« La posture des néofascistes c’est de prétendre que le monde politique et médiatique est partout dominé par la gauche » par Ugo Palheta

14/10/2022

L’arrivée de Giorgia Meloni à la tête du prochain gouvernement en Italie oblige à se poser de nombreuses questions de l’état de décomposition de la politique européenne. Le sociologue Ugo Palheta, spécialiste de l’extrême droite, tire les leçons pour QG de l’événement. Lorsque la démocratie est vidée de toute substance, réduite à un ensemble de procédures et de stratégies publicitaires, même les nostalgiques de Mussolini parviennent à se faire passer pour des hommes neufs, et à incarner l’espoir de ceux qui n’en ont plus

La victoire de la coalition de droite et d’extrême-droite aux élections législatives du 25 septembre, où le parti néo-fasciste Fratelli d’Italia a pris le dessus sur ses alliés (Forza Italia et la Lega), suscite des inquiétudes en Italie et ailleurs. Pour QG, le sociologue Ugo Palheta, auteur de La nouvelle internationale fasciste, revient sur les raisons ayant permis cette arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni, ainsi que l’atonie de la gauche italienne, orpheline depuis la disparition du Parti communiste italien. Interview par Jonathan Baudoin

Ugo Palheta est sociologue, maître de conférences à l’Université de Lille, et co-directeur de la revue Contretemps. Il est notamment l’auteur de: Défaire le racisme, affronter le fascisme (avec Omar Slaouti, La Dispute, 2022), et Face à la menace fasciste (avec Ludivine Bantigny, Textuel, 2021)

QG: Comment analysez-vous les résultats des élections législatives en Italie, avec un parti d’extrême-droite « Fratelli d’Italia » sorti en tête (26% des voix) ? Est-ce que le fait pour celui-ci de ne pas avoir participé au gouvernement d’union nationale de Mario Draghi explique principalement ce vote ?

Il me semble en effet que cette posture d’extériorité à l’énième « grande coalition » menée par un technocrate néolibéral (Draghi) lui a effectivement permis de rafler la mise. Il s’agit bien d’une posture parce que Meloni s’est bien gardée d’attaquer Draghi sur son bilan. 

Rappelons d’ailleurs que Meloni avait été ministre de Berlusconi de 2008 à 2011, ce qui cadre mal avec les prétentions à la rupture qu’elle aujourd’hui met en avant bruyamment. Mais il est vrai qu’elle prétend aussi que la gauche gouverne depuis 10 ans. Bien sûr, le Parti démocrate (PD) a été quelques années au pouvoir mais il est bien difficile de considérer qu’il s’agit d’un parti de gauche et en particulier que Renzi, Président du Conseil de 2014 à 2016, ait mené une politique de gauche. Au contraire, sa politique s’est avérée violemment néolibérale et lui-même s’est montré extrêmement hostile aux syndicats. Par ailleurs, comment considérer qu’étaient de gauche les gouvernements Monti (2011-2013) ou Draghi (2021-2022), ce dernier ayant été soutenu par Berlusconi, le PD et l’extrême droite (Lega), ou encore la coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Lega de Salvini (2018-2019), ou encore l’union entre le M5S et le PD (2019-2021) ? 

C’est grotesque, mais cela correspond à une ligne idéologique constante des néofascistes partout dans le monde: prétendre que le monde politique et médiatique est dominé par la gauche, que le système c’est la gauche et que la gauche c’est le système, que Macron, Biden ou Renzi c’est la gauche, que même quand la droite gouverne elle se soumet à la gauche, etc. Cela lui permet de se donner à peu de frais un profil antisystème, alors même que l’extrême droite est la force qui défend le plus farouchement l’ordre social, qu’elle bénéficie de complaisances énormes dans certaines fractions des élites économiques, médiatiques et politiques. 

Au niveau médiatique, Fratelli d’Italia est présenté comme un parti postfasciste. Est-ce cela décrit l’idéologie défendue par ce parti ou faut-il parler de parti néofasciste ?

Si l’on regarde d’abord cela d’un point de vue généalogique, il est clair que Fratelli d’Italia s’inscrit dans une tradition néofasciste qui est très forte en Italie depuis l’après-guerre ! Une tradition nostalgique de Mussolini, bien sûr, et qui s’était cristallisée politiquement pendant des décennies dans le MSI (Mouvement social italien, mais aussi nom de code pour « Mussolini sempre immortale » [1]). 

Meloni et la plupart des cadres, notamment les plus âgés, de Fratelli d’Italia ont été formés dans ce moule politico-culturel néofasciste, même s’ils ont aussi compris que s’ils voulaient parvenir au pouvoir, il leur fallait mettre en sourdine certains des aspects les plus explicitement liés au fascisme historique. Le personnage clé dans cette histoire de « dédiabolisation » c’est Gianfranco Fini ; c’est lui qui a engagé la mutation dite « postfasciste » du MSI vers Alleanza Nazionale puis vers le « Peuple des libertés » (un parti des droites dominé par Berlusconi), et c’est dans ce creuset qu’est né Fratelli d’Italia, même si Fini a emprunté une autre voie dans les années 2010. Un autre personnage décisif de la normalisation des néofascistes a bien sûr été Berlusconi, car c’est bien lui qui a réintégré pleinement l’extrême droite dans le jeu politique légitime en l’intégrant à sa coalition des droites dès les années 1990. 

Pour ce qui est de la politique de Meloni, elle ne dit pas grand-chose sur le fond parce qu’elle se situe fondamentalement en continuité avec la politique dominante en Italie depuis des décennies, tout en ayant des prétentions à la rupture. Elle se présente simplement comme conservatrice, attachée à l’Italie, aux traditions, à la famille, de « centre-droit », et elle formule des vues passablement orthodoxes sur les questions économiques (elle défend notamment une ligne violemment pro-patronale) et internationales (elle soutient vigoureusement l’OTAN). Elle ne prétend en rien remettre en question l’adhésion de l’Italie à l’UE et à la zone euro (là où Salvini a toujours été plus offensif, sans d’ailleurs faire un pas en ce sens quand il était au pouvoir). 

Mario Draghi, président du conseil des ministres italiens, devant le Parlement européen, mai 2022. Photo : © European Union 2022 – Source: EP

Personnellement, je suis très rétif à qualifier Fratelli d’Italia de « postfasciste » parce que de telles caractérisations tendent à leur accorder ce qu’ils prétendent avoir fait: rompre avec le fascisme. Or c’est une fable car ils en partagent l’idéologie fondamentale et la renouvellent par exemple via les théories du « grand remplacement » ou de la « substitution ethnique » (dans le cas de Fratelli d’Italia). Ils prétendent incarner le peuple, et pourtant ils ne sont jamais en faveur de mesures qui amélioreraient immédiatement les conditions de vie des classes populaires en matière de salaires, de retraites, de minimas sociaux, de services publics, etc. 

L’abstention record pour ces législatives [36,09%, NDLR] n’illustre-t-elle pas un rejet grandissant envers la classe politique de l’autre côté des Alpes et peut-on la relier à une désaffection de plus en plus manifeste envers la construction européenne ?

Oui, il n’y a aucun doute là-dessus, d’autant que l’abstention était traditionnellement faible, voire très faible, en Italie. Et il n’y a pas lieu de s’étonner : ce dont on pourrait s’étonner c’est qu’il n’y ait finalement pas plus d’abstention et qu’un parti aussi évidemment et farouchement favorable au statu quo social, c’est-à-dire aux riches et aux grandes entreprises, accompagné de deux autres partis qui soutenaient Draghi (Forza Italia et la Lega), puisse rafler une partie aussi conséquente de l’électorat? 

Pour aboutir à un tel dénouement, les ingrédients sont connus : des décennies de politiques néolibérales, avec une régression des conditions de vie pour les classes populaires qui n’a pas beaucoup d’équivalents en Europe puisqu’elle se concrétise à la fois par une précarisation de masse et des salaires réels en baisse depuis 20 ans ; une myriade d’alternances sans alternative ; un parti issu de la gauche et toujours associé à la gauche mais qui a gouverné systématiquement à droite (le PD) ; un mouvement prétendument « antisystème » (M5S), mais né sur des bases extrêmement confuses et qui a entretenu cette confusion par une politique d’alliances allant du centre à l’extrême droite ; un contexte médiatique particulièrement dégradé au sens où le pluralisme politique n’y existe quasiment pas et où règne – à un niveau encore plus élevé qu’en France – la dépolitisation des enjeux au profit des seules stratégies de communication des uns et des autres, qui laissent une place énorme à la démagogie nationaliste et raciste, etc. En somme une démocratie vidée de toute substance proprement politique, réduite à un ensemble de procédures institutionnelles et de stratégies publicitaires. 

Dans un tel contexte, l’extrême droite a toutes les chances de faire mouche parce que son idéologie – ce nationalisme de purification (ethno-raciale, politique, de genre) – est précisément l’idéal de ceux qui n’ont plus d’idéal, la croyance de ceux qui ne croient plus en rien, ceux dont l’horizon de changement se ramène au mieux au retour à l’Italie d’autrefois (évidemment mythifiée, essentialisée, etc.), au pire à la purge des traîtres et au châtiment des ennemis de la nation. 

« L’extrême droite a toutes les chances de faire mouche parce que son idéologie est précisément l’idéal de ceux qui n’ont plus d’idéal, la croyance de ceux qui ne croient plus en rien »

Quelles leçons peuvent fournir ces élections législatives aux gauches européennes, notamment chez nous en France, sachant que la gauche italienne peine toujours à se reconstituer, plus de 30 ans après la dissolution du PC italien, jadis le plus puissant parti communiste en Europe ?

Vous avez raison d’insister sur ce point: non seulement l’Italie se distinguait par un Parti communiste particulièrement puissant (une base militante située entre 1 et 2 millions de membres, près de 30% aux élections au début des années 1980, une énorme surface culturelle, etc.), mais aussi une gauche extra-parlementaire très vivace. Les mouvements sociaux y avaient été extrêmement intenses de la fin des années 1960 à la fin des années 1970, avec des épisodes quasi insurrectionnels. 

Sans aller aussi loin, souvenons-nous qu’au début des années 2000 le Parti de la Refondation communiste (issu de la gauche de l’ancien Parti communiste italien, PCI), apparaissait comme une force dynamique, militante et liée aux mouvements sociaux, pilier d’un mouvement altermondialiste alors en plein essor, et obtenant des scores électoraux non-négligeables (plus de 7% aux élections de 2006). Cela aurait pu constituer un socle permettant la reconstruction d’une gauche de classe, en particulier dans un contexte marqué par les trahisons à répétition de l’ancienne direction du PCI, qui s’est uni dans une coalition avec le centre pour finir par déboucher sur l’actuel PD. 

Malheureusement, cette reconstruction s’est fracassée sur la question des relations avec le centre justement : comment prétendre incarner une alternative quand on joue les partenaires subalternes d’une coalition remettant en cause les droits sociaux et tout ce qu’a pu incarner la gauche et le PCI pour des millions de travailleurs italiens pendant des décennies ? Le « tout sauf Berlusconi », ou aujourd’hui le « tout sauf Meloni », ne peut pas plus constituer une politique que le « tout sauf Le Pen » en France, surtout quand, dans le cas du PD, il s’accompagne d’un soutien réitéré et revendiqué à Draghi, donc aux politiques qui ont précisément menée l’Italie au point où elle en est aujourd’hui et qui ont fait le lit de l’extrême droite. Bien sûr, la politique de Rifondazione comunista dans les années 1990-2000 ne constitue pas la seule raison de la faiblesse de la gauche italienne aujourd’hui, mais elles ont constitué un coup d’arrêt à un moment crucial (peu avant la crise économico-financière de 2007-2008), laissant la gauche radicale sans boussole ni horizon. 

Si vraiment on cherche à tire des leçons de l’Italie, en voilà une : la gauche d’alternative a toutes les chances de sombrer, voire de succomber, si elle se laisse entraîner et engluer dans des coalitions dominées par les sociaux-libéraux (qui n’ont bien souvent plus rien ou presque de « sociaux »). S’il importe de regrouper des forces, d’unifier, d’organiser et de mobiliser politiquement, c’est autour d’un axe fort : la rupture avec les politiques néolibérales (de privatisation, de précarisation, etc.), productivistes et anti-migratoires imposées depuis des décennies, ce qui suppose à la fois un bilan critique partagé des politiques menées par les gouvernements dits de gauche depuis les années 1980, et un programme cohérent, construit autour de mesures d’urgences et de revendications transitoires, remettant en question le pouvoir démesuré du capital sur l’économie, sur les institutions, sur la culture, et in fine sur nos vies. 

Propos recueillis par Jonathan Baudoin

[1] « Mussolini, toujours immortel »

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21 Commentaire(s)

  1. Je serais curieux de lire une analyse sur l’abandon par l’Italie du scrutin proportionnel en 1993, qui a permis à la coalition menée par Berlusconi de s’emparer du pouvoir, qui marque le début de la «Seconde République» qui me semble être le début de la «récession» italienne.

    À l’époque, l’Italie avait un mode de scrutin proportionnel impeccable, très similaire à celui du Danemark, avec des listes ouvertes sur des circonscriptions de taille moyenne, plus représentatif et permettant un bien meilleur contrôle des élus que les modes de scrutin espagnol ou allemands. L’abandon de ce mode de scrutin, rétrospectivement, me semble être une tragédie démocratique de premier ordre.

    J’en arrive même à penser que les grands procès qui ont marqué la politique italienne au début des années 90 n’étaient pas d’abord un signe de corruption, mais au contraire un signe de l’efficacité et de l’indépendance de la justice. Depuis les politiciens italiens, Berlusconi en tête, ont l’air d’être bien moins embêtés par la justice.

    Quand on se souvient qu’en 1993 l’Italie était la 4e économie mondiale (en PIB), juste derrière l’Allemagne réunifiée et devant la France et l’Angleterre, et que son PIB/habitant était supérieur à ces trois pays, ça fait bizarre.

  2. Bonjour à toutes et à tous,
    ce petit message pour Herodocte et toutes celles et ceux qui comme lui ont des idées préconçues sur le monde rural.
    Tout d’abord je ne suis pas un exploitant mais un paysan,, soyons précis.
    Quand à dire que la terre vit au rythme des saisons (sous entendu que tout l’hiver on glandouille) je me demande sur quelle planète vous vivez car sur la planète terre les légumes d’hiver poussent bien en ………hiver, oui!!!!!!
    Quand à dire que les petits;  » ceux qui triment le plus sont surtout subventionnés par la collectivité et qu’à partir de là il ne faut pas s’imaginer devenir millionnaire » et que si on veut des millions (ce qui soit dit en passant est le rêve de tout paysan) il vaut mieux être vigneron. OUARFFFF!!!!
    Donc si je suit bien le raisonnement, fini le maraichage et bouffez toutes et tous des raisins. Quand aux fabuleuses subventions, avant de faire des commentaires insultants vis à vis des vils gueux, il faut bien vérifier ses sources. Il faut savoir que les primes sont liées aux surfaces, ce qui fait que la reine d’Angleterre et Monaco touchent la plus grosse partie des primes et ensuite ce sont les gros céraliers et ainsi de suite. Ce qui fait que le tout petit n’est subventionné que par la force de ses bras et l’amour qu’il porte à ce qu’il fait. A mon humble avis de non éduqué il me semble que donner de quoi se nourrir à la collectivité est un sens donné à sa vie qui vaut plus que vouloir devenir millionnaire (ce n’est que mon point de vue bien évidemment et je le partage). Il est bon de savoir également que les plus gros qui polluent le plus touchent une prime si ils ne mettent pas de produits chimiques à moins de cinq mètres des cours d’eau et que si on veut cultiver bio il faut payer afin d’obtenir le label, étonnant non???
    Quand à tous vos arguments pour mieux rémunérer les Méprisants de la République pour attirer les meilleurs il me semble que ce ne sont que des bourgeois sortis des grandes écoles qui se tirent la bourre et que si la place était si mauvaise on ne quitterait pas Rothschild pour des queues de radis (même si les queues de radies sont données à vie).
    Je m’en retourne parler à mes carottes qui continuent à donner sens à ma vie.
    Force et courage à toutes et tous les damnés de la terre

    1. Bonjour,

      Je ne vais pas rentrer dans un débat sur l’agriculture, notamment la politique agricole commune, et comment le productivisme a sonné le glas des petits producteurs (et déstabilisé des pays pauvres les précipitants dans l’insécurité alimentaire) au point qu’aujourd’hui la grande distribution rachète les exploitations et salarie les agriculteurs. Ce serait trop long et je ne suis pas expert.

      Je vais me contenter de répondre aux interprétations de mon post. Dire que les agriculteurs vivent au rythme des saisons est du bon sens, j’ajoute qu’ils vivent aussi au rythme de la terre. Or pour des petits exploitants sauf à vouloir appauvrir les sols et utiliser toujours plus d’engrais, il est évident que l’activité est cyclique. Il n’y a rien de mal à avoir une activité cyclique, les anciens ont inventé la jachère et amélioré les rendements. Dans certains secteurs par exemple le tourisme il font 90% de leur chiffre d’affaires en été et font autre chose le reste de l’année, ou ne font rien s’ils gagnent suffisamment d’argent, et ma foi quand on travaille beaucoup sur une période on a bien le droit de se reposer une autre. On a aussi le droit de faire autre chose et pour connaitre l’histoire des paysans horlogers suisses qui l’hiver fabriquaient des montres ou d’autres biens, il n’y a rien de négatif dans mes propos à la base :

      https://www.rts.ch/info/regions/jura/5053667-un-espace-entierement-dedie-au-paysan-horloger-de-larc-jurassien.html

      On peut aussi dire que par exemple dans la petite maison dans la prairie, le père de famille alternait entre l’exploitation de ses terres à la période consacrée et le travail du bois ou à la scierie le reste du temps. ce sont peut-être des époques révolues mais rien ne dit que ce n’était pas le plus pertinent pour laisser les terres se reconstituer et éviter les surproductions.

      Le fait que les agriculteurs dans les pays riches soient subventionnés est un fait. Il y a aussi des prix garantis. Or le problème est bien que si les prix sont bas, voire très bas, le produit peut facilement être acheté sur les marchés notamment si on les laisse aller plus bas encore. Cela pose en effet l’intérêt de le réaliser par soi-même si le cout de production est supérieur au prix d’achat. Les britanniques par exemple importent l’essentiel de leurs produits alimentaires. Le tout reste d’avoir les moyens de les acheter donc de générer de l’argent par ailleurs, par exemple par la viticulture, exemple comme un autre, j’ajouterai que je ne suis pas favorable à alcooliser tout le monde. On peut aussi faire comme les britanniques et tout miser sur la finance ou l’industrie comme les allemands…

      Au final je n’ignore pas que les produits du terroir font la richesse des territoires et participent grandement à la qualité de la cuisine française. Et il faut je crois souligner qu’avant l’émergence de bons cuisiniers (souvent au service des nobles) et de l’art de vivre à la française, c’est la disponibilité des ingrédients dans ce pays au climat tempéré et aux régions diverses que tout cela trouve sa source et qu’il y a une chance d’être dans ce territoire plutôt qu’un autre (c’est sûr que les anglais vu leur ile et leur climat il leur eut été compliqué de développer ce savoir-faire, idem des allemands…)

      Cela étant dit qui consomme encore réellement ces produits ? Les riches dans les restaurants étoilés Michelin. Pour le reste de la population ce sont les produits insipides de la grande distribution venus des 4 coins du monde, produits qui ont tellement été dopés aux engrais sur des terres qui n’en peuvent plus qu’ils ne leur restent plus que l’apparence du goût, et on ignore bien comment ils peuvent survivre au transport. D’un autre coté de nombreuses terres arables de par le monde ne sont pas exploitées pour diverses raisons. Si bien qu’à mon avis cela contribue aussi au gaspillage géant de tout ce qui va à la poubelle, sans parler de la malbouffe et des gens en surpoids.

      Au final c’est bien beau d’avoir de bons produits si tant est que qui ce soit puisse les trouver ou se les offrir mais encore faut-il quelqu’un pour les cuisiner et là hélas c’est un autre débat. Néanmoins dans l’absolu si on se contente des calories nécessaires par jour et que l’on est prêt à manger des pates, du riz ou des pommes de terres tous les jours, la sécurité alimentaire devrait être assurée. Fin de l’abondance…. mais peut-être que les gens savoureront plus un vrai repas du coup ?

      1. Bonjour,
        encore une fois, les légumes poussent aussi bien l’été que l’hiver, aussi bien l’été que l’hiver, je répète aussi bien l’été que l’hiver, alors oui le maraicher travaille toute l’année et perso sans aucun produits chimiques et dans le plus grand respect de mon environnement. Quand au prix des produits il me semblerait plus juste de dire qu’il est anormal que l’agriculture intensive soit aussi peu chère car elle produit au delà de la pollution divers cancers et bien d’autres maladies. La Malbouffe est la première responsable des décès selon une étude de l’OMS.
        Quand à ce que l’on fait de notre production, des petits paysans ont organisé des « petites bouffes militantes » pendant les GJ, distribué des légumes aux étudiants pendant le grand confinement ou distribuent à de petites assos afin d’être certains que les légumes iront bien dans les assiettes des plus démunis et beaucoup d’autres initiatives, donc le monde rural est multiple et trime dur et pour beaucoup 7 jours sur 7.
        Bonne journée
        Force et courage à toute la gueusaille

  3. Toujours aussi « atteint » le mec Hérodocte ! le facho Hérodocte ! Le populiste Hérodocte !

    Macron de gauche !!! USA de gauche !!! On les connait les groupuscules qui affirment ces stupidités ! Je ne m’étais pas trompé dans mon jugement précédent sur le mec en question ! Royalistes -cad élitistes (n’est pas « docte » qui veut)- qui se prétendent Gaullistes et qui flattent le peuple comme un certain Mussolini ! C’est méchamment salir la mémoire de De Gaulle (qui ne se réduit pas à sa particule, comme certains veulent le croire) que de l’associer à cela.

    Plus c’est gros plus ça passe. Pour faire croire « le pire », il suffit d’affirmer « le super pire ». Minable.

    1. Merci au Pingouin Réfractaire pour ce lien (qui reboucle opportunément sur lui-même). Je répercute encore ici :
      https://taipan.fr/la-posture-des-neofascistes-cest-de-pretendre-que-le-monde-politique-et-mediatique-est-partout-domine-par-la-gauche-par-ugo-palheta-qg-le-media-libre/

      Le mec Hérodocte c’est DonaldDocte, cad Donald Duck, l’oncle Donald, le canard un peu idiot de Disney. En fait, l’idiot utile de Mickey.

      Il ne s’est même pas aperçu qu’il approuvait ce qu’il contestait.

  4. Merci pour cet éclairage sur l’Italie dont je connais surtout le patrimoine artistique. Comme Hérodocte, j’ai le sentiment que l’Italie est comme sortie de la grande histoire et poursuit sa route très centrée sur elle-même (pour cette raison l’importance de partis à forte identité nationale ne m’étonne guère), en s’accomodant de manière très habile de l’Europe et autres partenariats internationaux, que signe une particularité intéressante de son économie. Sa dette publique, bien que très élevée, demeure fortement détenue par les italiens eux-mêmes (proche des 40% de mémoire), ce qui la rend moins vulnérable à la pression des marchés financiers extérieurs. Autre point d’histoire intéressant : elle a souvent préfiguré des mouvements de fond en Europe et instruit l’avenir de ses mouvements.

    Question : si comme le dit l’auteur de l’article la leçon à prendre de l’actuelle Italie est que, « la gauche d’alternative a toutes les chances de sombrer, voire de succomber, si elle se laisse entraîner et engluer dans des coalitions dominées par les sociaux-libéraux (qui n’ont bien souvent plus rien ou presque de « sociaux »). », alors doit-on en déduire que ce qui reste de gauche politique en France risque de sombrer eu égard l’alliance de la NUPES qui inclut le PS, Parti libéral acquis à la mondialisation financière qui fait figure de ver dans le fruit au sein de ce nid de dupes ? Certes la NUPES n’est pas au pouvoir, mais elle représente tout de même ce qui reste de forces politiques qui se revendiquent de gauche à l’assemblée nationale.

  5. Pour déterminer ce qui est de gauche ou de droite, d’extrême gauche ou d’extrême droite, plus que des discours ce sont les actes qui sont révélateurs. Or on ne peut que mesurer les actes des partis aux responsabilités et pas les déclarations d’intentions des clowns souhaitant être élus et qui sont prêts à raconter tout et son contraire à cette fin.

    De là il ressort clairement que certains candidats présentés comme de droite avant leur arrivée au pouvoir sont en réalité de gauche une fois en poste. Il suffit pour cela de constater leur politique fiscale, leur politique d’aides sociales (notamment d’aides aux riches, aux entreprises… une économie administrée par l’état. Mais aussi leur volonté d’esclavagiser le petit peuple via quelques aides et expédients en contrepartie d’une soumission totale cf. la gestion du confinement), leur rapport aux déficits publics, au rôle de l’état dans l’économie. Leur manière de gérer la société (notamment la brutalité policière), et leur gestion du débat public (grande verticalité), leur traitement des évolutions de la société (notamment le mariage gay, l’avortement, GPA et PMA, le LGBTQIA+ mouvement…). Leur rapport à la guerre (leur idéaux faussement universalistes et droit de l’homisme qui cachent souvent des intérêts bien moins nobles, bien plus matériels, et beaucoup de corruption. Cf. l’Ukraine).

    A la différence de l’auteur qui souhaite dédouaner la gauche de ses enfants idéologiques et qui refuse de voir qu’en effet une partie des idées de gauche ont métastasées et sont au pouvoir depuis longtemps, en France en tout cas, et que ce ne sont pas des politiques de droite conservatrice qui sont entrepris pour l’essentiel (je n’ignore pas par exemple que les cadeaux fiscaux aux riches voire aux ultra riches sont plutôt de droite, mais le matraquage fiscal des classes moyennes et du vil peuple, c’est bien la gauche).

    On peut tout à fait faire un parallèle entre l’URSS d’hier et l’Occident d’aujourd’hui. L’UE est une grande arnaque de technocrates, une super administration. Aux USA l’état fédéral quand dirigé par les démocrates a les mêmes ambitions. Que ce soit démocrates ou républicains, leur politique étrangère suit le manuel de la gauche coloniale européenne d’hier. Le régime de Macron ou Biden sont bien de gauche, ils en cochent beaucoup de cases, certes pas de la gauche rouge d’un Mélenchon ou des communistes, mais celles de la gauche rose. Celle que l’on qualifiait jadis de la gauche caviar et aujourd’hui de « libéraux démocrates » plus vulgairement comme me l’a dit une fois quelqu’un les « socialopes ». Que les gauchos ne renient pas leurs enfants même s’ils ne leurs plaisent pas et on ne peut que les comprendre. Leur triomphe idéologique ne fait pas débat dans une partie du monde occidental dont la France qui a le triste record de la nation qui prélève le plus son peuple et de nations qui ont toutes explosées les déficits, fait marcher la planche à billet… et sont de tous les « progressismes » sociétaux.

    Sur l’Italie, c’est un pays où je ne suis jamais allé, dont je ne connais pas la langue même s’il m’arrive de comprendre l’italien en raison de ses racines latines communes avec le français. Je ne suis pas leur politique intérieure, ce pays n’ayant aucun rôle dans les affaires du monde, et c’est finalement un pays qui est sorti de l’histoire depuis longtemps. La chute de l’empire romain commence à dater et la renaissance italienne leur a finalement été volée et est devenue la renaissance (européenne, une période de l’histoire) qui permettra à la France pour le monde catholique d’émerger comme le nouveau leader et à la révolution protestante de voir d’autres nations décollées puis prendre le lead. Intéressement l’empire romain a toujours été une référence pour le fascisme italien et la mafia, Melloni la mussolinienne et Berlusconi le mafieux pourront parler d’histoire à défaut de travailler pour l’intérêt de leur pays.

    Comme en France ces gens n’ont pas de pouvoir et sont juste là pour amuser l’opinion. Ils parleront donc de réformes sociétales et taperont sur les boucs émissaires habituels de tous les malheurs, les immigrés, les chômeurs, l’Islam… rien de nouveau sous le soleil crépusculaire de l’occident. Elle va donc bien s’enrichir pendant sa période au pouvoir, aura sans doute une villa à Miami à coté de celle de Zelensky, il n’y a rien à attendre d’elle. C’est une exécutante. D’autant plus que sa proximité avec Washington laisse peu de doutes sur les intérêts qu’elle servira in fine. On peut néanmoins rappeler qu’elle est la première femme à occuper la fonction et que pour son âge elle reste potable. A défaut d’avoir le fond, il y aura au moins la forme. Le blond lui va mieux que sa couleur naturelle je trouve et elle a un talent d’oratrice. Avec Macron ils pourront jouer Roméo et Juliette sous le regard amusés de Biden et Truss qui ne doivent pas ignorer les préférences de « notre » président. Comme tous les pions placés par Washington, de Trudeau à Marin en passant par Macron, on a une belle brochette de vainqueurs. Le prochain diner de cons aura lieu lors du G7 ou de l’Otan…

    1. Une réflexion tardive et intéressante sur Meloni et d’autres.

      La politique n’est plus seulement, ne soyons pas naïfs, une vocation, une envie de servir l’intérêt général, quelque part une sorte de devoir pour rendre à la société ce qu’elle a donné ou une envie de bâtir un pays meilleur. Mais bien une manière, un moyen, une carrière qui permet de vivre, d’évoluer dans la vie et gravir l’échelle sociale. Ainsi nous assistons à l’émergence des professionnels de la politique, soit des gens qui après leurs études ne font qu’avoir des mandats électoraux et constituent leur patrimoine grâce à l’argent qu’ils gagnent en politique de manière directe ou indirecte. Autrement dit des gens qui n’auront jamais travaillé dans le secteur privé de leur vie et qui parfois même n’ont jamais travaillé dans le secteur public autrement qu’en occupant des mandats (ils ne sont donc jamais passé par la case concours).

      Et il faudrait s’interroger si le sens de la politique est d’en faire carrière et s’il est sain d’avoir des professionnels de la politique ? Meloni est de cette trempe, selon sa page wikepedia elle n’a jamais travaillée dans sa vie que 2 ans comme journaliste et encore dans un canard de la droite radicale assez discret. Plus grave elle a arrêté ses études au baccalauréat en 1996. Comment a-t-elle pu devenir journaliste 8 ans plus tard ?… c’est venez comme vous êtes le journalisme ? Par contre si elle n’a pas été particulièrement brillante niveau scolaire c’est une prodige de la politique qui accumule à 45 ans déjà 16,5 ans passé en tant que députée, près de 2 ans en tant que vice présidente de la chambre des députée, 3,5 en tant que ministre, 12 ans en tant que cheffe de parti politique. Total de 34 ans pour une femme de 45 ans….. certaines fonctions sont simultanée mais quand même. Littéralement la politique est sa vie.

      Elle n’est pas la seule dans ce cas. Et il faut bien comprendre qu’en étant dirigeant de l’Italie, au delà du symbole de sa prise de fonction, à titre personnel elle vient de toucher le jackpot. A l’instar d’un Sarkozy qui a pu monétiser sa présidence après ses fonctions (et peut-être pendant ?) avec son carnet d’adresses, des discours, des retours d’ascenseurs de ceux qui ont bénéficié de ses politiques (d’ailleurs en allant sur le Yacht de Bolloré dès son élection il ne s’en est pas caché). Nous voilà avec des gens qui accèdent grâce à la politique a une vie dont ils n’auraient jamais pu aspirer autrement, ils vont vivre la « grande vie », ce ne sont ni de grands entrepreneurs, ni des artistes, ni des sportifs de haut niveau…. ce sont des rentiers de la politique. Et j’ai bien l’impression que ce genre de parcours miracle sont plus fréquents dans l’extrême droite même s’ils ont court partout. Ainsi en France on a Marine, qui malgré avoir eu son bac au rattrapage a pu intégrer Paris Assas pour faire du droit. Elle a certes eu son CAPA mais n’a pratiquement jamais pratiqué le droit, c’était bien la peine de se donner tout ce mal, et à l’instar de Meloni a vécu de la politique.

      Nous voilà donc avec des gens dont on peut dire qu’ils ne sont pas particulièrement brillants en terme scolaire, ni professionnel et à qui la politique offre une vie au-delà de leur espérance. Cela fait penser à Hitler, qui lui aussi n’a ni brillé par ses études, ni par son travail.

      Et je m’interroge sur le fait que des pays comme l’Italie ou la France de nos jours, l’Allemagne de 1933 qui sont des nations développés avec des gens qui ont des têtes bien faites, des track records de leur performances scolaires ou professionnelles, élisent des hâbleurs dont le seul talent semble d’être dans la surenchère verbale et une forme d’éloquence. Des gens qui bien souvent sont sponsorisés par les forces de l’argent à qui ils sont soumis et à qui ils doivent tout. Des gens qui ne sont rien pour parler comme notre président. Ce qui à mon avis les rend d’autant plus dangereux et malléables. Et même Macron avant de rencontrer Attali il est juste un énarque parmi d’autres qui n’a rien fait de sa vie et se fait coopter pour rentrer à Rothschild (mais reconnaissons lui d’avoir réussi à passer le concours de l’ENA pour ce qu’il vaut et j’ai je le dis des doutes sur le fait que l’accession à l’ENA ne se fait que sur le talent et qu’il n’y a pas à l’œuvre des processus de discrimination diverses. De sorte que si au lieu de Macron, le jour des épreuves d’admissions se soit Mamadou de la banlieue parisienne qui se soit présenté et qu’il ait donné les exacts mêmes réponses et aurait eu le même parcours scolaire, il n’aurait à mon avis pas été pris mais c’est une autre question… penser que des épreuves de sélections qui se font sur les oraux et les parcours ont quelque chose de potentiellement discriminatoire est une chose que je pense).

      Il faudrait donc que les gens réalisent qu’avec leur bulletin de vote, ils font des fortunes, des professionnels de la politique. Et s’interroger si cela est bien dans leur intérêt ? Plus globalement le système devrait s’interroger sur le fait que des gens sans les qualifications requises arrivent à des postes où leur incompétence peut faire des dégâts. Et s’interroger sur la manière d’y remédier. Il est je trouve pas compréhensible qu’un pays comme l’Italie avec son histoire soit dirigé par une femme qui n’a que le baccalauréat. Je ne dis pas par là que le diplôme fait la personne, mais que la capacité à démontrer des capacités intellectuelles soit par ses études soit par son travail devrait être prise en compte. Bon on a vu des diplômés incompétents et malfaisants, le prédécesseur de Meloni est de ceux-là mais c’est quand même plus sécurisant pour un pays d’avoir des responsables avec des compétences que des responsables dont la seule compétence est de savoir parler. Et on a beau rire sur Trump mais il a su faire le job, et il a surement su faire le job, car il a démontré par son parcours professionnel qu’il avait des compétences (sur les diplômes de Trump il paraitrait que quelqu’un les a passé à sa place, et on peut se demander si la forme d’intelligence de Trump pouvait être reconnue dans le cadre scolaire mais c’est une autre question).

      Je ne peux donc qu’inviter les électeurs à l’heure d’internet à se renseigner sur le parcours des gens pour qui ils votent. D’arrêter de voter pour des professionnels de la politique au niveau national ou européen (je ne parle pas ici des élections locales type maire). Et au delà il faudrait s’interroger sur la manière dont un pays pourrait attirer ses meilleurs cerveaux à occuper les postes à responsabilités notamment celui de président ? Par exemple faut-il rendre le poste plus attractif en augmentant la rémunération du président de sorte qu’aussi cela le rende plus libre par rapport au pouvoir de l’argent ? Un président d’une nation développée ne devrait-il pas toucher autant qu’un grand patron sachant que le travail est sans doute plus dur ? Ne faudrait-il pas un minimum de diplôme, d’années travaillées dans le privé voire d’actions de bénévolats à réaliser avant de prétendre à la fonction suprême ?

      Ce sont je crois des vraies questions, auxquelles seul le peuple peut répondre. C’est à lui de savoir qui il veut pour diriger ses affaires ? Veut on des clowns à la botte des puissants (qui restent dans l’ombre) ou faut-il se donner les moyens d’attirer les meilleurs et leur donner les moyens d’être indépendants ? Un président qui toucherait 1 million par mois n’aurait par exemple pas besoin que sa femme se fasse prêter des robes par LVMH (même si bon Macron en théorie pourrait lui acheter ses robes si un jour il retrouve le magot caché de l’époque de Rothschild ?). 1 million ca peut paraitre beaucoup mais si cela attire quelqu’un de bon qui fera décoller le pays cela ne représente pas grand chose sur le gain potentiel.

      Quoiqu’il en soit il semble quand même sain que pour un poste exigeant, il y ait des exigences et des rémunérations en conséquence (avec l’espoir d’attirer des personnes d’un autre calibre que les guignols actuels, c’est bien beau d’élire des gens sur le physique, l’éloquence mais ce n’est pas cela qui fera avancer le pays). Faute de quoi on peut penser que ces professionnel de la politique seront facilement happé par le système, qui en leur faisant miroiter une vie à laquelle ils n’auraient jamais pu prétendre (ou leurs enfants) seront près à toutes les compromissions.

      1. Bonjour,
        Il me semble que les grands patrons ont des supers salaires mais que çà n’a aucunement empêché des faillites, des délocalisations et un chômage de masse. Il y a eu des expériences en sciences comportementales qui ont démontré que l’appât du gain était totalement contre productif.
        Bonne journée

        1. Bonjour,

          J’ignore si l’appât du gain est totalement contre productif (merci de fournir les études si vous les avez), mais le point était de dire que puisque certains ne sont mus que par l’argent (c’est un fait) et qu’ils font de la politique un moyen d’en gagner (un autre fait), au risque de vendre leur indépendance voire leur pays, le peuple devrait sans doute proposer des rémunérations attractives (et légales) pour empêcher que dans cette époque de grande richesse donc de grandes tentations (certaines nobles comme pouvoir envoyer ses enfants dans la meilleure université, d’autres moins nobles comme avoir une grande maison, des bolides….), on ne se retrouve avec des corrompus.

          Payé un poste comme celui de président de la république 13500 euros avant impôts, soit 8500 après impôts selon Macron, c’est ridicule. C’est ridicule à la fois par rapport au temps de travail (pratiquement du 7/7 sauf pendant les vacances, et presque du 24h/24 s’il est d’astreinte même quand il dort et peut être réveillé) mais c’est ridicule par rapport à la fonction et ce qu’elle demande. Je n’ignore pas que le budget de l’Elyssée dépasse les 100 millions, que le président est logé et nourri mais quand même on a aujourd’hui un président qui a besoin que sa femme se fasse prêter les robes. Je pense que la société gagnerait à la transparence et perd toujours quand on voit bien que c’est flou et qu’il y a un loup (ce qui nous rapproche de régimes opaques tels que la Russie, la Chine ou la Turquie ou l’on imagine qu’entre la rémunération théorique et réelle de leurs dirigeants, il y a un grand écart. Et ce n’est pas bien le mensonge surtout pour un dirigeant qui doit donner l’exemple. Le poisson pourrit toujours par la tête).

          Maintenant c’était une proposition comme une autre, j’ai aussi parlé d’un minimum d’éducation, d’un track records, de bénévolats. Il est certain qu’il y a un problème avec la fonction suprême, comment peut-on payer un dirigeant aussi peu et espérer attirer les meilleurs pour qui l’argent est en effet un élément de choix. Comment aussi permettre que le président soit plus indépendant par rapport au force de l’argent et ne fasse pas de sa fonction un gagne pain pour son présent ou son futur ? Tout simplement d’être respecté et pouvoir regarder les ultras riches dans les yeux. Dans le football par exemple on a vu que suite à l’explosion des salaires des joueurs, il a fallu augmenter celui des entraineurs pour leur redonner du crédit (cf. salaire de Guardiola, Ancelotti…) à un moment la richesse donne aussi une légitimité dans le monde capitaliste actuel. Je le regrette mais je fais avec le monde tel qu’il est, pas tel que je voudrais qu’il soit.

          Ce sont des questions à mon sens pertinentes, comme le fait que la présence de professionnels de la politique et de médiocres aux responsabilités sont aussi problématiques.

          Enfin désolé de vous contredire mais les grands patrons ont des supers salaires car ils réalisent des super profits, ce qui leur est demandé par leurs actionnaires. Alors on est bien d’accord que pour des entreprises quasi publique comme Total, en situation de quasi monopole (même si bon faut lutter contre les pétrolières anglosaxonnes, des pays-bas, du royaume-uni, des états-unis…), ce n’est peut-être pas un exploit, quoique. Le regretté Christophe de Margerie a dû mettre les mains dans le cambouis et aller les chercher ses contrats, cela lui à même été fatal (risque du métier ?). Mais si on prend les patrons qui ont monté des entreprises qui évoluent dans un environnement concurrentiel, tels que celui de la compétition entre pays, il s’agit là d’une performance. Bernard Arnault, on aime ou on déteste le patron, mais il a quand même grandement participé au succès de LVMH, qui à la base est une entreprise dans un secteur concurrentiel (depuis il a pratiquement tout racheté grâce entre autre à l’argent magique de la BCE). Je pense que Bernard Arnault ferait un bien meilleur président que Macron comme Carlos Ghosn d’ailleurs. Certes patrons n’est pas toujours noble, certains en effet ont recours aux délocalisations (qui sont légales), aux montages fiscaux (qui sont légaux) mais ils font le job. Et peut-être qu’un président qui fasse le job serait enfin nécessaire. Et personne de capable ne viendra travailler pour 8500 euros par mois sauf s’il est atteint d’hubris et veut juste être le petit chef (suivez mon regard…) ou s’il va monétiser sa présence allant parfois jusqu’à la corruption et la trahison.

          Attention la comparaison entre un pays et une entreprise a ses limites. Une entreprise ne fonctionne que sur l’étalon du profit, un pays devrait fonctionner sur l’étalon de la satisfaction de ses habitants (qui en théorie est exprimée lors des élections, fut il encore que l’électorat soit capable). Mais il y a des compétences communes aux métiers de patron et président de grande entreprises. Le rôle des patrons n’est pas de réduire le chômage mais disposer de l’outil productif qui leur permet d’atteindre leurs objectifs stratégiques en minimisant les coûts. Et désolé de le dire ainsi mais un président devrait aussi atteindre ses objectifs stratégiques en minimisant l’intervention de l’état et en favorisant la liberté et l’action de citoyens libres qui sont eux en démocratie ceux qui devraient avoir le pouvoir. Dans un monde idéal ce n’est pas à l’état de réduire le chômage, son rôle est de donner les moyens (éducation, infrastructures…) au peuple, qui lui doit se relever les manches et bénéficier des fruits de son travail. C’est le génie du peuple qui fait la richesse du pays, il faut arrêter avec le culte de la personne et croire que le chef de l’état est un surhomme.

          Or de nos jours l’état est superbureaucratie qui fait vivre beaucoup de monde (ce qui ne devrait pas être son but initial dont des hauts fonctionnaires pour qui la soupe est très bonne vu qu’ils sont mieux payés que le président pour certains), le marché du travail a longtemps été sclérosé.
          Brièvement voilà ce que je dirais, je comprends que l’on puisse ne pas avoir la même vision et que certains croient sincèrement que l’état peut et doit tout faire (communisme), que c’est à lui de diriger la société et qu’à la tête de cette superstructure, on va mettre un saint qui pour 8500 euros par mois va travailler « gratuitement » parce qu’il aime son peuple et est pétris de valeurs. On peut regarder des Disneys et s’illusionner toute la journée mais la réalité tôt ou tard….

          1. pour Herodote
            Voici une étude parmi tant d’autre qui n’est pas mise en avant par des communistes :https://cabinetabccompetences.blogspot.com/2011/09/motivation-la-carotte-et-le-baton-cest.html
            quand au travail 7 jours sur 7, vivant dans une ferme je confirme que c’est le lot de bien des personnes et un paysan met en place un maximum de connaissances et de compétences, de plus si on veut cultiver sans produits chimiques il faut savoir se remettre en question en permanence. Quand aux vacances…..
            Quand aux supers patrons……… aller observer mon sol me semble beaucoup important que de perdre mon temps sur ce genre de débat qui de toute façon n’en sera pas un.
            Bonne journée

          2. Au fait, il me semble important de rappeler que nos chers (très chers) Méprisants de la République ont un salaire à vie, qui dit mieux ??

          3. A Delacre merci pour votre lien et cette étude intéressante.

            Je crois qu’il y a un quiproquo dans notre échange, vous semblez croire que j’ai parlé de la rémunération comme d’un élément de motivation. Or j’ai relu mes écrits et j’en parle bien comme d’un moyen de « se donner les moyens d’attirer les meilleurs et leur donner les moyens d’être indépendants ? « . Nous ne parlons pas de la même chose je crois.

            La motivation est une chose et comme le souligne votre article répond à différents phénomènes. L’attraction et l’indépendance sont des choses différentes. Et en effet l’argent permet de leurrer les individus et constitue en ce sens un biais puissant de susciter leur intérêt. Par exemple les études sur les prix montrent le caractère psychologique du prix de sorte que l’on ait vu que certains produits en étant vendus plus chers connaissaient plus de succès, leurs prix donnant l’impression que c’est de la qualité ou que ce sont des biens réservé à l’élite (et les gens aiment avoir leur bout de rêve quitte parfois à préférer des contrefaçons de moins bonne qualité que des originaux de marque moins cotées). Il est indubitable qu’en augmentant la rémunération on renforce le sentiment chez les gens que le poste est valorisé. On attire donc les candidats potentiels. Mais aussi, sans doute, que l’on augmentera la participation au vote. Car les gens qui sont aussi jaloux ne voudront pas rendre n’importe qui millionnaire. Or les gens hélas sont stupides pour beaucoup, ce que j’essaie de dire de manière plus diplomatique dans mon post. Car ils ne se rendent pas compte qu’en fait Macron et les autres loin de leur salaire officiel, 8500 euros par mois, sont rendus millionnaires et membres de l’élite du simple fait de leur élection au poste suprême d’un pays tel que la France ou l’Italie.

            Sarkozy sans la politique c’est juste un petit avocat parmi tant autres, qui s’il s’en tire bien gagne à peu près le salaire annuel moyen pour un Avocat à Paris, soit plus ou moins 80 000 € (près de 7000 euros par mois) mais j’ai des doutes vu qu’il ne semble pas très doué, alors en étant né en Neuilly et avec son réseau il n’aurait pas fini comme certains diplômés de banlieue qui bien qu’avocat triment et sont parfois juste des commis d’office. Mais je crois bien qu’il n’aurait pas explosé les rémunérations (parce que bon à un moment il faut aussi travailler pour palper) et n’aurait jamais eu accès à l’élite, il n’aurait pas épouser pas une top model, n’aurait pas autant voyager ni été invité dans des universités, des conférences, des clubs select… et aurait sans doute passé ses week-ends à refaire le monde dans un club de golf plus ou moins bas de gamme que les professionnels libéraux semblent aimer. Il aurait croisé là quelques médecins, quelques experts comptables, quelques petits entrepreneurs et ferait partie des « notables » pas des « élites ». Meloni elle c’est pire sans la politique, elle aurait surement fait femme au foyer, travailler comme caissière dans un supermarché (qui pour certaines ont plus que le bac), voire pire peut-être escorte comme certaines nanas vu qu’elle est trop petite pour faire mannequin.

            Outre donc les aspects d’attractivité améliorée, de meilleure transparence, j’ai aussi cité l’indépendance. Et il est je crois nécessaire à une époque où certains sont milliardaires, et beaucoup très riches (il n’y a jamais eu autant de riches dans le monde que ce soit de milliardaires mais aussi de millionnaires), que le leader d’une nation ne soit pas tenté par l’appât du gain. S’il est foncièrement malhonnête ce n’est pas un million qui l’empêchera de vendre son âme au diable c’est clair. Mais s’il est honnête il réalisera que c’est amplement suffisant pour vivre de manière très correcte, qu’il n’a pas besoin lui d’avoir plusieurs villas sur plusieurs de continents, ni un garage personnel digne d’un concessionnaire auto, ni de porter ses vêtements qu’une fois, ni etc.etc.. toutes les choses que les ultrariches font.

            Dans l’absolu cela ne le rendra pas meilleur que ce qu’il pourrait être (l’aspect motivation), mais juste mieux dormir, être plus au calme sur son choix de carrière et plus indépendant voire honnête. Je confirme donc qu’il est pour moi ridicule que le président gagne 8500 euros par mois et je trouve les singapouriens qui paient plus d’un million leur président par an (pas par mois ce qui est déjà une belle somme) plus intelligents et lucides sur le monde actuel. Ceci dit vu que l’on change de paradigme dans notre monde et que l’opulence est finie peut-être que demain sera différent à aujourd’hui ou d’hier que j’utilise pour faire ces réflexions.

            Enfin je crois que vous êtes agriculteur, c’est en effet un métier exigeant, qui est cependant moins compliqué que celui d’éleveur. En effet la terre vit au rythme des saisons, et il y a des moments de très grande activité et d’autres de repos, là où les animaux eux demandent toute l’année de manière égale de l’attention. Cela dit même si un agriculteur ou un éleveur fait des heures, la rémunération est le fruit d’un résultat économique et pas seulement d’un travail. Ainsi même si je n’ignore pas que ce sont des métiers difficiles aujourd’hui beaucoup d’exploitants dont les plus petits (ceux qui sont les moins mécanisés, ont le moins d’employés et triment le plus) sont surtout subventionnés par la collectivité. A partir de là c’est difficile d’imaginer de devenir millionnaire, il faut faire autre chose ou se spécialiser ailleurs comme par exemple la vigne qui permet à des vignerons d’êtres millionnaires. Un bon président lui qui développe son pays et lui fait gagner des milliards devrait aussi pouvoir être récompensé en juste proportion à mon avis. Car en effet un bon président peut produire de la richesse aussi bien économique, qu’humaine et cela peut être monétisé (dans la société capitaliste en tout cas).

          4. Sur la rémunération à vie, les retraites garanties, même les postes garantis (place au conseil d’état)…

            Je suis bien d’accord qu’il faudrait réformer. Et c’est tout le point de ne pas avoir de professionnels de la politique et simplement le plus possible des personnes qui occupent la charge à un moment et passent à autre chose. Des gens qui ont vécu avant la politique et vivront après. Nul n’est irremplaçable, les élus n’ont pas vocations à être des fonctionnaires. S’ils doivent être payés correctement par rapport à leur charge et sacrifice pendant leurs mandats, une fois ceux-ci terminés, ils ne devraient pas être à meilleure enseigne que le peuple et une sorte d’apparatchiks.

            La vocation de l’argent publique n’est pas de payer des gens qui n’ont plus de mandats. Evidemment ils cotisent comme tout le monde pendant leur mandat mais je ne vois pas pourquoi la collectivité devrait continuer à les entretenir après y compris le président. D’ailleurs on voit bien qu’ils n’ont pas de mal à vivre après leurs mandats, Sarko a beaucoup gagné après par ses conférences, livres… Najat Vallaud Belkacem a été parachuté à Ipsos au poste de directrice générale « Études internationales et Innovation sociale ». Pourquoi pas c’est une entreprise privée, ils recrutent qui ils veulent et tant mieux s’ils travaillent après leur mandat (sans toutefois cumuler avec de l’argent public…).

            C’est d’autant plus vrais pour les ministres et secrétaire d’états… qui eux ne sont élus par personne et sont nommés. Rappelons que je crois la moyenne de durée des ministres doit être de 3 ans, c’est un grand congés sabbatique. Je pense que pire que les gens élus, il y a les gens nommés. Les gens seraient sans doute choqués de découvrir tous les avantages… mais bon certains prennent goût aux dorures de la république et considèrent sans doute que cela leur est dû (indépendamment hélas des résultats du pays, qui régulièrement tombe dans les différents classements, pib/hab, pauvreté, innovation, éducation…). Il faut aussi noter qu’il y a beaucoup de haut fonctionnaire et d’énarques qui retournent à leur postes et après tout c’est pour eux leur métier.

      2. Sortir de la politique politicienne professionnelle pour retrouver le sens du service rendu à la communauté, tout un programme ! Mieux, une révolution !

        Par quels moyens cesser de faire confiance à d’habiles hâbleurs sans conscience collective, qui ne misent que sur l’armada des médias et leur bruit de fond pour conquérir une place de choix et manger à la table des rois ? Toutes nos institutions sont aujourd’hui vérolées et verrouillées par cette mentalité, de la base au sommet. Le peuple lui-même semble être résigné et accepte ces dérives comme un fait normal et avéré. S’y soumet et reproduit dans sa sphère les mêmes travers. La France n’est pas championne du système D par hasard. Quoique les italiens sur ce point…

        Comment nettoyer en profondeur ce qu’il faut aujourd’hui regarder comme des écuries d’Augias pour se doter d’institutions efficaces et d’édiles responsables qui agiraient dans le seul esprit de service en nos temps de course à l’argent et au pouvoir effrénée, autrement qu’en refondant totalement les assises du pays ? Je ne vois pas d’autre moyens qu’une révolution. Laquelle ? Vaste question sur laquelle j’ai mon idée qu’il me serait trop long de développer.

        Mais je commencerai par deux choses primordiales. S’il doit s’agir de servir avant tout, alors commençons par exiger de ceux qui se présentent à ses fonctions, probité, ainsi que compétences, qualités avérés et dévouement prouvé à la cause collective. Ce qui suppose transparence totale, y compris et surtout une fois nommé dans l’exercice de ces fonctions. Et donc révocabilité immédiate en cas de détournement, abus ou trahison.

        Et pour bien s’assurer que ce n’est ni par appât du gain ou du pouvoir, limitation des revenus alloués à ces positions et limitation des mandats sans avantages, ni pendant, ni après leur mise en place. Mieux : impératif de soumettre ces individus au régime qu’ils imposent aux autres. Mais nous sommes là dans le domaine du rêve n’est-ce pas ? D’un rêve lointain qui ne pourra pas se réaliser sans une profonde révolution des consciences et des cœurs. Car pour servir il faut avoir du cœur n’est-ce pas ? Et sans conscience, que peut-il advenir de toute action ? Pour l’heure, je ne vois rien d’autre que de maintenir sur nos édiles la pression et de propager les idées qui pourront un jour animer ces fonctions et ces institutions.

        Merci d’y participer avec votre commentaire qui ouvre là un beau champs de réflexion.

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