupières à Arianne et à la Russie avec l’espoir de les mettre banqueroutes. Quant à Arnault on voit bien que c’est l’enfant chéri de la présidence, premier des premiers de cordée, un exemple pour la nation et un symbole du rayonnement de la France même s’il faut rappeler qu’il ne fait que vendre des sacs, des parfums, des robes, des bijoux et de l’alcool…. dans un monde où certes il y a de plus en plus de riches cela a en effet son utilité. Et vive la marge sur les produits (tant qu’il y a des clients c’est comme pour Apple). Mais bon si le savoir vivre à la française est en effet depuis longtemps (sans doute faudrait-il dire à ce sujet merci à la monarchie et à Louis 14 qui a ruiné la France et le peuple dans ses projets du style Versailles…c’est là où aussi certains devraient s’interroger sur le rôle du peuple dans ce qu’ils ont récupéré car tout cela au début à bien été payé par quelqu’un, en l’occurrence les impôts et les taxes) un des symboles de la France avec la cuisine…. il serait aussi bon de rappeler que le pays après la révolution, l’instruction… c’est aussi distingué dans d’autres secteurs, il est regrettable en réalité que le porte étendard du capitalisme français voire mondial soit Arnault quand on y pense…. mais bon micron est en admiration, dès qu’il y a de l’argent celui-là.

        1. Intéressantes précisions. Je retiens cette remarque pertinente. Les raiders (aventuriers) de la Finance ont aujourd’hui remplacé les créateurs comme Job (Apple) a la tête des grandes entreprises.

          Elon Musk est un raider, c’est clair, comme Arnault. Et le propre de cette race est qu’elle ne travaille pas avec la richesse industrielle qu’elle crée mais avec celui que les banques et les failles du système génèrent et permettent malignement d’accumuler. D’où le caractère spéculatif et donc « irréel » de leurs fortunes qui ne reposent que sur l’habileté des tours de passe-passe et la confiance des agents du système.

          Théorie de l’élastique : plus tu tires dessus, plus il se fragilise. Tire une fois de trop et il casse. Le système financier est devenu fou. Il engage des sommes de plus en plus faramineuses pour croître. Il ne le fait plus avec des idées nouvelles mais principalement avec des « opés » de plus en plus volumineuses en argent et risquées de surcroît et dans une accélération grandissante.

          Le système financier est devenu semblable à une autoroute périphérique mondiale bondée, parcourue par des ferraris tête à queue qui fusent toutes à 250 km/H. Que l’une d’entre elles tombe en panne ou freine brutalement et c’est le carambolage voire le crash total. Tous le savent, c’est pour cela que tous continuent de suivre le mouv’ et d’appuyer sur le champignon. Seule certitude : comme l’élastique finit par casser, l’accident finira par arriver. Et ce jour là… Même ceinture accrochée faudra pas être dans une voiture ou bien disposer d’un siège éjectable.

          Voilà pourquoi le petit peuple qui roule en deux-chevaux et vit du trafic généré sur les routes secondaires, a tout intérêt à profiter de sa mise à l’écart du réseau routier du système financier et en profiter pour tracer ses voies discrètement hors des routes parcourues. Ça s’appelle prendre les devants et ça implique d’emprunter des sentiers. La difficulté c’est qu’il faut retrouver l’usage de fonctions perdues ou oubliées comme prendre un bâton et marcher. Mais comme le rappelait Patrick Süskind dans « Le pigeon », le génie de la marche c’est qu’elle fait penser. Alors marchons, marchons… SUR la Caste ? Là c’est carrément COURIR qu’il faudrait !

          RUN RUN RUN,
          COURS COURS COURS,
          FREE ART AND PASS!
          😉

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